REFLEXION

Des contes aux comptes !



Décidément, le procès de l’affaire Khalifa n’a fait qu’éclabousser davantage  et mettre à nu la société algérienne. Une société fortement malmenée qui tend d’une année à l’autre à perdre son « Nord », ses valeurs ancestrales et surtout ses nobles caractéristiques d’antan sous le flot  de ces scandales financiers de la corruption et de vols de deniers publics qui la secouent le long de l’année, sapent énormément l’économie nationale et ont fini  par devenir des sujets  d’actualité qui se racontent en soirée, autour de la table familiale, aux cafés publics et même aux bains maures. Autrefois, les nuits de nos aïeux étaient bercées par un riche répertoire de contes populaires d'une extrême richesse, d’origine berbère, phénicienne et arabe, qui pendant des siècles se savouraient de génération en génération. À l’indépendance encore,  certains cafetiers s'attachaient les services d'un meddah-conteur pour égayer les soirées et attirer surtout une clientèle férue de contes. Malheureusement, ces contes qui provenaient du cercle familial, où ils étaient également racontés autour de la théière qui bourdonnait sur le «kanoun», par l’un des grands parents, ont fini par disparaître pour céder la place aux comptes de divers genres. Aujourd’hui, nous assistons, ébahis à un déferlement de comptes détournés qui donnent la nausée et le tournis, et s’étalent au grand jour à travers les médias. Désormais, il n’y a plus de jour qui passe sans qu’un bon montant d’un compte d’un organisme public ne migre vers un compte privé et fasse scandale en alimentant les Unes des journaux, et au fil des jours finir par devenir un « conte » qui ne compte plus. D’autres énergumènes, occupant des postes au sein de l’administration publique ou autres établissements ne se gênent point à détourner l’argent public, ils exigent à autrui le versement de sommes bien rondelettes pour tout service rendu. D’autres, disposant de postes-clés, n’hésitent pas à fixer un pourcentage pour tout octroi de marché public et tout « soutien » au recrutement et l’occupation d’un poste d’emploi. Et depuis, fatigué de compter les comptes « amputés »  de tant de zéros ,  l’Algérien a fini par ne plus faire la différence entre les contes d’autrefois et tous ces comptes qui se content encore de bouche à oreille et dont certains se chuchotent et se règlent à la vitesse de la lumière sans trop laisser de traces et se soldent malheureusement par l’arrestation d’un gardien de nuit qui ne semble pas avoir accompli convenablement sa tâche et était trop occupé a regarder la télévision de service !

L. Ammar
Mercredi 20 Mai 2015 - 18:06
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CHRONIQUE
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