REFLEXION

LE PRESIDENT DE L’APW DE MOSTAGANEM AU FORUM DE REFLEXION : “Il y a spéculation dans la distribution des logements”

L’invité de cette troisième édition du forum de Réflexion, était M.Soltani Belghali, président de l’Assemblée Populaire de Wilaya (APW) de Mostaganem. Plus que sûr de lui, cet ancien militant du FLN a roulé sa bosse (si l’expression nous est permise dans de telles circonstances) au sein de ce parti qu’il a servi avec conviction et abnégation pendant près de 40 ans parce qu’il l’a toujours porté dans son cœur, au point où il a tout sacrifié pour se montrer à la hauteur des responsabilités et des missions qu’il a eu à assumer tout au long de sa carrière politique.



LE PRESIDENT DE L’APW DE MOSTAGANEM AU FORUM DE REFLEXION : “Il y a spéculation dans la distribution des logements”
M Soltani n’a pas manqué de faire remarquer qu’il était satisfait du rôle joué par le quotidien Réflexion, dans le domaine de l’information, qu’il considère comme étant « une institution qui a une viabilité plus qu’institutionnelle. A Mostaganem, il est un organe de communication et d’information entre les différentes institutions de la wilaya ». Avec l’arrivée du nouveau wali à la tête de la wilaya de Mostaganem, l’objet premier visé par le président de l’APW concernait la réorganisation de la cellule de communication au niveau de la wilaya. Sur ce, plusieurs points ont été abordés avec le chef de l’exécutif auxquels il a donné son accord. Parmi les principaux points sur lesquels il était convenu de discuter ce fut celui de l’information et de la communication. Les décisions à ce sujet avaient été prises sur le champ, sachant d’emblée que tout reposait sur ces deux éléments. En quoi ces deux éléments, que sont la communication et l’information, sont-ils si importants au sein d’une wilaya ? Tout simplement parce que les services de la wilaya, dans toute sa composante, sont appelés à produire et à créer dans l’intérêt de la citoyenneté, en dehors de la mission administrative de ladite institution, mais les actions réalisées ne sont pas toujours comptabilisées. En définit, le citoyen à toute la latitude pour se demander ce que fait l’APW. Selon M. Soltani, le citoyen a toutes les raisons de s’enquérir sur la mission de cette institution qu’est l’APW. « Ce citoyen peut se poser des questions tant que nous ne l’aurons pas informé de notre mission et des actions accomplies », tient à préciser le P/APW. Tant que nous ne l’aurons pas investi dans le pôle de la communication et de l’information au sens propre à nous. Ce pourquoi il a été convenu d’instaurer une cellule de communication au niveau du wali, de l’APW et aussi au niveau des daïras. Nous avons également pensé aux secteurs importants comme celui de la santé, entre autres. Dans le même sillage nous avons fait procéder à la mise en place d’un site internet au niveau du bureau du wali et au niveau de l’ensemble des services », dira M Soltani. La revue de l’APW va également être relancée incessamment. Il est prévu, par ailleurs, des rencontres périodiques avec l’ensemble des partenaires de la wilaya, telle la société civile. L’APW songe également à l’organisation et la mise en place de rencontres multiples et répétitives notamment les assises de la jeunesse et de la culture. Lors de ces assises, toutes les recommandations arrêtées doivent être exécutées par les instances concernées.

Il a été alloué à ces assises 3 milliards de centimes dans le domaine de la culture, du sport en partenariat avec la société locale. Il est vrai que des problèmes existent au niveau de la société civile.

Sur les 154 associations seulement le 1/3 active réellement. Toutes ces associations sont subventionnées par l’Etat et très souvent elles ne répondent pas quand il leur est fait appel, a tenu à souligner M. Soltani. Un point important concernant les associations a été abordé par ailleurs à savoir celui des membres de leurs bureaux qui ne changent pas depuis des années. Avec le temps, ces derniers sont appelés à prendre de l’âge. De ce fait, seront-ils en mesure de s’adapter aux neutralités des jeunes et de demeurer toujours performants, sachant que les choses évoluent vite ? Une question institutionnelle fondamentale mérite d’être posée à savoir : où êtes-vous messieurs les élus ? Ceci, suite à ce qui a été remarqué sur le terrain lors des différentes visites effectuées par M. le wali dans le territoire de la wilaya. Là où il est passé il a été interpellé par les citoyens pour lui faire part de leurs problèmes et ce, en présence de leurs élus locaux. Ceci est considéré comme un défi. Lorsqu’un citoyen interpelle M. le wali en présence d’un maire « ce n’est pas une provocation mais un pur défi parce que personne ne s’adresse aux citoyens pour écouter leurs doléances. Il a été convenu, également, de rassembler l’ensemble de la société civile, toute la corporation civile, autour d’un mini congrès à Mostaganem où tous les moyens seront mis à sa disposition pour permettre à tout un chacun de s’exprimer.

