REFLEXION

État et Marché : Vers quelle équation possible?



La question politique demeure, en effet, celle de l'État, tandis que l'opération économique s'émancipe par le marché. La première est liée à l'administration publique, aux partis politiques et à la société civile. La seconde est basée sur des principes liés au travail, au crédit et à l'investissement. Le lien entre eux s'avère fondamental sans lequel il ne pourrait y avoir aucune démarche à suivre. De là s'inscrit l'option de l'homogénéité entre deux volets majeurs, alors qu’ils sont contradictoires dans la société capitaliste. Ils sont le fruit de chaque société  quelle soit forte ou faible. Par conséquent, ce lien est significativement essentiel dans la mesure où il est à la fois homogène et conflictuel. Il est homogène quand il assure le maintien des prix, le pouvoir d'achat et le crédit auprès des banques, et aux PME - PMI, il est conflictuel quand l'État se mêle pour organiser les affaires du marché, notamment quand celui-ci perd la confiance en l'État en dérapant plus pour tomber en fin de compte dans la crise. La crise économique pour qu'elle soit réglementée, il faut qu'elle soit vue non pas en termes financiers, mais du système entier. Le capitalisme international moderne en arrivant à un certain degré de prospérité, ne lui échappe pas d'entamer le cycle de l'inflation qui l'attend automatiquement en vue de se renouveler au fur et à mesure, sinon il produit la pagaille totale et généralisée.           
La richesse économique est derrière cette flambée des prix ; source d'enrichissement des capitaux face à la force du travail engagée. Il faut intégrer d'autres équilibrages d'ordre réglementaire et technique à la nouvelle phase de l'économie politique. Elle s'est développée mais en dehors des mécanismes nouvellement adaptables à la répartition des richesses, à la formation des prix, à la monnaie, aux  banques d'émission, à l'équilibre de production et à la surmontée des crises : plus on investit, plus on réalise des intérêts juteux. Cette donne ne reste pas en dehors des contradictions structurelles. Le capitalisme ne lui échappe donc pas d'épargner de cette métamorphose alors qu'il puisse être le seul sur le terrain sans concurrent potentiel et légal. C'est ce qui provoque un certain déséquilibre entre État et marché : le premier est cultivé par le politique, tandis que le second est produit par l'économique. Plus les puissances économiques avancent, plus il y a la faiblesse quelque part. C'est ce qui se traduit par le désordre, les licenciements et les délocalisations. Manque de moyens techniques ou absence d'éthique? Le schéma économique semble incertain pour dépasser la crise qui lui est inhérente. Porter des projets quelles que soient leurs tailles aujourd'hui, c'est accepter d'être endetté. L'endettement se gère par des intérêts aussi. La modernité se paie à travers ces projets aussi bien productifs qu'endettés ou au bord de la faillite pour faire face aux besoins de chaque société. Créer la richesse, c'est réaliser la valeur ajoutée entre l'émetteur et le récepteur.               
Il est certain d'évoquer le passage du politique à l'économique. Car rien ne prouve qu'un tel passage soit assuré en l'absence de l'équilibre existant. Souvent, le déséquilibre se nourrit par chaque société qui en fait les frais, sinon responsable de cette donne. L'histoire économique libère les idées politiques de l'idéologie si elle n'est pas porteuse d'idéologie en elle-même dans un État donné, sans que le politique entre en désaccord  avec l'économique : la politique devient par conséquent un guide lumineux pour sauver l'avancement de la société qui est la sienne. Chaque société est partie prenante dans l'équation afin de libérer de ce qui lui bloque dans son intérieur. Elle est la base fondamentale sur laquelle se joue son avenir dont tous les acteurs qui lui appartiennent lui rendre services de retour. Arriver à décrypter cette équation mathématicienne, c'est assurer le lien entre la base et ses ailes face à une telle destination. Pour que l'économie démarre en visant la croissance sur des piliers sûrs, il faut qu'on arrive à créer de l'emploi ; signe de la crise, source de la santé publique et l'emprise de l'économisme de chaque société. Lutter contre le sous-emploi et le chômage, c'est maintenir un certain cap de la vie économique de chaque pays. Le politique n'est en fait que l'ordre établi autour des valeurs et des visions: l'ordre. De là s'inscrit en effet la distinction entre un État fort d'un État faible. Qu'il s'agisse du développement pour le premier (marché) et le sous-développement
(État) du second. La stratégie est donc le résultat  de cet équilibrage des ambitions, des sensibilités et des désirs. Libérer l'économie c'est décomplexer l'homme politique du jeu social afin d'arriver à mettre cette équation en perspective. L'expérience politique ne fait que durcir les positions avancées de chaque État par rapport à ce qu'il compte faire en fonction de ce que peut lui avancer la société. La crise sociale est un mélange de tous les acteurs et activités dont l'État semble alourdi par des charges, des détournements et des accusations. Le monde entame une nouvelle et dangereuse phase. Non seulement par rapport à ce qui est vécu mais plutôt de ses retombées face à l'avenir. La technique semble avoir atteint sa limite. Renouveler la conscience c'est remodeler la pédagogie de l'école et établir une stratégie de l'entreprise. La première vise la diffusion de l'éducation, de la science et de la discipline, tandis que la seconde s'oriente vers la richesse, les ressources et la gestion. Autrement dit tout ce que fabrique l'école sera mis à l'épreuve dans l'entreprise. Cela constitue une équation très significative dans le changement social. Ceci dit qu'il ne peut être réalisé qu'en présence de certaines conditions majeures tels que les approches scientifiques, les moyens techniques et les idéaux moraux. Le marché ne peut être assuré que par des institutions économiques et financières aptes à s'engager en vue de bâtir une vie réellement économique. Le nationalisme économique a son mot à dire. Celui-ci atteint son stade après avoir dépassé celui de l'idéologique et du politique à la fois. Cette phase est connue sous le nom de la technologie nouvelle.  
