REFLEXION

La fin du suspens.

Bouteflika: Je suis candidat !

Hitchcock n'aurait pas fait mieux. A treize heures seulement de la fin du dépôt des dossiers de candidatures, le président de la République M. Abdelaziz Bouteflika a fait savoir, selon la sénatrice socialiste des Bouches du Rhône, Samia Ghali, qu'il n'avait pas encore décidé de se porter candidat aux présidentielles du 9 avril prochain. Mot à mot, elle aurait dit selon un confrère que « Bouteflika a indiqué qu'il réfléchissait et regardait autour de lui pour en savoir davantage sur la personnalité à même de prendre sa succession à la tête de l'Etat ». Les démentis pleuvent et n'y peuvent rien. Et voilà, il est officiellement candidat à la magistrature suprême du pays. Pour certains, il est le grand de sable qui enraie la mécanique et pour d'autres un sauveur.



Je suis candidat indépendant.

C'est la Coupole du Complexe Olympique qu'a choisie Bouteflika pour s'annoncer, jeudi dernier, prenant. Une coupole qu'il a vu naître, alors qu'il soufflait le chaud et le froid à partir de la Mecque des mouvements le libération, sur la diplomatie planétaire. Les ovations de pas moins de cinq mille invités et militants des partis de l'alliance et autres organisations ont fait vibrer la salle toute tapissée de bleu. Un spectacle féérique digne des grandes stars. Sur grand écran, avant l'arrivée de la star, furent diffusées les grandes réalisations de cet homme exceptionnel écarté du pouvoir en 1979 et qui revient en force. On en a que trop dit sur un président à la forte personnalité se veut libre démocrate, libre et indépendant. A ceux qui jasaient jadis, on remarquait parmi les invités Mohamed Lamari, l'ancien chef d'état-major des forces armées. Donc tout allait bien entre les deux hommes, contrairement à ce que l'on faisait croire.

Une ambiance bon enfant y régnait et ce sont des chansons bien gaies que l'on diffusa dont on en retient Abdelkader ya Boualem et Afouss afous.

<< Je suis candidat indépendant >>. Et il n'a pas omis « indépendant ». Le mot est lâché. Le mot est dit et devrait être dit, car il tient à briguer un troisième mandat et n'en faire qu'à sa tête. Grands chantiers, guerre au chômage, politique étrangère, dossier sécuritaire, relations algéro-françaises, Grand Maghreb, Afrique et autres dossiers brûlants seront les priorités des priorités. S'il briguait un troisième mandat pour autre que cela, l'affaire n'aurait pas valu le coup. Et à l'Algérie profonde d'ajouter qu'il ne devrait pas partir abandonnant la manne des 150 milliards de dollars entre de mauvaises mains. Des milliards de dollars qu'il compte injecter sur les cinq années à venir dans des infrastructures colossales. Un plan quinquennal qui donnera leur place au soleil à cinq millions d'algériens. Le programme est ambitieux et selon le Président-candidat, c'est seulement pour poursuivre ce qu'il a commencé qu'il s'est porté candidat. Un programmes qu'il a commencé en 1999 et certainement ne va pas tirer à sa fin avec la fin de ce troisième mandat. Durant les quarante-cinq minutes qu'a duré l'allocution, Bouteflika, le président, a tracé les grandes lignes de ce qui l'attend et les projets qu'il compte mener. Le 19 mars, débutera la campagne électorale et c'est lui le réconciliateur qui a fait taire le baroud-faucheur de vies de centaines de milliers de nos compatriotes. Un 19 mars qui a vu Bouteflika, il y a quarante-sept ans, baisser le canon de son arme prise sur l'épaule d'un intraitable ennemi, et se faire tirer à quatre épingles, troquant le treillis contre un costume, pour réveiller une jeunesse du monde assoiffée de liberté et l'éveiller pour la paix et la reconstruction.

Une grande personnalité.

