REFLEXION

Mme Benbia Fatma Zohra : Le combat d’une millitante

A l’occasion de la journée internationale de la femme, et à la veille du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, Mme Benbia Fatma Zohra épouse Chaibedraa, figure emblématique de la ville de Mostaganem à été l’une des fondatrices du conseil de l’UNFA de Mostaganem. Le parcours de cette femme est éloquent du fait qu’elle fut aussi un membre fondateur du croissant rouge algérien avec le défunt Laredj Benriat, a bien voulu se confier au journal Réflexion.



Mme Benbia Fatma Zohra : Le combat d’une millitante
Réflexion : pouvez vous nous parler de la femme algérienne à l’occasion de la journée internationale du 8 mars.  
Mme Benbia Ep Chaibedra : Cette journée, est importante pour la femme et quoi que l’on puisse dire, dans notre pays il y a une grande avancée en matière d’émancipation, celle-ci est beaucoup plus libre, par rapport à d’autre pays, quoi qu’il reste beaucoup à faire. Avant de vous parler de moi , Il est important de mettre en relief le rôle de la femme algérienne, que se soit par le passé ou le présent  et je peux vous dire que celle-ci  s’est toujours distinguée, que se soit en tant que mère, éducatrice et  travailleuse participant activement, à l’édification du pays et dans la vie sociale et économique. Il est vrai que dans le  monde politique, la situation est encore loin de la stricte parité, même si elle tend à s’améliorer et avec les dernières réformes initiées par le président de la république cela prouve que la femme aujourd’hui peut espérer mieux,  et c’est une bonne chose. Autre fait important son engagement dans la vie associative a été  fortement influencée par la situation sociale et économique du pays et les  enquêtes font ressortir d’ailleurs que les femmes privilégient le « faire », l’action de terrain, le « vivre ensemble » et les sphères où elles se sentent plus compétentes, notamment dans ce secteur social, mais la gestion du temps est le principal frein à la participation des femmes à la vie associative pour certaines. L’expérience a fait que j’ai été moi-même partie prenante et ce depuis l’époque coloniale, d’ailleurs le  rôle de la femme dans la société est reconnu comme un vecteur principal de développement, du fait que les femmes constituent une majorité de la population algérienne d’où l’importance de leur émancipation dans la société. La Journée internationale de la femme est le moment idéal pour dresser le bilan des actions menées et réfléchir sur les progrès réalisés et pour l’avenir  le mouvement féministe participe pleinement et a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique.
Réflexion : Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?
Mme Benbia :  Pour vous parler de ma carrière de femme il faut que je remonte, tés loin dans le passé, et ce que je peux vous dire,  c’est que cela n’a pas été aussi facile que vous le croyez. Je suis né à Oran où j’ai grandi et où j’ai fais mes études, à partir de l’âge de 15 ans. Je fis tout d’abord partie de la première section des scouts  musulmans sous la conduite du Chahid Hamou Boutlélis qui était un homme de grande probité et un nationaliste convaincu, par la suite j’ai adhéré à une association féminine à Oran où je devins capitaine d’une équipe de basket ball qui remportera le championnat d’Algérie. Jai aussi acquis une formation d’assistante sociale créant ainsi le premier club féminin d’Afrique du Nord. A cette époque, la femme était cantonnée à la maison de par les traditions qui étaient des plus strictes, cependant il y avait des exceptions et pour ce qui était de nos activités,  notre association a été encouragée, à cette époque par des personnalités du Nadi Saada et des docteurs dans la loi coranique ainsi que par des notables de la ville d’Oran parmi lesquels Zemmerli inspecteur départemental des Oulémas de l’époque. Je vous dirais simplement, que j’ai consacré ma vie au service des autres et surtout durant la période coloniale. Je tiens à vous rappeler que la création du club féminin d’Oran était de venir en aide surtout aux enfants nécessiteux des medersas, aux familles démunies et pousser les jeunes filles à apprendre des métiers et autres choses essentielles, à savoir affronter les aléas de la vie surtout à une époque difficile semée d’embuches et de danger pour la femme algérienne qui était la cible des autorités coloniales qui ne distinguaient par entre les hommes, les femmes ou les enfants ils étaient tous considérés comme ennemis potentiels et j’étais surveillé par la police française qui ne me lâchait pas.