Tant que l'État, qu'elle que soit l'idée qu'on puisse avoir en tête sur lui au niveau de la conception, il est fondamentalement opportun à chacun et vers toute société de réaliser l'équilibre entre les régions, les populations et les richesses. En créant la richesse, c'est savoir la gérer sans laquelle on pourrait guère maîtriser le lien entre la nature, les choses et le monde. L'égalité sociale est  une philosophie politique de l'État pour assurer l'équilibre entre riches et pauvres. De là s'inscrit en effet le pacte social au nom duquel se traduit et s'introduit chaque activité sociale d'une société donnée. La tâche primordiale de chaque État demeure la finalité de son acte premier. Le lien entre eux est complémentaire avant qu'il soit conflictuel. Le marché vient pacifier cette phase autour des intérêts, des bénéfices et des plaisirs. Le marché devient par conséquent en deuxième position après celle de l'État sinon son opposé par excellence. Il faut que le marché soit, suite à l'économie de marché,  la technologie nouvelle et la mondialisation planétaire, non pas son remplaçant premier, bien au contraire un acteur majeur en terme des opérations économiques. D'où l'équilibre structurel semble assurant en terme de stratégie globale notamment en période de transition du changement social. La sociologie de développement est une structuration culturelle et une construction politique du citoyen sur laquelle repose l'ouverture économique dont elle est le produit des sciences et des arts.
La dynamique historique est derrière cette illustration majeure qui nourrit toute configuration  architecturale liée à chaque société. Celle-ci est le résultat d'acteurs et d'actions multiples et variés aussi bien endogènes qu'exogènes. Le marché aide l'État à ne pas s'isoler ou de se retrouver en désaccord avec lui notamment quand il est lié aux règles locales en terme de production  nationale.  Celle-ci forge tant de conceptions du traitement des affaires communes en liaison avec les capacités, les moyens et les techniques dotant chaque société. C'est ce qui assure par le biais du marché les caisses de l'État, les finances publiques à travers le budget. Quant aux impôts, ils financent ce que porte l'État comme projets en fonction du slogan suivant : ''No taxation without representation, dit l’Ecossais Adam Smith. Les acteurs sociaux et les partenaires économiques constituent les pièces du puzzle formant le visage de l'État sans lesquels celui-ci aurait des problèmes de communication et de stratégie, alors il est souvent devant de la scène : financier et accusé. La responsabilité de  l'État est celle de la société sans que les uns soient en désaccord avec les autres.  De là se maintient le rôle de l'État face à la gestion de la société à travers chaque gouvernement.  La société civile a son poids à exercer dans l'équilibre des pouvoirs ainsi que leur séparation. Il s'agit de rétablir l'ordre, la rigueur et la discipline d'une part, et l'ouverture, le dialogue et la souplesse, de l'autre. Si on veut qu'il ait véritablement un changement social par rapport aux sacrifices, aux pertes et aux attentes sans tomber à nouveau dans une telle rupture tragique en évitant les calculs changeants dus aux conceptions limitées. Enfin, il faut que toute programmation soit rationnelle et raisonnée si on veut lier la pensée à la conviction sinon la théorie à la pratique sans qu'aucun effort soit perdu d'avance et que toute opération quelle qu'elle soit demeure conséquente au nom de l'État et productive au sein du marché.