Vif, alerte et plus rayonnant que jamais, Bouteflika posait la main droite sur son cœur pour remercier la gente féminine pour ses youyous. Il ne peut rester insensible à cette manifestation vocale bien de chez nous et certainement dans l'assistance, la concurrence battait son plein. Et c'est là tout l'art de conquérir les cœurs des algériens qui n'attendent que celui qui puisse leur relever la tête quitte à se tordre de faim. Le nif de l'Algérie avant tout. Beau parleur, grand flatteur, souple et dur à la fois, indulgent et tolérant, il berce et berne les plus grands calculateurs. Il crée un problème à partit de rien et une solution à partir du néant. Un magicien de la politique et de la conduite des hommes. L'expérience, le dévouement et le sacrifice de toute une vie pour l'Algérie, l'Afrique, le monde arabe et les damnés de la terre, ont fait de lui un sage très sollicité de par le monde. Pour l'anecdote, dans les années 1980, alors que le peuple maudissait un régime corrompu jusqu'à la moelle et vivotait dans la nostalgie d'une « soi-disant » dictature où la mendicité était le pire des crimes, le plus côtoyé des ex-diplomates se vit accuser de détournement parce qu'il a osé parler. Ou plutôt écrire. Et chose étonnante, il pardonna. Les yeux vifs et rieurs, l'enfant terrible des couloirs de l'ONU était choyé par les grands qui voyaient en lui, la jeune Algérie libératrice des peuples encore sous le joug des puissances impérialistes.A soixante et onze ans, il est toujours cet enfant terrible qui crevait les écrans des actualités de nos cinémas. L'enfant terrible de plusieurs générations est resté ce même imberbe élégant, courtois et galant. Comme le disait si bien Aboudjerra Soltani : << Autant laisser le meilleur d'entre nous diriger le véhicule quoique nous ayons tous notre permis de conduire. >> L'Algérie ne manque pas de grands hommes, mais dans le monde entier, on reconnait les mérites du président.

L'opposition

Les candidats se présentant face à Bouteflika n'y voient leur candidature que comme une formalité historique. Ils se savent « lièvres boiteux ». Quant à ceux qui prônent le boycott, les algériens leur feront voir le 9 avril que l'on ne boycotte pas dans les profondeurs du pays où la goutte de sueur a toute sa valeur. L'Algérie laborieuse ne confond pas les choses. Elle sait séparer le grain de l'ivraie. Propos bien mesurés et appuyés dans la steppe, les dunes et le grand plat où l'on ne se nourrit que de dignité.Si pour Bouteflika, sa candidature est un devoir moral et que l'on n'est pas président si l'on n'est cautionné par une vraie majorité, pour Saïd Sadi, malheureux candidat en 2004 qui ne récolta que 1,94%, << les jeux sont faits depuis la révision de la Constitution >>. Le Front des Forces Socialistes, tout comme le RCD ne participera aux élections. Abdellah Djaballah ne se remet pas de ses 5,02% en 2004. Il est hors champ. Le seul candidat de l'opposition islamiste, Belaïd Mohand Oussaid, alias Mohamed Said, qui vient de créer le Parti Liberté et Justice (PLJ), est en lice. La bouillonnante Louisa Hanoune, qui dirige le Parti du Travail, annoncera cette semaine sa décision. Seule femme à se porter candidate, elle s'y met tant soit peu malgré du camouflet du 1% en 2004.Moussa Touati, chef du Fna, figure de proue d'une opposition au Fln, est candidat. Son opposition dans le « calme », la sagesse et les bons calculs font qu'il se retrouve entrain de marquer ses passages pour briguer le poste tant convoité de la magistrature du pays par simple et digne devoir démocratique.

La situation sécuritaire

Champion de la réconciliation nationale, il a su préserver les vies humaines grâce à sa sagacité et sa vision lointaine. Il voyait l'Algérie sombrer dans l'anarchie et le chaos le plus total. C'est par deux référendums, donc avec deux cartes blanches du peuple, qu'il a fait taire les armes. Laissant les portes toujours ouvertes au repentir, l'Algérie n'en sort que renforcée dans la paix et la fraternité. Chose étonnante, les victimes et autres touchés par le fléau mortel qui a plongé le pays dans un climat de peur, se retrouvent eux-mêmes aujourd'hui réconciliateurs au lieu de vengeurs comme ils l'ont toujours fait entendre. C'est juré promis, le candidat Bouteflika dans son allocution va faire la réconciliation nationale son cheval de bataille durant les cinq prochaines années. Et qui dit situation sécuritaire dit taire les armes qi tonnent encore pour faucher des âmes innocentes.

Le développement

Le gaz et le pétrole étant nos seules ressources d'entrée de devises à quelques millions de dollars près, l'Algérie s'est mise au diapason de la considération de l'agriculture comme seule de salut d'un pays qui importe encore son pain et son lait. Depuis 1999, une aide conséquente a fait redémarrer une agriculture béquillarde où il fut un jour elle absorba un faramineux budget pour se voir distribuer bénéfices fictifs. La relance est de mise et le président en est conscient. La crise du logement est en voie résorbée. La mentalités ont changé et l'heure n'est plus aux retards et à la magouille.Aéroports, routes et routes dont la fameuse Est-Ouest s'allongent en même temps qu'une voie ferrée sillonnant le pays d'est en ouest et du nord au sud. La politique de l'eau est menée de main de maître. Jamais l'Algérie n'a connu autant de projets en matière d'AEP et de barrages.


