REFLEXION

La Grande Bretagne : Bye, bye l’Europe !! ‘’Who’s next ?’’

La Grande Bretagne a finalement choisi de quitter l’Europe ce jeudi 23 juin 2016, date qui restera gravée dans l’histoire européenne. Le Brexit (British exit), terme qui communément désigne l’éventualité de la sortie du Royaume Uni de la communauté européenne, a eu lieu avec 51.9% pour le « leave », le bloc favorable á la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne et 48.1% pour le « remain », le camp des pro-européens. Ainsi le Royaume-Uni a choisi de mettre fin á un mariage qui a duré quarante trois années.



Ce divorce inattendu a provoqué la panique dans les milieux financiers et politiques. Ce vendredi matin, les bourses européennes se sont effondrées, la livre sterling a perdu des plumes pour être au plus bas de sa valeur depuis 1985, et le prix du pétrole a dégringolé sous les 50 dollars. Quant aux hommes politiques européens, ils se sont réveillés avec une gueule de bois  inhabituelle. Le président français, François Hollande, a déclaré ce vendredi matin que « le vote des Britanniques met gravement l’Europe á l’épreuve”, la chancelière allemande, Angela Merkel, a parlé d’un « coup porté á l’Europe » et David Cameron, le premier ministre britannique et l’initiateur du référendum, a annoncé sa démission d’ici le mois d’octobre. Quelles sont les causes et les conséquences de ce divorce ?
Les Causes
Avant de parler des conséquences, il est utile de mentionner les raisons qui ont abouti à ce référendum. Ce vote est un avertissement á l’Europe, car il est le reflet des sentiments partagés par la population européenne sur les institutions de Bruxelles. L’erreur est d’avoir accepté un nombre important de pays du bloc de l’est sur une durée courte sans donner trop d’importance à leur économie respective de type socialo-communiste. La stratégie du bloc de l’ouest consistait à isoler et affaiblir la Russie, l’ennemi historique de l’OTAN.  Ainsi le volet économique a été complètement négligé, ce qui avait créé un déséquilibre économique entre les  pays de l’ouest, riches, et les pays de l’est, pauvres. Ce bloc des 28 pays, ayant 24 langues différentes, devient une usine á gaz complexe et difficile á gérer tant les économies de ses membres restent non homogènes avec un standard de vie inadéquat. Ceci avait généré inévitablement une immigration intra-européenne très forte de la population des pays pauvres vers les pays riches. La Grande Bretagne en a subi les conséquences.  Il faut ajouter á cela la centralisation du pouvoir de décisions à Bruxelles qui ne laisse aucune marge de manœuvre aux pays membres de jouir pleinement de leur souveraineté.  Ceci a exacerbé les sentiments des populations et les partis nationalistes ont repris du poil de la bête pour s’imposer comme force politique avec laquelle il faut compter. Le Front National (FN) en France devient populaire plus que jamais, l’UK Indépendance Party (UKIP), le parti de l’extrême droite anglaise devient une voix qui prône la séparation avec l’Europe et le renforcement du nationalisme britannique.  Les autres partis d’extrême droite, au Danemark, au Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche, pour ne citer que cela, ont mené une campagne féroce pour la fermeture de leurs frontières dans la crise des réfugiés. Tout ce capharnaüm politique et économique a affaibli l’Europe en l’empêchant  de fonctionner comme une seule entité homogène et acceptée par ses habitants.
Les conséquences sur la Grande
Bretagne

Ce référendum  a divisé les britanniques entre d’une part l’Ecosse et l’Irlande du nord qui ont voté pour le maintien et d’autre part le centre et le sud qui ont choisi la sortie.  Cette bipolarisation aura sans doute des conséquences graves sur la cohésion de la Grande Bretagne. Le morcellement du pays se pointe á l’horizon. Ainsi l’Ecosse qui a voté massivement pour le « in », renforce son désir de rester au sein de l’Union européenne. De ce fait, l’Ecosse souhaiterait organiser un référendum pour se séparer de la Grande Bretagne. La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a déclaré que  « la possibilité d’un second référendum est sur la table » car l’Ecosse voit « son avenir au sein de l’Union européenne ». Par ailleurs, l’Irlande du nord va certainement lorgner  vers Dublin pour une possible réunification de l’Irlande.  Si ces hypothèses se concrétisaient, les anglais perdraient inévitablement leur influence en Europe et dans le monde.  Sur le plan financier, la bourse de Londres, perdrait sa première place financière en Europe au profit de Frankfurt ou peut être Paris. Son prestige dans le monde perdrait son aura car beaucoup de compagnies songeraient à quitter la Cité. Les échanges commerciaux avec les pays de l’union deviendraient ainsi plus problématiques. En revanche, il n y a pas que du négatif  dans ce divorce, il y a aussi du positif que les pro-Brexit mettent en avant. Ainsi la Grande Bretagne devient plus libre à gérer son économie sans passer par Bruxelles. Elle aura aussi les mains libres pour contrôler l’immigration intra-européenne, le vrai nœud du problème. Ses liens avec les pays du Commonwealth deviendraient plus étroits, ce qui constituerait un bloc de pays fortement solide pour rivaliser avec l’Union européenne et ainsi obligerait les pays de l’union à négocier des concessions plus avantageuses pour l’Angleterre qu’elle n’aurait jamais eues en étant « in ». Ses liens historiques et culturels avec les Etats-Unis et le Canada se renforceraient  pour créer un espace économique anglo-américain qui compenserait  les pertes engendrées par le Brexit.
Les conséquences sur l’Union
européenne.

Par cette séparation, l’Union européenne sort plus faible que jamais. Le spectre du nationalisme se retrouve renforcé et l’effet du domino n’est pas évitable.  Beaucoup de pays de l’Union dont le sentiment anti-européen est fort, se voient obliger d’imiter la Grande Bretagne pour l’organisation d’un référendum pour un éventuel « Exit ». Je pense notamment au « Danexit » pour le Danemark, le « Nethexit » pour la Hollande, le « Honexit » pour la Hongrie et surtout le « Franexit » pour la France. Et cela, dans un avenir très proche. Ajouter á cela, la crédibilité de l’Europe  dans le monde se retrouverait sérieusement altérée.  Pour garder sa cohésion économique et politique, l’Europe n’a pas d’autres choix que de mettre tout sur la table pour entamer une reforme en profondeur de ses institutions.  Allégement de l’intervention de Bruxelles, l’octroiement de plus de pouvoir quant à la gestion de la circulation des biens et des personnes ainsi que la décentralisation des décisions seront parmi les points essentiels qui seront débattus dans l’avenir pour la survie de l’Union Européenne. Autrement, ce Brexit anglais aura sans doute marqué le début de la fin de l’Europe telle que nous la percevons actuellement.      

 

Mohammed Ziani Bey
Samedi 25 Juin 2016 - 16:12
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ACTUALITÉ
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