« Les bonnes intentions n’ont pas de tutelle », dira M. Soltani. Ceci veut sans doute dire que celui qui veut travailler n’attend pas d’être sollicité.

M. Soltani s’est arrêté pour apporter une précision en ce qui concerne le rôle de la presse, alors qu’il parlait du rôle des élus et de dire « nous, les élus. Quand je dis nous les élus, je vous considère comme des élus. Pourquoi ? Parce que de par votre fonction vous vous associez à nous dans le contrôle et l’information, soit deux fonctions propres aux élus. Sinon, cela sert à quoi l’APC et l’APW » ? Dans sa vision politique globale M. Soltani interpelle l’ensemble des élus, quelle que soit la couleur politique de chacun d’entre eux. Ils sont appelés à œuvrer dans le même but autour du programme du président de la République. Il invite l’ensemble des représentants politiques et pseudo syndicats et les élus à s’impliquer davantage et à assumer leurs responsabilités. Il est aussi fait appel aux différents cadres et chercheurs universitaires d’apporter leur contribution. En ce qui concerne la presse, M. Soltani a été on ne peut plus explicite, en ce concerne l’ouverture du dialogue avec les gens de la presse pour qu’ils puissent s’exprimer et donner leurs points de vue. « Nous devrons rapprocher la presse des élus locaux », a-t-il dit dans ce cadre là. Ceci a été discuté avec M. le wali lors de ma première rencontre avec lui », a déclaré M. Soltani. De cette première entrevue, la réorganisation de l’ensemble de la composante de l’APW a eu lieu, notamment la restructuration des différentes commissions et ce, grâce à l’ouverture de M. la wali et de son esprit d’écoute. « Notre premier objectif a été de doter l’ensemble des services de la wilaya de moyens de communication à l’effet d’ouvrir les portes aux citoyens, ainsi qu’à la presse », a ajouté le P/APW. En matière de développement, M. le wali a été à l’écoute des propositions du P/APW dans ce domaine, notamment en ce qui concerne les logements ainsi que le futur complexe olympique et son lieu d’implantation. Pour sa part, M. Soltani a suggéré que cette structure soit implantée au niveau de Hachem (le radar) contrairement à la sortie vers Oran ou à Ouled El Bachir comme il fut décidé auparavant. Ni le premier ni le second site ne correspondent à l’implantation d’un complexe de cette envergure. M. le wali a accepté la troisième proposition, vu le site géographique qui répond parfaitement à ce genre de structure autour de laquelle vont se greffier, à la longue, d’autres édifices. Hachem est situé en hauteur et a une vue sur mer. Quant au palais des expositions, les travaux seront lancés très prochainement. Telles étaient les priorités de M. Soltani, en tant que président de l’APW, inscrites dans son programme d’action. Parmi les autres priorités figure le raccordement au gaz naturel des zones éloignées.
Au niveau de la wilaya de Mostaganem deux secteurs sont prioritaires : le tourisme et l’agriculture. Ces deux secteurs sont susceptibles d’absorber tous les chômeurs des wilayas limitrophes comme Relizane et Mascara d’ici l’horizon 2015.
Le futur parc d’attraction de Kharouba figure également dans son programme. Dans le domaine sportif des sommes importantes ont été allouées aux clubs sportifs. Deux sommes importantes, soit 13 milliards de centimes de l’APW et 15milliards de centimes du budget de la wilaya ont été allouées à l’PAC de Mostaganem dans le cadre de l’urbanisme et de l’environnement. En ce qui concerne le projet des garages de stationnement ils attendent les investissements potentiels. «Néanmoins, nous veillerons à ce que ces projets soient réalisés, dira M. Soltani. Revenant sur le parc d’attraction de Kharouba, M. Soltani se dit satisfait de l’état d’avancement des travaux de réalisation au niveau de ce site et remercie, dans le même sillage, M. le ministre Rahmani qui, lors de sa dernière visite, a accordé 15 milliards de centimes destinés à ce projet. En ce qui concerne l’ensemble des opérations de développement au niveau de la wilaya de Mostaganem, la presse suit de près l’état d’avancement de ces dernières ainsi que les projets réalisés. A ce sujet M. Soltani se dit rassuré horizontalement mais au même moment il se pose la question à savoir pourquoi les esprits changent chaque fois qu’un nouveau wali est nommé à Mostaganem ? Il se demande aussi pourquoi les choses changent quand change un wali ? Bien au contraire ! Le