Réflexion : Est-ce que cette association ne se restreignait qu’à des actions caritatives ?
 Mme Benbia : Bien sur que non, en dehors de ces actions, on était lié par la lutte pour la libération nationale et l’on travaillait dans le secret et je militais comme plusieurs autres femmes, mais notre rôle à nous était d’aider par le biais des associations qui étaient autant de refuges et de couvertures pour les nationalistes. Les obstacles socioculturels étaient ancrés dans les mentalités et les comportements individuels. L’analphabétisme était  le premier facteur entravant l’émancipation des femmes et furent les premières victimes de la barbarie coloniale  et étaient obligées de jouer à la fois plusieurs rôles. Lorsqu’elle a une activité professionnelle en dehors de son foyer, elle doit toujours néanmoins subir le poids des tâches domestiques et ont du  se substituer aux hommes pour subvenir aux besoins de la famille mais elles n’arrivent pas à jouir du fruit de leur travail car elles tardent à acquérir un statut véritable sur le plan juridique dans certains pays autre que le notre. On sait que la Révolution algérienne, a donné lieu à une grande richesse d’images illustrant toutes les situations sous des angles différents et c’est dommage pour certaines qui ont choisi l’anonymat, que se soit par conviction ou par choix. Pour ma part, mon action en tant que femme mon rôle se bornait au social parce que c’était ma mission et elle était importante à cette époque, car on y retrouve en effet les femmes dans un prolongement de leur fonction naturelle de ménagère, nourricière mais très important pour les hommes, dont la mission était plus spécifique. Mais qui dit rôle naturel dit aussi danger de la transgression de ce rôle naturel, qui pouvait être dangereux. finalement, cette période historique verra se développer le nationalisme sous toutes ses facettes, dans le récit historique féminin, tel qu’il est transmis,  et c’est ce qui fera que des femmes en tant qu’épouses mères ou filles participeront à la lutte  de libération de différentes manières. Parallèlement à ça, il ne faut pas aussi oublier la femme rurale, qui a été un élément opérationnel dans la rupture du blocus dans lequel l'armée coloniale voulait enfermer les moudjahidine. Sa contribution fut très importante à travers les tâches qu'elle accomplissait pour les besoins de la Révolution, parmi celles-ci il y avait les militantes militaires qui étaient des femmes rattachées à l'Armée de Libération Nationale. Celle-ci a aussi connu les prisons que ce fut en Algérie ou à l'extérieur, Il convient de noter que le nombre d'algériennes qui étaient détenues par les autorités coloniales avait  atteint des proportions importantes. Pendant le cessez le feu, j’ai ouvert un hôpital dans une mosquée à Tijditt pour les malades et les nombreuses victimes de l’OAS que l’on nous ramenait.
Réflexion : Que pouvez-vous nous dire encore sur vous et sur cette journée de la femme ?
Mme Benbia : Avant de conclure je vous rappelle seulement, que je fus désignée, après l’indépendance pour représenter la femme algérienne au niveau africain et fit 2 missions au Mali et au Congo ou je fus reçu par les deux président de ces pays. , Je fus membre fondatrice de l’UNFA  de Mostaganem, du croissant rouge algérien avec laredj Benrialty , et la première femme élue de l’APW, je fus aussi nommée membre du conseil d’Administration de l’hôpital Che Guevarra. J’ai aussi côtoyé de  nombreuses personnalités nationales et internationales et nous avons honoré notre part de contribution que se soit du côté de la femme ou de notre pays, aujourd’hui que je suis en retraite je n’ai aucun regret du fait que j’ai rempli ma mission avec de grandes femmes mostaganémoises dont Mme Fellouh qui a été l’une des compagnes de route durant des années. Ce que je souhaite c’est que notre pays se développe et donne à la femme la place qui lui revient de droit car elle a été chaque fois à l’avant-garde de toutes les actions et c’est ce que la femme algérienne est exceptionnelle. Je vous remercie et souhaite à toutes les femmes en cette journée de réussir dans ce qu’elles entreprendront au côté de l’homme algérien, pour l’avenir du pays, Vive l’Algérie.

Benyahia Aek
Jeudi 8 Mars 2012 - 14:08
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MOSTAGANEM
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