REFLEXION

LOURDES CONSEQUENCES DU MAUVAIS CLIMAT : La « plasticulture », cible de choix des orages

La culture sous serre vient d’être la proie des rafales de vents de ces premiers jours du mois de Février, connu par ses violents ouragans. La commune de Sirat où cette technique agricole est fort dominante, a été le théâtre de la destruction de quelques 320 serres. Les films-plastiques ont été totalement déchiquetés et des tonnes de cultures maraîchères vouées à la mort lente mais certaine..!



La "plasticulture" reste un moyen révolutionnaire de produire le long de l'année, des légumes et des fruits à moindre frais, par la création d'un micro-climat artificiel, favorable au développement de ces derniers. Cette technique permet de produire également en quantité, en qualité et en un laps de temps si court, mais malheureusement, cette dernière reste soumise aux caprices climatiques externes. En l’absence des précautions de lutte  contre les déchaînements violents qui se sont déclarés ces derniers jours, la "plasticulture de chez nous" vient de payer de lourds frais, au cours du passage violent des vents ayant occasionné tant de dégâts à travers les communes à vocation agricole de la wilaya. Sirat semble être la plus ciblée, c'est l'une  des plus vastes communes de la wilaya  avec 19 douars. Elle est  distante d'une trentaine de kilomètres de la wilaya, et demeure à forte vocation agricole dominée par le recours massif à la culture sous serres pour la production du maraîchage. Elle vient  de subir de larges pertes en serres destinées à cette  culture. Quelques 320 chapelles agricoles  ont été détruites par les fortes et violentes rafales de vents de ces jours-ci. Les fellahs de la commune n'en reviennent pas de voir un tel massacre  s'abattre sur leurs cultures. El Adjel, un agriculteur depuis une vingtaine d'années, spécialisé en cultures sous serres depuis son avènement et propriétaire d'une quarantaine  de serres, ne veut plus croire à ce cauchemar qui l'a frappé de plein fouet. Une trentaine de ces "enclos" ont été totalement déchiquetés, les films-plastiques qui protégeaient ses tomates et ses poivrons se sont envolés de lambeaux en lambeaux. Les serres sont presque nues et le micro-climat ainsi créé est rompu depuis des heures. Le fellah n'attendait que le retour des jours chauds pour cueillir sa première récolte et inonder le marché de gros des légumes et des fruits de la ville. Malheureusement, ses légumes ne seront plus bonnes, elles viennent de flétrir au  bout de quelques heures, elles seront totalement "brûlées" dans les minutes qui suivent. L'effet de serre assuré en permanence vient de se rompre, les légumes sont vouées donc à une mort lente mais certaine. L'irrigation n'a pu les sauver, et la tentative de les protéger avec de nouveaux films-plastiques n'a pu être bénéfique. Interrogé, M.D.B.A, un ingénieur agronome, spécialisé en production végétale se désole d'une telle catastrophe qui pouvait  être évitée  si les fellahs  prenaient en considération les conseils prodigués  par les techniciens de la direction de l'agriculture. Selon ses déclarations, la culture sous serres nécessite la prise de mesures de protection des serres par l’élévation d'une ceinture de brise-vents à hauteur égale et également la présence d'ouvriers  lors du passage des ouragans, prêts à intervenir  pour mieux consolider les films-plastiques et procéder à l'ouverture d'entrées pour faciliter le passage des airs à travers les serres. Alors que la majorité des fellahs pensent que ces mesures d'accompagnement ne sont que des pertes d'argent. Du côté des assurances, le chef d'une agence, M.K.B est plus que clair; les agriculteurs ne souscrivent presque pas des assurances sur les cultures contre catastrophes naturelles, ils s'en passent éperdument. Il m'affirme que parmi les 1600 clients de la boite, un seul aviculteur  a souscrit une assurance  de ses poulaillers contre les incendies depuis le début de l'année, il me confirme également que l'assurance des biens ne semble point être une priorité chez nous, il conclut que la notion d'assurance est toute une culture que la société algérienne  n'a pu encore s'en imprégner. Donc, nos malheureux fellahs s'en mordront les doigts, en s'assumant et en payant les frais d'une lourde facture  si salée, mais ils devront apprendre la leçon, ils viennent d'en être prévenus. Un fellah avertit  vaut bien deux...!

L. Ammar
Mercredi 13 Février 2013 - 09:44
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MOSTAGANEM
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