REFLEXION

SIDI LAKHDAR : « Ouled Si Larbi », les damnés de la terre.

Douar « Ouled Si Larbi » est un hameau relevant territorialement de la commune de Sidi Lakhdar. Depuis 1995, date du début de l’exploitation de la carrière de sable, le douar est devenu célèbre vu sa proximité de celle-ci qui est l’une des plus importantes de tout l’ouest algérien.



SIDI LAKHDAR : « Ouled Si Larbi », les damnés de la terre.
Une partie des problèmes que vivent les « Ouled Si Larbi » est justement liée à cette proximité de ce gisement qui rapporte d’énormes apports financiers à la collectivité locale. Ils sont plus de 180 familles qui habitent les lieux où on dénombre une population estimée à plus de 900 personnes.
Les habitants souffrent en solitude à cause d’une multitude de problèmes, sources de leurs malheurs quotidiens. ils n’arrivent plus à supporter leur quotidien difficile qui date depuis plus d’une décennie. Leur patience est à son extrême limite. Pour se rendre chez les « Ouled Si Larbi », on emprunte le chemin communal qui relie la CW12 à la carrière de sable en passant par les douars « Bouachria » et « Ouled Khalifa » sur une distance de 8 km. Les usagers de ce tronçon routier vivent un vrai calvaire chaque jour que Dieu fait. Il est complètement impraticable vu son état de dégradation très avancé. Depuis sa réalisation en 1987, il n’a subi aucune opération de réhabilitation, hormis les quelques rares opérations d’entretien qui ne tiennent souvent pas plus d’une semaine. En cas de précipitation, la route est complètement submergée par d’énormes flaques d’eau rendant son utilisation quasiment impossible, et de ce fait les « Ouled Si Larbi » se trouvent forcés à rester chez eux. En temps clément, Les rares transporteurs clandestins, propriétaires de véhicules de type camionnette, exigent 30 DA/ personne pour un aller vers le village de Sidi Lakhdar. Pour une course aller-retour, le prix varie entre 250 et 300 Da.
On dit que : « Le malheur des uns fait le bonheur des autres », Et ce le cas de cette fameuse carrière de sable. Tous les habitants du douar sont unanimes que la carrière leur cause d’énormes désagréments devant le peu de profits qu’ils avaient eu d’elle jusqu’au là. Chaque jour, pas moins de 300 camions passent au milieu du douar pour atteindre le site d’exploitation du sable. La majorité des habitations, sises de part et d’autre de la route, ont subi les effets néfastes de ce trafic quotidien. On constate des murs fissurés et des façades effondrées à cause des vibrations causés par le passage des camions. Des chauffards indélicats rasent tout sur leur passage : des animaux, des poulets, et on compte, même, plusieurs victimes humaines. La poussière fait ravage en décimant les cultures maraîchères et les arbres fruitiers. Elle arrive jusqu’au fond des maisons et des classes de l’école située à côté de la route. Plusieurs personnes souffrent d’allergie à cause de la poussière.
Pour s’approvisionner en eau, c’est un parcours de combattant quotidien pour les femmes et les enfants. Les habitants parcourent près de 2 km vers le nord, à pied ou à dos d’âne, pour arriver à l’unique point d’eau qui est la source « Aïn Sidi Younès ». Selon les déclarations des représentants du comité du douar, le douar a bénéficié de deux projets d’AEP. Le premier en 1993 avec une enveloppe financière estimé à 1 milliard 300 millions de centimes. Les tuyaux en PVC utilisés pour l’adduction ont été aussitôt écrasés sous terre par le fort trafic routier des poids lourds. C’était un projet mort-né dans la mesure où la moindre goutte n’est arrivée au douar. En 2006, un autre projet d’adduction d’une enveloppe de 1 milliard 400 millions de centimes a été réalisé, cette fois-ci avec une tuyauterie en fonte, et deux fontaines ont été érigées au milieu du douar pour approvisionner la population. Mais, cette fois encore, aucune goutte n’est arrivée pour cause de picage illicite en amont et une probable mauvaise connexion. Les deux fontaines, fortement dégradées, demeurent toujours sans âmes.
Pour le volet logements, la population demandent une commission d’enquête afin d’évaluer les dommages subis par leurs habitations à cause du trafic routier et recenser les propriétaires pour un éventuel dédommagement dans le cadre des programmes du logement rural. On dénombre uniquement 28 bénéficiaires de logements, ce qui est infime lorsqu’on constate que la majorité des habitations du douar sont précaires. Les poteaux électrique en acier est un autre danger permanent qui guette la population. Ils sont sérieusement corrodés par l’air marin humide. Le comité du douar a adressé une série de correspondances à la Sonelgaz pour remédier à la situation, jugée dangereuse pour la vie des citoyens, mais rien n’a été fait à ce jour. Devant un cadre de vie inhumain et un chômage chronique, les jeunes du douar ont préféré l’exil. On compte plus d’une trentaine de harraga qui ont opté pour l’aventure périlleuse en mer que de mourir à petits feux. « C’est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble », ce qui n’est pas le cas pour la majorité de nos responsables. Ils excellent allègrement dans « le dire » que de se prodiguer dans « le faire ». Devant la fuite en avant des responsables locaux et leurs promesses non tenues, le comité représentant le douar n’arrive plus à supporter la pression des habitants dont une bonne partie insiste pour passer à l’ultime étape de la contestation populaire. Certains sages nous ont déclaré qu’ils déploient d’énormes efforts pour contenir et canaliser la frustration des habitants. Ils déclarent haut et fort que la patience a des limites et c’est aux autorités locales d’agir avant qu’il soit trop tard.

Adda Abdelwahab
Mardi 10 Novembre 2009 - 00:01
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MOSTAGANEM
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