nouveau wali a salué tous les projets et opérations retenus pour Mostaganem. Il l’a dit devant la presse qu’il n’était pas venu pour changer quoi que ce soit. « Parfois les ministres arrivent avec des idées qui ne correspondent toujours pas avec les attentes du terrain. Ils ont leur programme à eux. Que peut alors faire un directeur d’exécutif face à un ministre ? » Au niveau de la wilaya de Mostaganem deux secteurs sont prioritaires : le tourisme et l’agriculture. Ces deux secteurs sont susceptibles d’absorber tous les chômeurs des wilayas limitrophes comme Relizane et Mascara d’ici l’horizon 2015. Les chiffres sont là », affirme le P/APW. L’agro-alimentaire, entre autres, a de l‘avenir à Mostagane. Parlant du logement, M. Soltani dira que c’est un problème de société et non un problème de réalisation. Le problème se situe au niveau de la distribution, parce qu’il y a spéculation. Pour ce qui est des projets tels les ports de pêche et les sites d’échouage, à titre d’exemple, ces derniers ont été planifiés et réalisés sans l’apport (l’avis) des citoyens concernés en premier lieu. Il faut la participation des citoyens, insiste M. Soltani. Le problème est identique en ce qui concerne les locaux commerciaux au niveau des communes. Il ya une inégalité dans la réparation des projets de logements au niveau des communes. Les sites choisis ne répondent pas à la demande, soit une mauvaise adaptation des projets par rapport aux sites. Tous ces problèmes ont été soulevés au niveau des sessions de l’APW.
Avant même d’aborder le volet des réponses aux questions qu’avaient à lui poser les journalistes de Réflexion et ceux représentant d’autres organes de presse invités à ce forum, M. Soltani s’est dit être prêt à répondre à toutes les questions, sans exception. Il s’est même montré très confiant parce qu’il connaît l’ensemble des journalistes de par les différents points de presse et les différentes manifestations au cours desquels il s’est trouvé face à la presse.
Réflexion : Il était prévu un complexe sportif de 50 000 places à la sortie ouest de Mostaganem. Du fait que ce projet a été délocalisé et que vous aviez proposé un troisième site, celui de Hachem, le nombre de places, semble t’il, a été réduit à seulement 25 000.
M. Soltani : Notre choix de site n’était pas fortuit. Le site répond à des critères spécifiques liés aux besoins de la localité, en ce sens qu’il permet la création de nouvelles activités c’est-à-dire des postes d’emplois. Le nombre de places n’est pas un problème pour l’instant. A l’avenir il est prévu l’extension du stade ainsi que l’aménagement d’autres structures y attenantes. De ce fait le nombre de places est susceptible d’être revu à la hausse en fonction des besoins. Le site en soi est magnifique de par le paysage et la vue sur mer.
Réflexion : Compte tenu de ce qui s’est passé dernièrement à Sidi Lakhdar, il arrive parfois que des citoyens se plaignent de leurs élus locaux, à leur tête le maire. Dans ce genre de situation quelle est votre position ?
M. Soltani : Notre position en tant qu’élu est très tangible et ce, en fonction des circonstances. Nous sommes tenus par ce qui conforte notre propre conviction personnelle. Si des citoyens se marginalisent nous ferons en sorte que la loi soit appliquée. Nous sommes avec les lois de notre pays. Vous faites allusion à ce qui s’est passé à Sidi Lakhdar, mais d’une manière générale les maires sont dénoncés alors qu’eux-mêmes viennent parfois se plaindre prétextant qu’ils sont victimes de dénonciations calomnieuses. Ils m’interpellent pour que j’en réfère à M. le wali. A partir du moment où je suis convaincu qu’un maire est victime, et s’il est réellement victime, il est de mon devoir de réagir. Cependant, la première de mes préoccupations c’est la souveraineté des citoyens. Il est aussi de mon devoir de les défendre. Aucune personne ne doit être touchée, y compris les élus, sans que je ne sois présent. S’ils touchent au maire c’est ma personne qu’ils toucheront. Parfois les citoyens exigent le départ d’un maire. Cela est arrivé dans une APC où j’ai intervenu avec force, bien que ledit maire soit d’un autre parti que le mien, à l’effet de rétablir la situation. Il est à se demander pourquoi les citoyens s’empressent-ils dans leurs agissements dès lors qu’ils soupçonnent la moindre petite faute?
Réflexion : Qu’avez-vous à dire sur les derniers événements de Sidi Lakhdar ?
