REFLEXION

AUTOPSIE D’UNE COMMUNE : Ouled Maallah... Quand le foncier freine le développement !

Située à 55 km du chef-lieu de la wilaya, la commune d’Ouled Maallah s’étend sur une superficie de 78 Km² avec ses 10 000 habitants répartis dans 19 mechtas éparpillées et déshéritées, pour la plupart d’entre elles. Ouled Maallah occupe une mauvaise position en matière d’agriculture, notamment la céréaliculture et les légumes. Les fellahs dans cette contrée sont confrontés à plusieurs contraintes qui, au demeurant, portent un sérieux préjudice à leur production induite par un manque flagrant d’eau. Cela n’a pas empêché les agriculteurs qui n’ont pas d’autres alternatives à redoubler d’efforts et de s’imposer dans ce domaine, en attendant de jours meilleurs.



AUTOPSIE D’UNE COMMUNE : Ouled Maallah... Quand le foncier freine le développement !
La propreté comme signe distinctif
A mesure qu’on avance vers Ouled Maalah en sortant de la localité de Hashasta, des plaines vastes s’offrent à notre vue avec un grand lac artificiel crée avec le barrage du MAO. La route est bitumée entre Hashasta et Ouled Maallah. La région est à vocation agricole. La disponibilité de l’eau aurait du faire que l’agriculture aurait due être plus riche. D’ailleurs Ouled Maallah porte bien son nom puisqu’on peut le traduire comme les fils des gens de DIeu. Justement les deux mots résument les attraits de la localité. Les premiers Maalliens, qui s’y sont installés, ne se sont pas trompés.
Ils y ont trouvé de quoi manger et surtout se défendre. Même durant la Révolution, Ouled Maallah a constitué un rempart contre les occupants et un refuge pour les moudjahidines. Bien sûr, d’autres civilisations et d’autres peuples se sont intéressés à la région qui se distingue également par un emplacement stratégique. C’est dire son importance et la richesse de son histoire qui n’a de pair que sa potentielle diversité économique.
Les arbres, les fermes et les animaux domestiques jalonnent la route, les vendeurs de légumes aussi que ce soit à Ouled Sidi Khaled ou autres qui sont les principales localités de passage.
Autant dire que cette activité ne se conjugue pas seulement au passé. Elle reste la principale source de revenu et l’occupation essentielle des habitants. Notons sur ce plan que la commune ne dispose pas d’un nombre important d’élevages de bétail et surtout de poulets.
Elle est même la moins dotée de la wilaya pour cette activité. Ce qui permet d’employer une partie de la jeunesse qui souffre de chômage.
Néanmoins, une industrie embryonnaire est entrain de naître. Une unité en activité est implantée dans la commune. Il s’agit d’une petite minoterie qui emploie environ une quinzaine de jeunes, mais elle est loin de répondre aux besoins de la population ce qui oblige l’APC à changer de priorité et surtout chercher à fixer la population des douars puisque les emplois offerts sont loin de répondre aux attentes.

L’eau potable, un problème majeur
L’alimentation en eau potable demeure d’une des priorités et le cheval de bataille de l’APC. La rareté de cette substance vitale est une situation qui persiste depuis plus d’une décennie, contraignant particulièrement les pauvres habitants de cette commune et de ces 19 douars d’aller la chercher auprès des camions-citernes mis à leur disposition par l’APC avec une rotation de deux voyages par semaine rajoutant ainsi davantage, à la liste déjà longue des problèmes. Ce constat a fait perdurer une vieille tradition longtemps pratiquée par les enfants, celle de se procurer l’eau sur les brouettes, exposant alors leurs vies à un risque fatal pour leur santé. Cette pratique à été, pour longtemps, une marque déposée pour les enfants de ces malheureuses localités, qui ont bien héritée . « contraints, nous supportons malgré nous, avec nos maigres corps, les douleurs du poids et le long trajet, sous un soleil de plomb en été , le froid glacial et la chute des pluies en hiver » dira le jeune Mohamed. Le plus malheureux pour ces citoyens, c’est que tout cela ce passent sous le regard des autorités locales. Une irresponsabilité sans précédant, des responsables, qui ne voyaient dans ce dossier très sensible, qu’une manœuvre pour accéder à la tête de la mairie à chaque rendez vous électoral, En attendant, les riverains trouvent toutes les peines du monde pour se procurer cette denrée rare. Contacté par nos soins, le secrétaire général de l’APC en l’occurrence Mr Slimane, nous explique que l’eau arrivera bientôt dans les robinets de cette région. « C’est une question de temps, et que tout vient à point pour qui sait attendre » avant d’ajouter que plusieurs projets sont en cours de réalisation tels que la réalisation du réservoir d’eau de 5000 m3 ainsi que les travaux d’aménagement et de bitumage des routes menant vers les douars,l’’AEP au douar Ouled Khain, Melalha, Ouled Saada et Ouled Sidi Khaled. L’Achèvement du réseau d’assainissement à Ouled Khain et la rénovation de l’éclairage public.