Y a t il un conflit entre État et marché dans la conception économique ? Rien ne prouve le contraire sinon l'un complète l'autre dans une société donnée. Tout l'intérêt majeur au nom duquel se battent les deux vers cette dernière est à éviter ce qui est déplorable pour son avenir. C'est cela qui ouvre d’emblée le jeu et le ferme aussitôt. La pensée humaine est en train de se moderniser en fonction de l'homme et sa perception de l'histoire. L'homo economicus s'est développé de façon à ce qu'il est aujourd'hui piégé entre l'intérêt qu'il cherche et la crise qui l'attend. La mondialisation est-elle la limite du libéralisme? Il s'avère que le marché avant qu'il soit réglementé par l'offre et la demande, il est régi d'ores et déjà par une série de règles qui lui sont propres pour arriver enfin à fonctionner à proprement dit comme étant un marché à part entière. Le marché n'est pas que la marchandise qui est en jeu entre le vendeur et l'acheteur. Il est lié plutôt à l'entreprise, l'ouvrier et le patronat. C'est un processus autour du tissu économique que l'entreprise arrive à alimenter le marché.   
Tout cela est basé sur l'innovation et la rénovation à base de l'invention de la chose méconnue jusqu'à maintenant par le consommateur portant les normes reconnues mondialement alors apte à la  consommation. C'est ce qui renvoie en effet à la culture et la culture économique qu'une société puisse avoir pour approuver le sens de la puissance. La puissance économique est liée à l'intelligence économique afin de mettre sa propre fashion comme référence à son existence. La marque reflète le poids d'une entreprise et la culture d'un pays. De là se développe l'idée du marché autour de la marchandise qu'on a pu produire localement afin qu'elle soit vendue à l'étranger. Arriver à ce stade nécessite beaucoup d'effort et d'imagination face à la chose, à la nature et à la culture que l'homme puisse inventer pour s'inscrire dans la durée : révolutionner la conscience c'est assurer le redémarrage. Économiquement,  le marché ne peut être absent ou éloigné du processus face à la production étrangère. La consommation nationale doit être mesurée en fonction de la taille de la population ainsi que la production réalisée. Être une arrière boutique de la production de l'autre pour la consommer en vue de réaliser des intérêts, ne peut être un marché légal au service de la société. Manque de règles du marché ou absence de dynamique liée au legs capitaliste? L'échange constitue aussi un terrain sur lequel reposent les relations économiques. On ne peut pas tout acheter comme on ne peut pas tout vendre. L'essentiel c'est créer au moins l'équilibre entre ces deux opérations. Si l'achat détermine la vente, c'est que celle-ci valide l'achat. Le marché est une institution parmi d'autre sans laquelle l'économie aurait du mal à se positionner. Et son champ reste à cultiver davantage au service de sa société et non au détriment d'elle-même. Les mécanismes du marché s'opèrent par la société qui en est responsable et non les filiales étrangères qui cherchent leurs intérêts premiers. Quant aux exportations et importations, elles ne sont que les signes d'une économie en bonne ou mauvaise santé d'un pays donné.   
L'État est-il concurrencé par le marché? La privatisation a bataillé son record dans le monde développé. Quoi qu'il en soit, l'État mis à part le volet juridique, il est loin de maîtriser le jeu économique, et son personnel lui arrive souvent de bloquer le processus. La modernisation pointue ravage des domaines et services du haut niveau en visant la productivité. Celle-ci demeure le socle de l'action économique. La bureaucratie à laquelle l'État recourt pour régler ses affaires semble moins sûre pour pouvoir aller vers ce qui n'est pas entamé jusqu'à maintenant. Par ailleurs, la spécificité du domaine oblige de ne pas rester en liaison avec le même résultat connu comme tel. De là l'économie capitaliste semble libérer davantage suite à la politique, sinon l'harmonie qui se trouve entre elles. L'État et le marché ne sont qu'une phase parmi d'autres, à savoir la société en question qui serait apte à se développer sans rester à la marge de l'histoire ni entre les mains de ses concurrents étrangers en l'absence d'un ou des produits nationaux sur les marchés mondiaux. La finance mondiale est souvent en course permanente avec l'organisation mondiale du Commerce. Si l'économie mondiale passe par des crises récurrentes, c'est que la politique est loin d'être rationnelle. Enfin, la rationalité en politique c'est raisonner l'économie.                                                     
(*) Enseignant et Essayiste, Université Mostaganem

H. Miloud Ameur (*)
Samedi 22 Novembre 2014 - 17:18
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