M. Soltani : Tout d’abord l’APW c’est qui, c’est quoi ? Il n’existe pas deux institutions distinctes et dissociables. Au niveau de la wilaya il existe deux institutions parallèles et complémentaires l’une à l’autre avec à leur tête le wali. Là où se trouve le wali, l’APW est présente. Même s’il arrive que le wali soit amené à prendre des décisions sans associer l’APW, et que la décision prise est jugée objective dans l’intérêt des citoyens, il est tout à fait de mon devoir de l’approuver. Dans le cas contraire, si la décision ne me convainc pas, il est alors de mon ressort d’intervenir et j’interviendrai pour donner mon point de vue en toute souveraineté. Mais il n’est pas de mon devoir d’intervenir d’une manière pas intelligente et demander au wali de m’associer à toutes ses décisions. Cette démarche n’honore ni le P/APW ni l’APW. S’il y a dérapage je suis moi-même impliqué et toute la wilaya sera impliquée. Alors je dois me positionner et attirer l’attention de M. le wali. Je l’ai déjà fait par le passé. Quand le P/APW se démarque t’il ? C’est lors des sessions de l’APW en présence des élus.
C’est à ce moment là que je peux intervenir avec force, en saisissant cette opportunité, pour transmettre le message au wali. C’est la seule opportunité parce que le wali note et enregistre tout ce qui se dit. Mais quand un wali travaille et me consulte dans la transparence, que m’importe t-il s’il ne m’associe pas dans ses décisions ? Toutes les actions entreprises au niveau de la wilaya sont comptabilisées et l’APW a sa part de contribution en tant que représentant du peuple. Nous nous trouvions, M. le wali et moi-même, à Bouguirat d’où on nous a fait part de ce qui se passait à Sidi Lakhdar. Le maire nous rapportait qu’il y avait des manifestations et que la route était barrée. Nous sommes restés mobilisés sur les lieux toute la journée. Parmi les citoyens présents sur les lieux il y avait des jeunes, des adultes et des militants de partis.
J’ai été interpelé. Mais je ne pouvais pas dire n’importe quoi en présence de M. le wali. En fin de compte, et suite à un dialogue engagé avec les citoyens, la foule s’est dispersée dans le calme et tout est alors rentré dans l’ordre. Même les citoyens qui, au départ étaient contre le P/APC, avaient changé de position et l’ont défendu. C’est à ne rien comprendre ! A ce jour cette situation est une énigme. Là où il y a l’intérêt des citoyens nous sommes présents et là où il y a défaillance nous intervenons.
Réflexion : Il nous semble qu’il y a eu fuite.
M. Soltani : Il n’y a pas eu de fuite. Nous avons un élu malade et il n’est pas de mon devoir de déléguer quelqu’un à sa place. Nous travaillons en collaborations avec les élus des APC. Ce sont des élus comme nous. Nous sommes tous des élus locaux.
Réflexion : Je voudrai que vous nous parliez de l’organisation et du fonctionnement de l’APW. Avez-vous le pouvoir de contrôle ?
M. Soltani : S’il y a une opportunité et dans le cas extrême, je m’en réfère à M. Le wali. Dans de telles situations, en cas de dérapage, une commission d’enquête est alors constituée parmi les élus de l’APW suite à un vote à la majorité absolue. Mais il est rare que nous arrivions à une telle situation parce que la chose n’est pas aussi facile comme on peut l’imaginer. Cette commission est spécifique.
Elle n’est pas permanente. C’est une commission provisoire qui n’intervient que dès lors qu’il y a une affaire grave nécessitant une enquête approfondie. Quant au fonctionnement de l’APW sachez qu’elle est composée de quatre commissions, chacune dans un secteur précis, selon les compétences de chacun des élus et ce, en fonction des spécificités de la wilaya.
Réflexion : Dans votre intervention vous avez parlé des prérogatives des élus au niveau de l’APW, à savoir que certains ne savaient pas au juste ce qu’ils avaient à faire.
M. Soltani : Il est vrai que certains élus se demandent ce qu’ils doivent faire, ignorant de ce faite le rôle pour lequel ils ont été élus. Le rôle des élus de l’APW est d’accompagner, de soutenir ; d’accompagner et non de gérer. Nous ne sommes pas la tutelle des APC. La question cardinale de l’APW est l’accompagnement des APC dans leurs actions. Notre relation avec les APC est une relation complémentaire et d’accompagnement. Il nous est possible d’émettre des propositions.

M.Bentahar
Vendredi 4 Mars 2011 - 11:12
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