REFLEXION

Zabana entre passé et présent

Le rapport de ces hommes avec la Révolution algérienne est là, en contrepoint, irréfragable. Il est dans cette mouvance ininterrompue entre le passé et le présent, Il est aussi dans les yeux des gens d’aujourd’hui après plus de 56 ans qui nous sépare de la mort de Zabana, aussi nous faut-il réactualiser la mémoire et la raccorder aux nécessités pluridimensionnelles de notre temps; afin de ne pas oublier bien sûr.



Il nous faut développer ce qui a fait les grands moments de la révolution en hommage à tous les martyrs, car tout cela est vrai et il nous faudra oeuvrer longtemps encore pour trouver des réponses satisfaisantes aux questions sur ces hommes et qui nous interpellent. L’écrivain Boualem Nedjadi, est là pour nous  le rappeler, par cette génèse poignante d’où le périple de ces hommes qui ont été à uun moment ou à un autre des campagnons de Zabana et de tant d’autres, l’écrivain, nous plonge dans ce drame humain unique, et dans ce livre l’on est enclin à le parcourir tellement l’histoire de ces hommes est captivante et honorable au plus haut point Zamoun après son arrestation, il a été condamné à mort et partagea sa cellule à Serkadji avec Zabana et Hameaoui. Après l’indépendance, en bon musulman, il décide, en compagnie de son épouse, d’entreprendre un pèlerinage dans les lieux Saint de l’Islam. Arrivé à la Mecque, et au cours d’une halte, ils perdent le moutaouf. Si Mahfoud demande à son épouse de l’attendre et part à la recherche du guide. Lasse l’attendre son mari et devant l’insistance de ses compagnons du hadj pensant qu’il avait disparu elle décide de rejoindre son hôtel. Sitôt de hadj terminé, elle retourne toute seule auprès de sa famille à Tizi Ghenif, elle raconte son histoire à tous les habitants du village qui partagent sa peine. Quelle belle mort se dirent les gens du village qui crurent qu’il est décédé en terre sainte, c’est-à-dire au paradis. Il fut, après plusieurs mois officiellement enregistré décédé dans sa mairie avec la mention « disparu ».

Lorsque les hommes perdent la tête
Un beau jour, par une journée printanière, alors que les champs étaient fleuris et que les oiseaux, perchés sur les arbres, chantaient, les gens du village aperçoivent au loin un homme vêtu  d’un beau burnous s’approcher des premières maisons. Quelle fut leur surprise quand ils reconnaissent l’étranger. C’est si Mahfoud qui est de retour. Alors de toutes les maisons alentour fusent des youyous. Femmes, enfants, vieux, tous étaient pressés d’embrasser le revenant. Certains lui baisaient la main, d’autres son burnous, tous voulaient approcher leur héros, celui de la Guerre de libération auréolé du titre de hadj. Apprenant la bonne nouvelle, ses proches, ses amis vinrent lui rendre visite.  Heureux de retrouver son ancien compagnon de détention, l’ancien militant du PPA puis du FLN, Zamoum constate que si Mahfoud commence à perdre sa raison. Imerzoukène, dans un moment de lucidité, raconte son aventure. Il avait été retrouvé errant sur une autoroute par un automobiliste qui l’avait ramené en ville et remis aux autorités saoudiennes. Zamoum rapporte que Imerzoukène alias si Mahfoud mourut totalement fou. Telle est cette triste et poignante histoire. Tel a été le prix payé par les Algériens déterminés à recouvrer leur liberté, leur honneur et leur indépendance.

D’autre fous des suites de la torture ne sont pas mort et errent encore
En effet, d’autres fous des séquelles de la guerre de libération ne sont pas morts et traînent leur folie comme une mémoire vivante. Ils sont là présents parmi nous avec leurs lots quotidiens dans la souffrance qu’ils endurent avec leurs proches, leurs enfants parfois leurs petits-enfants, leurs compagnons d’arme etc. Mais qui s’en soucie ? Abdelkader Sahraoui, un héros du 1er novembre 1954, un grand parmi les grands, un compagnon de Abdelmalek ; un homme avec un grand H et qui a contribué grandement au déclenchement de la révolution dans le Dahra, est toujours vivant pour nous faire rappeler son sacrifice. Qui partage sa souffrance ? Qui l’apprécie pour ce qu’il a fait de plus noble ?  Il existe une chose qui sera toujours reconnaissante à ces héros : c’est l’histoire, car elle n’est pas ingrate, celle-là. Elle attendra comme cela se fait pour les grands hommes, elle attendra sa fin pour venir nous faire rappeler le sacrifice de cet homme. Comme Abdelkader Sahraoui, il y en avait des milliers à l’indépendance de l’Algérie. Quelques années plus tard, ils étaient des centaines, puis des dizaines, la mort les a fauchés dans leur folie. Maintenant, ils ne sont plus que quelques-uns à nous faire rappeler qu’ils existes et qu’ils ne demandent pas l’aumône, seulement quelque considération ; il n’est pas trop tard, faisons-le en hommage à leurs compagnons qui ne sont plus de ce monde. Casser du fell (expression réduite de fellagha). Le système colonial était caractérisé par une sensibilité pour l’esclavagisme et la réduction de l’Algérien en sous-homme pour l’exploiter et en combattant valeureux pour l’envoyer dans les tranchées se faire gazer. Dans cette lettre Zabana prononce trois fois le nom de Dieu, deux fois le mot « mourir » et deux fois le mot « devoir ». Il cite le terme de « sacrifice » et de « vite éternelle ».Cela nous montre toute la sensibilité littéraire d’une lettre écrit du fond de son cœur. Zabana avait deux amours : sa partie et sa famille. Il avait deux qualités : la croyance et le courage. Deux lignes de conduite : Fidélité au parti résistance à la torture. Il était en permanence animé par le souci de conservation du secret de la préparation de la grande révolution armée du 1er novembre 1954. Reposez en paix, toi et tes compagnons d’armes. Extraits du livre « Viva Zabana »  On peut dire que l’influence qu’a pu produire, de tels hommes par la suite est importante à cette époque et  le fait qu’ils aient appartenu à cette catégorie dont nous devons nous inspirer  est un fait de la réalité de ce qu’ils ont enduré. Aussi s’agit-il de faire la différence, qui est une des réalités  constatées après des années,  de par les  éléments épars recueillis et qui figurent dans ce livre sur l’homme et sur ses compagnons. Il est vrai que la chronologie manque parfois de fiabilité, malgré le désir de l’historien de la reprendre à sa source et celui de bien faire, cependant à la lecture de ce livre, il y a lieu de souscrire à cette réalité vécue par des héros qui ne reviendront pas mais qui seront toujours vivants dans le cœur des algériens à travers les écrits. Avant de conclure, il est toujours important de revenir sur les hauts faits des hommes, aussi devons nous avoir une pensée pour les 47 éléments de l’Organisation spéciale de l’Oranie arrêtés et condamnés par les autorités coloniale lors de la découverte et de la reconstitution de l’organigramme de l’OS en Algérie.

Benyahia Aek
Lundi 30 Janvier 2012 - 10:30
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Arrêt Sur Mémoire
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