REFLEXION

La maitrise foncière, véritable support de la maitrise urbanistique

‘’ Aujourd’hui, soit depuis plus d’une cinquantaine d’années d’indépendance, le Pays se trouve encore désorienté. Ayant opté pour un modèle de croissance, à la fois volontariste et exogène, il se trouve battu de plein fouet, secoué par différentes formes de contestations et de protestations.’’



Les aspirations et idéologies pluralistes, ne sont que des éléments de connaissances et de réflexions, sur les permanences et les mutations de la société Algérienne, saisies à travers l’espace. N’est-il pas passionnant comment une société construit et gère son espace ? D’autant plus que l’espace urbain est le support sur lequel s’est déroulée et s’inscrit l’histoire de la société. L’espace est aussi une création continue, un champ d’application sur lequel s’exercent les visées des collectivités locales et la planification de l’Etat,  est en prise de développement,  dans la mesure où la société se construit en construisant son espace, et se remodèle sur elle-même. C’est ainsi qu’on peut schématiser l’évolution des derniers siècles, par la succession de trois organisations sociétales différentes à savoir : précoloniales, coloniales,  et actuelles. Puisqu’une société construit son espace,  chacune des trois sociétés qui se sont succédé en notre Pays,  a bâti sur elle-même le même support physique un espace à sa propre image, différent du précédent.
IL est rare qu’en l’espace de deux ou trois siècles même, l’histoire fasse ainsi succéder le même cadre physique des espaces aussi différents, avec des ruptures aussi brutales. L’espace actuel n’est-il pas le reflet intégral de notre société actuelle ? Tantôt par juxtaposition, tantôt par superposition, il conserve des éléments des espaces précoloniaux et coloniaux. Ces lambeaux spacieux et sociétaux, qu’ils soient discrets ou aveuglants, sont importants, car ils sont autant de témoins du passé, des pratiques sociales, de l’organisation de communautés, qui nous permet de connaitre et de comprendre ces sociétés. Par ailleurs, ils nous importent plus encore par les valeurs qu’à travers ses structures qui ont perduré jusqu'à nos jours. Ainsi dans l’écheveau Algérien, il faudrait continuellement croiser les fils de l’espace et du temps. Dans ce contexte, les problèmes d’aménagement du territoire et du choix de la société, impliquent une sérieuse prise en charge et des études conformes et appropriées.
La société d’après indépendance éprise de modernité, a bâti un développement économique rapide et massif, ce qui a bouleversé fortement notre espace, ce qui implique qu’aujourd’hui à la suite de ses bouleversements, notre société semble avoir perdu ses repères et continue de connaitre le nivellement par le bas. De nos jours les liens fondamentaux et essentiels,  tissés entre la société traditionnelle et son espace, fondés sur sa solidité,  ses us et ses coutumes, semblent disparaitre. Doit-on parler de destruction,  de dévalorisation, de désagrégation de la société ? Quoiqu’il en soit la société ne cesse de s’accrocher à quelques rocs avec énergie, mais est-il que nous sommes encore entre l’âge colonial et l’âge national.
L’implantation des populations montagneuses,  les pratiques agro-pastorales, la solidarité et l’intérêt de la collectivité tendent à disparaitre, et perdre de leur propre logique. Agraire dans ses fondements, paysanne durant la révolution,  l’Algérie d’aujourd’hui se veut résolument urbaine. La ville est devenue le lieu de la modernité, et les espaces deviennent de plus en plus urbanisés. Cette urbanisation est la conjonction de deux phénomènes : l’exode rural et la démographie, si le premier continue de se manifester, le second est maitrisé en raison des conditions socioprofessionnelles : elle a pris de vitesse les aménagements, les voieries et autres réseaux qui accusent de grands retards. Cette exploitation des tissus urbains s’est révélée préjudiciables au bon fonctionnement des agglomérations,  comme au respect des terres agricoles. Les extensions se font généralement aux dépens des meilleures terres agricoles, alors que la maitrise foncière doit-être le support de la maitrise urbanistique.
  IL faut reconnaitre que l’arsenal juridique a du mal à s’imposer au développement désordonné des villes. Les décisions imprévues émanant des Ministères concernés, font que les plans et autres études en voie d’achèvement se trouvent déjà dépassés. N’est-il pas aberrant qu’à ce jour on continue de réaliser des programmes d’habitat sur des sites vierges ? Dépourvus de toutes commodités,  ce qui fait que l’urbanisation est beaucoup plus démographique qu’économique. Quoiqu’il en soit, l’urbanisation ne cesse de connaitre une aventure, à la suite d’un mouvement spontané de la population, un phénomène d’une ampleur et rapidité spectaculaires. L’explosion urbaine n’est que le fait de la destruction rurale, alors que l’habitat et l’urbanisme ont une forte logique socio- spatiale.

 

Si Afif Hadj Abderrahmane
Mercredi 10 Février 2016 - 19:01
Lu 223 fois
ACTUALITÉ
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 11-12-2016.pdf
3.63 Mo - 10/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+