REFLEXION

RELATION MAROC - FRANCE : Je t'aime, moi non plus !

Entre le Maroc et la France, le divorce continue et la diplomatie française est troublée par un nouveau coup de froid. Alors qu'elle devait marquer le début de la réconciliation entre les deux pays, la rencontre prévue ce vendredi à Paris entre Laurent Fabius et son homologue Salaheddine Mezouar n'aura finalement pas lieu. Rien ne va plus entre Paris et Rabat ?



La diplomatie française est embarrassée par  un nouveau coup de froid qui est venu s’abattre sur sa relation avec le Maroc qui a gelé une partie ‘’indispensable’’ de sa coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Voilà dix mois que la France et le Maroc ont cessé toute coopération.
Le 22 janvier, le ministre marocain des affaires étrangères a reporté en dernière minute son déplacement en France. La dernière étape d'un long feuilleton fait de couacs diplomatiques et de refroidissement des relations franco-marocaines, étalés sur les dix derniers mois. Avec en point d'orgue, le blocage de la coopération judiciaire entre les deux pays.

Tout a commencé par "une gifle" diplomatique
Le 20 février 2014, sept policiers armés et vêtus de gilets pare-balles font irruption à la résidence de l'ambassadeur du Maroc, à Neuilly, dans les Hauts-de-Seine. Les forces de l'ordre sont venues remettre à Chakib Benmoussa, ambassadeur marocain, une convocation de la juge d'instruction française Sophie Kheris qui s'adresse à Abdellatif El Hammouchi, directeur de la sécurité intérieure du royaume de Mohammed VI, soupçonné de "torture". Le numéro un du contre-espionnage marocain n'est pas sur place, il avait regagné Rabat un peu plus tôt, et le majordome refuse d'accuser réception du papier bleu.
Peu après, la tension diplomatique monte en flèche suite à une déclaration banale de l'acteur Javier Bardem, faite deux jours plus tôt lors de la sortie du film ‘’Les Enfants des Nuages’’ qu'il coproduit. Lors de la projection de ce documentaire sur la vie des Sahraouis (habitants du Sahara occidental, région revendiquée par le Maroc entre autres), la star évoque une phrase que lui aurait dite l'ambassadeur de France auprès de l'ONU, Gérard Araud, rencontré en 2011 : "Le Maroc est une maîtresse avec laquelle on dort tous les soirs, dont on n'est pas particulièrement amoureux, mais qu'on doit défendre." Vu le contexte, cette anecdote alimente la polémique et nourrit la colère des diplomates marocains.
Quatre jours plus tard, le 24 février 2014, Rabat réagit. Alors que Nicolas Hulot, envoyé spécial de la France pour la protection de la planète, devait tenir une conférence à Rabat, les autorités annulent la réunion sans plus de justifications. S'ensuit un coup de téléphone passé par François Hollande au roi Mohammed VI qui n'apaise pas vraiment la situation.
Le lendemain, des milliers de citoyens marocains manifestent devant les grilles de l'ambassade de France au Maroc. Un symbole fort, qui pousse le Premier ministre du moment Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, alors place Beauvau et Laurent Fabius, au Quai d'Orsay, à appeler leurs homologues marocains pour apaiser la situation. Mais le Maroc annonce la suspension des accords de coopération judiciaire entre les deux pays. Conséquence directe de ce refroidissement sensible, les dossiers des Franco-Marocains détenus au Maroc sont bloqués.

La goutte d'eau qui fait déborder le vase
Le 26 mars, un mois plus tard, un nouvel événement vient renforcer la tension ambiante. A son arrivée à l'aéroport Charles de Gaulle à Paris, le ministre des Affaires Etrangères marocain Salaheddine Mezouar subit une fouille malgré son passeport diplomatique. Laurent Fabius a beau lui présenter ses excuses, la coupe est pleine pour Rabat.
Le 25 septembre 2014 , lors d'une visite à l'ONU, Mohammed VI  lance du haut de cette tribune un appel pour le respect des spécificités de chaque pays, dans son itinéraire national « Le colonialisme a causé de grands préjudices aux États qui en ont subi la tutelle. » Une attaque à peine voilée à l'encontre de la France, qui entretient le climat de défiance. Quinze jours plus tard, le 14 octobre 2014, Hollande tente de calmer le jeu. Le président français rappelle à quel point le partenariat entre les deux pays est stratégique (40% des investissements étrangers au Maroc viennent de France, et 36 des 40 entreprises du CAC 40 sont implantées dans le pays) : "Nous avons besoin l'un de l'autre’’
Le  22 janvier 2015, sortie du report d'une visite en France du ministre marocain des Affaires étrangères, échaudé par l'épisode du contrôle subi quelques mois plus tôt à Roissy. "Ce report vise à se donner plus de temps pour régler les dossiers en souffrance entre les deux pays", a affirmé le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Une manière polie de marquer le fossé qui s'est creusé en dix mois entre Paris et Rabat.

 

Riad
Dimanche 25 Janvier 2015 - 17:21
Lu 1431 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 08-12-2016.pdf
2.77 Mo - 07/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+