REFLEXION

ORAN : Boufatis, un village malade de sa voirie et de ses eaux usées



Malgré le confinement partiel et l’épidémie qui s’est propagée spectaculairement en quelques jours, ils étaient des dizaines de citoyens dans la rue à Boufatis à crier haut et fort leur colère et leur désarroi face aux déplorables conditions dans lesquelles ils vivent. La situation, selon eux, est tout simplement insupportable. Après plusieurs protestations enregistrées un peu partout à l'Est d'Oran , le village  de Boufatis été marqué, hier , par une grande assemblée de la population, annonçant le début d’une nouvelle phase de protestations sociales. Les habitants du quartier Ben Ahmed Mohamed des 83 logements, un des plus populaires, ont sillonné le centre-ville  pour dénoncer la marginalisation et les conditions dégradantes et flagrantes du milieu et de l’environnement dans lesquelles ils vivent. Ils se sont rassemblés d’abord au niveau  de la cité Ben Ahmed Mohamed des 83 Logements pour dénoncer leur marginalisation,  critiquant la gestion des autorités locales, les «mensonges» des responsables et l’anarchie qui y règne.  «Nos revendications sont sociales et pour le développement, elles  ne sont pas politiques», «La cohabitation avec le Corona est mieux que la situation actuelle», «Boufatis  en réanimation, le développement en suspens» et beaucoup d’autres messages contre les autorités locales, notamment les représentants des Assemblés populaires communales. L’état défectueux des voiries et la défaillance des systèmes d’assainissement sont à l’origine de la colère des habitants de Boufatis, contraints de vivre avec les odeurs nauséabondes provenant des eaux usées qui envahissent les rues et les poussières soulevées par chaque coup de vent ou passage d’un véhicule sur une chaussée dévêtue et forée de partout. Dans ce quartier, un décor digne d’un lieu ravagé, s’offre à vous après la dégradation totale du tissu routier. Le quartier Ben Ahmed Mohamed des 83 logements qui  souffre depuis plus de trois ans d’une dégradation dangereuse des voiries .et venelles à cause des travaux abandonnés ou inachevés ou le passage par ces lieux est quasi-impossible. Vivant dans les mêmes circonstances, les habitants d’autres quartiers. En effet, les routes sont tellement impraticables, qu’il est impossible de les emprunter. «On ne représente aucun parti politique et personne ne nous représente politiquement, c’est la souffrance qu’on endure qui nous a fait sortir», lance l’un d’eux, la cinquantaine. «On en a marre de ces conditions de misère. Est-il normal d’évoquer le problème de chaussée et d’assainissement en 2020 ? Trop c’est trop !», s’indigne un autre. Pour Djillali, un quinquagénaire et père de famille, la situation est grave : «On est étouffé par la poussière provenant des chaussées non revêtues et décapées et les odeurs nauséabondes des eaux usées qui envahissent nos quartiers tout au long de l’année. Il faut que cela change.» «Nos enfants souffrent d’asthme et d’allergie sans parler des difficultés et des risques à affronter pour se rendre en ville sans oublier la sécurité des automobilistes qui s’en trouve affectée», se désole un autre. 

Medjadji Habib
Mercredi 30 Septembre 2020 - 16:18
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Oran
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