Le Maghreb Arabe

Pendant dix ans, il a tourné le dos au Maghreb et c'est tant mieux disent les uns. Le président de la République ne va pas de main morte quand il s'agit de décolonisation. Formé à l'école de la libération des peuples du joug colonial, imbu de liberté, féroce défenseur des faibles, il ne pourra que voir en notre Gand Maghreb qu'une utopie de plus tant que le Sahara Occidental est occupé. Dès les prémices d'un remaniement de la Constitution, le Maroc s'est vu mourir une jambe et un bras comme l'on dit chez nous. La politique que mène l'Algérie en matière de construction du Maghreb arabe est claire et nette. C'est une pierre dans la chaussure du Grand Maghreb. Il ne naîtra pas tant que règne une politique expansionniste de nos voisins et tant que nos les quarante kilomètres de frontières avec la RASD ne soient pas entre de bonnes mains pour une ouverture sur l'Atlantique. Mieux vaut garantir deux ouvertures qu'une, vus que les frères ennemis ne se sont jamais réconciliés depuis que l'Emir ait été trahi.

Politique extérieure

Les relations algéro-françaises vont surement en pâtir, car dans ce le pays où l'on a le droit de briguer autant de mandats que l'on veut, l'heure est au bilan quoique le lit présidentiel n'a pas même pas été chauffé. Pour un Moudjahid, il n'est pas si facile d'oublier les blessures ancrées profondément dans la chair. La politique de la terre brûlée durant plus d'un siècle, les emmurements, les enfumades, les humiliations et les privations doublées d'une exploitation à outrance de tout un peuple ne passent plus après la promulgation de l'indigne loi scélérate de février 2005 et en particulier son article 4 qui stipule le rôle positif du colonialisme. Son abrogation a été un apaisement certes, mais l'on est pas prêt pas d'oublier sur tout le continent la gifle aux libérateurs d'une Europe aux abois et agonisante qui, sans ces âmes mortes aurait éradiqué sa moitié. Si l'Italie a présenté ses excuses officielles à la Libye, pourquoi la France ne le ferait-elle pas ? L'arrogance de la France est démesurée et quand l'Algérie croulait sous les dettes, le président revint bredouille, les mains vides d'un voyage qui le marqua au fer rouge.

La France a tout à gagner en Algérie. Il suffit de traiter d'égal à égal et voir ce qui adviendra à long terme d'une politique basée sur le respect mutuel. Les Français ont bien eu leur part de marché algérien en pleine expansion contre « un plan de champ de mines ». L'échange est maigre et ce n'est certainement pas la Fondation du 8 mai 1945, les organisations de Moudjahidine et des enfants de Chouhada qui diront le contraire.

Le traité d'amitié entre l'Algérie et la France reste pour l'instant une utopie tout comme le Grand Maghreb et l'UPM si chère à Sarkozy, car rien ne se construira tant que persiste le dédain qu'affichent les gouvernants d'une France qui ne peut racheter une dette qui n'est pas moindre que celle qu'ont fait payer d'autres aux Allemands.

Chose étonnante tous les quotidiens et hebdomadaires de France et de Navarre se sont relayés pour annoncer la nouvelle. Des canards inconnus d'outre-mer inconnus même chez eux en ont fait de grandes manchettes.

Par politesse, l'Algérie ne veut pas claquer la porte d'une Ligue Arabe stérile comme l'a fait un jour la Libye. Une ligue où l'entente est à la mésentente et où la division et les coups bas individuels et collectifs sont légion. La domination d'une Egypte dominée sur une organisation qui, un jour éleva la voix contre l'Algérie rebelle, qu'un certain Belkhadem revendicateur osa faire la remarque n'est pas prête d'être acceptée chez nous et encore moins par Abdelaziz Bouteflika.

Comme toujours et ce n'est pas de gaieté de cœur que le président prendra de nouveau son bâton de pèlerin pour régler des conflits latents qui enveniment le climat de ce continent déjà rongé par la famine, la sècheresse, la maladie et le sous développement en général.

Si la confiance en Bouteflika a été renouvelée, c'est qu'il a su conquérir les cœurs des Algériens.


B. Benatia.
Dimanche 15 Février 2009 - 10:29
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ACTUALITÉ
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