REFLEXION

« Le fils de Aïchata », voyage aux confins de la souffrance d’une femme abandonnée

PREMIER ROMAN DE BENZAZA LILA

Madame BENZAZA MAÂTA Lila, s’est récemment rendue au siège de la Rédaction du journal « Réflexion », afin de présenter son premier roman publié aux éditions Anwar El Maârifa, en 2013 à Mostaganem, intitulé « Le fils de Aïchata ». Les 176 pages de ce roman, se lisent d’une seule traite, tant l’histoire est profondément passionnante, et captivante à la fois.



BENZAZA MAÂTA Lila épouse de feu BENZAZA Hadj Ben Abdallah, est la sœur du martyr chahid MAÂTA Mohammed El Habib. Son défunt époux ,le premier directeur général de l’Institut Technique d’Agriculture de Mostaganem dans les années 1970. Lors de l’entretien elle nous confia son amour pour l’écriture littéraire, depuis sa tendre jeunesse, encouragée par son amie,  la poétesse française Danielle de Bruin, membre de l’Association « Écrivain du Tarn et Garonne ». Ce roman, son premier à être édité en langue française en Algérie, retrace l’histoire d’une femme abandonnée à la naissance qui vivait dans un terrier en dehors des sentiers battus, subsistant de la charité de quelques villageois qui lui offrirent des vêtements chauds et des paires de bottes. Plus loin, la narratrice révèle l’origine de son prénom, en racontant que ses grands-parents venaient du sud d’un pays d’Afrique (l’Algérie dans ce cas, Ndlr). Dans la page 47, la narratrice explique que « Nos ancêtres vivaient dans un grand pays couvert  de forêts vierges où vivaient multitudes de bêtes sauvages. Un pays d’Afrique où les prénoms des filles se terminent par ‘ta’ ». S’adressant à sa petite fille en souriant son fils lui dit : « Comme Aïchata ! ». « Le fils de Aïchata » est un récit poignant de la condition de la femme à l’époque coloniale. Précisons tout de même, que le personnage d’Aïchata  est bien réel, mais son histoire demeure romancée et fictive. Le drame d’Aïchata est semblable à celui de milliers d’autres femmes algériennes qui vécurent sous le joug de l’époque de la colonisation. La romancière BENZAZA Lila fait remarquer que ce personnage féminin était maltraité par son père sans scrupule, durant son adolescence. Elle a été finalement récupérée par une famille qui consentit énormément d’efforts afin de lui rendre sa dignité de personne adulte."Le fils de Aîchata" est un roman tournant autour du personnage principal d’"Aichata" prénom à consonance Africaine, c'est le prénom d'une petite orpheline bien de chez nous. Cette consonance perpétuée de mère en fille, tels que d'autres prénoms avec la même terminaison dont les racines se trouvent en Afrique, étaient donnés contre l'oubli de l'appartenance de cette race noire arrivée aux temps lointains dans notre pays, volontairement, ou par la force. La petite fille grandit sans mère, elle souffrit le martyr avec sa tante maternelle qui remplaça sa mère. Elle fut mariée très jeune à un homme de passage, plus âgé que son père et que nul ne connaissait. Elle vécut l'esclavage chez cet homme impitoyable où la misère régnait en maitre. Elle eut un fils  après de nombreuses fausses couches, qui lui fut enlevé traitreusement par le père, un jour où elle fut mise dans un car qui l'abandonna dans un village qu'elle ne connaissait pas, ne savait même pas son propre nom, que son prénom, celui de son fils et de son mari. Elle vécut là attendant l'improbable retour du monstre qui lui prit son fils. Elle toucha les abysses  de la folie, se réfugiant inconsciemment dans l’aliénation pour oublier son grand malheur. Après des décennies d'errance, vivant le calvaire et repoussant les lueurs de lucidité par peur d'un mal inconnu d'elle et pourtant bien enfoui dans son moi intérieur, Aichata âgée d'une cinquantaine d'années fut recueillie par un vieux couple ‘’Si-Ali et Khadidja’’ vivant au village. Au file du temps, elle réapprit avec difficulté tous les gestes de la vie quotidienne, elle fit des efforts surhumains pour retrouver la mémoire et par là même son malheur. Cette famille généreuse l'aida à retrouver une vie normale et à entreprendre la recherche de ce fils prodige. Le style fluide d’écriture aide grandement à faciliter sa lecture. Employant un registre de langue soutenu, riche en adjectifs  illustrant très bien chaque scène ou description du récit. Employant une syntaxe claire et correcte, l’auteure use de tournures lexicales ainsi que des expressions adéquates au thème du livre. Il est à noter un usage particulier de mots recherchés peu communs dans la littérature maghrébine d’expression française, à titre d’exemple Ce premier roman de Madame BENZAZA Lila, "Le fils de Aichata" a été publié quelques mois avant le SILA d'Alger et a été présenté au stand des Editions "Anwar el Maârifa" à Alger à l'occasion du SILA ce 18 septembre 2013 où il a été bien vendu. Il a été choisi à Alger pour être présenté à l'occasion de la 20ème Édition sur la littérature du grand Maghreb à l’Hôtel de Ville de Paris (France) les 8 et 9 février 2014 (Il est en vente dans une grande librairie à Alger). Le roman « Le fils de Aïchata » a également fait une apparition remarquable au Salon International de l’édition et du livre de Casablanca (Royaume du Maroc), du 13 au 23 février 2014; ensuite il a été présenté également choisi au Salon Maghrébin du Livre. Il est disponible dans les librairies algériennes, au prix de vente de 600 DA. " Après bien des péripéties, des joies et des déceptions, Aichata retrouvera-telle son fils ? Vivant ou mort, ou est-ce lui qui la retrouvera [finalement] ?" Réponse à découvrir dans le roman « Le fils de Aïchata ».

A.S. Mohsen
Lundi 24 Février 2014 - 10:16
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CULTURE
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