REFLEXION

L’ALGERIE DIT OUI AU GAZ DE SCHISTE : L’Etat doit investir 300 milliards de dollars

"Un projet incontournable". C’est en ces termes que le ministre de l’Energie Youcef Yousfi a défini l’exploitation à venir du gaz de schiste. La société publique Sonatrach, qui gère l’exploitation et l’exportation des imposantes ressources énergétiques du pays, a estimé les réserves algériennes à 700 trillions de mètres cubes, ce qui en ferait le troisième gisement mondial.



L’ALGERIE DIT OUI AU GAZ DE SCHISTE : L’Etat doit investir 300 milliards de dollars
L'Algérie, qui a  réaffirmé son désir de développer ses réserves de gaz de schiste, devra, pour ce faire, mobiliser des moyens exceptionnels sur une longue durée, selon une analyse de l'Agence nationale pour la valorisation des ressources. Forer des milliers de puits sur cinquante ans en Algérie. Pour atteindre la production de 60 milliards de mètres cube de gaz de schiste par an, l'Algérie devrait forer près de 12 000 puits dans les 50 prochaines années, a déclaré le président du directoire d'Alfnat.  Un projet de grande envergure qui devrait mobiliser des sommes gigantesques. Près de 300 milliards de dollars seraient nécessaires pour accomplir ces opérations, dont 200 milliards seulement pour le forage des puits. Ce coût s'explique par la nécessité de mobiliser des moyens logistiques sans précédents, notamment au niveau du nombre d'appareils de forage et de la qualité de la technologie nécessaire pour mener à bien le projet d'exploitation du schiste dans le pays. Les circonstances de l’évaluation restent occultes, et Sonatrach, qui souffre d’une légitimité fragilisée depuis les scandales de corruption dont les enquêtes  sont toujours en cours, a grand intérêt à faire valoir des progrès notables. Les chiffres avancés sont cependant plausibles: "Ils rejoignent les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE)", a ainsi précisé le vice-président du groupe Said Sahnoun. Selon les calculs de l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), le projet devrait mobiliser 300 milliards de dollars sur 50 ans. Par ailleurs , l’Etat algérien  se prépare à la   mise en exécution  du projet , pour ce faire , le pays a  envoyé dix-huit cadres aux États-Unis pour y suivre une formation en la matière. Une deuxième vague de cadres devrait entamer une formation dans ce même pays en février 2014.  D’après les premières évaluations des réserves algériennes de gaz de schiste récupérable datant de 2011, elles étaient estimées à 6 440 milliards de m3. Récemment, en printemps 2013, le département américain de l’Énergie a ramené les chiffres à  19 800 milliards

L’avancée progressive des grandes puissances vers l’autonomie énergétique bouleverse la géopolitique énergétique mondiale
Nouvelle ressource en vogue, le gaz de schiste bouscule l’ordre établi. Les gisements mondiaux, estimés à plus de 200 billions de mètres cubes et dont la Chine, l’Argentine, l’Algérie et les Etats-Unis sont les plus gros détenteurs, ont été nettement valorisés depuis l’augmentation du prix du pétrole au début des années 2000. L’exploitation du gaz de schiste a ainsi permis aux Etats-Unis de redevenir exportateur net de gaz naturel. Importateur de 22% de ses besoins en gaz, Pékin a lancé une gigantesque campagne en faveur du "shale gas", encouragée par des Américains prêts à partager leurs technologies en échange d'une part de marché. L’avancée progressive des deux grandes puissances vers l’autonomie énergétique chamboule la géopolitique énergétique mondiale. Schéma de l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique. Le miracle schistien demeure cependant sujet à controverse. Des experts dénoncent les défauts de la principale technologie d’extraction, dite par fracturation hydraulique. Cette méthode, consistant à fracturer la "roche mère" qui abrite le gaz, serait à la fois nocive pour l’environnement (émission de gaz à effet de serre, recours à des produits cancérigènes) et économiquement improductives (coût élevé de l’installation sachant que les gisements ont une faible durabilité). La France, dont les sous-sols abriteraient le deuxième gisement européen derrière la Pologne, a par conséquent interdit cette technique d’extraction en 2011, laissant toutefois la porte ouverte à d’autres innovations en la matière. Mais la plupart des pays ont accueilli la nouvelle aubaine à bras ouverts. Entre des études encore incertaines et des lobbys industriels comme environnementaux qui y voient un enjeu majeur, l’arbitrage n’est, à l’instar du débat autour du réchauffement climatique, pas prêt d’être rendu.

Riad
Vendredi 20 Septembre 2013 - 22:00
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