Des routes et du gaz naturel : la revendication des Maalliens
L’ancienne bourgade, qui a changé de visage, compte justement 10.000 habitants même si ces derniers sont dispersés aussi dans plusieurs douars comme Ouled Sidi Khaled, Melalha, Ouled Khain, Ouled Saada et Zetfora, mais le cadre est agréable. Des arbres (mais de moins en moins) et surtout des rues assez larges et propres. Ce qui contraste avec l’ambiance habituelle dans nos villes et villages. Pour le reste, les problèmes sont les mêmes, les solutions présentées aussi. Si un grand effort a été fait en matière d’électrification qui a atteint 98% ainsi que les efforts consentis en matière d’assainissement, le problème se pose surtout pour les routes et le gaz naturel à cause du relief difficile et la rigueur du climat. Justement, M. Slimane le secrétaire général de l’APC de Ouled Maallah, qui nous a présenté les priorités de développement de la commune a insisté sur la prise en charge des besoins des habitants des douars. Cette opération, qui va prendre 70% des montants consacrés à l’APC, contraste avec les anciennes gestions qui s’occupaient exclusivement du chef-lieu. C’est ainsi que les routes qui lient ce dernier aux douars sont encore des pistes. Pour ce problème il va falloir attendre l’arbitrage de la wilaya. Mais c’est l’habitat rural qui préoccupe le plus les responsables de la commune au point de créer un conflit avec ceux de la daïra. Avec la plus faible part d’aides puisqu’elle compte le nombre le plus faible d’habitants de la daïra, les responsables ne peuvent ainsi pas fixer la population des douars. En effet, les habitants qui viennent chaque jour au siège de l’APC réclament surtout des logements et des emplois. Si pour les premiers des progrès ont été réalisés surtout dans le cadre du FONAL avec 70 d’unités déjà distribuées et 160 en cours de réalisation même si la demande évaluée à 1.600 dossiers reste élevée, il n’en demeure pas que logement social reste inexistant. Le problème se pose pour les seconds avec un taux de chômage de 13% touchant principalement les jeunes.

Fixer la population pour lutter contre le chômage
La commune, qui est à vocation agricole, dispose de très peu d’unités industrielles. Par ailleurs, les quelques postes qu’offrent la dizaine de commerces ne peuvent être assimilées à de vrais emplois. Il est vrai que le projet qui a commencé à produire de la farine, implanté sur le territoire de la commune et plus précisément au chef lieu, est une bouffée d’oxygène pour la localité mais il est loin de répondre à l’attente. La solution est dans le retour des habitants dans leurs douars pour s’occuper de l’activité agricole qui a fait l’histoire et la richesse de la région. Ce retour va agir même sur la demande des logements sociaux puisque c’est l’exode rural qui est derrière ce phénomène. A propos de nature, les paysages qu’offre la région peuvent valoir beaucoup de satisfactions s’ils sont exploités. Les touristes potentiels peuvent également profiter d’un cadre agréable. Ce retour aux sources ne rime pas avec enfermement, encore moins avec la nostalgie.
Il est résolument tourné vers l’avenir comme l’indique le statut de la seule APC qui délivre le S12 en un très court laps de temps. Cette ambiance futuriste et décontractée contraste avec celles des autres APC qui sont marquées par les queues et les bousculades et même les autres services de la mairie locale notamment ceux qui accueillent les citoyens. Une cinquantaine à venir quotidiennement exposer ses problèmes. Le service d’état-civil enregistre quant à lui 2 à 3 naissances par jour et délivre 7 à 8 extraits de naissance(S12).

Une polyclinique et des évacuations
Au volet sanitaire, le seul centre de santé dont dispose la localité est bien loin de répondre aux besoins de la population en matière de couverture sanitaire d’autant plus que ce centre est dépourvu du personnel médical et paramédical notamment spécialisés dans le domaine. En effet, seuls deux infirmières, deux médecins généralistes et un dentiste assurent le service malgré l’existence d’un matériel sophistiqué flambant neuf qui reste sous emballage.
A cet effet, les malades sont obligés parfois de faire le déplacement jusqu’au chef lieu de la daïra pour bénéficier du moindre soin, en plus le manque d’un service minimum.la fermeture du centre est à 20h malgré que le médecin généraliste occupe un logement de fonction au sein même du centre, le plus grave dans ce secteur est l’inexistence d’une maternité, vu qu’une partie dans ce centre a été réservée pour cette dernière et qu’un équipement en matériel médical est disponible et si il y’a un cas d’accouchement il exige d’être évacué vers d’autres maternité à savoir celle de Sidi Ali ou Ain Tedeles en trajet de 35 Km environ et cela avec le risque que le malade rend l’âme au court de la route di fait l’état piteux où se trouve la seule ambulance de la commune qui est en plus de son état dégradé sans papiers.
Enfin, espérons que les responsables de ce secteur prennent les choses au sérieux afin de régler ce problème car il reste quant même un grand travail à faire au niveau de ce centre.

Absence de structures de loisir
Par ailleurs, le mot « distraction » est banni du vocabulaire local et les jeunes et moins jeunes de cette pauvre commune font feu de tout bois pour échapper au vide mortel en l’absence d’infrastructures sportives et culturelles pour fuir le désarroi, l’oisiveté et la torpeur, dont pâtit cette municipalité qui dès la matinée se vide de ses habitants, qui préfèrent s’évader sous d’autres cieux plus cléments. « La vie devient de plus en plus difficile au niveau de notre localité, aucun service n’est disponible même les plus simples, nos enfants n’ont pas où aller jouer, nos jeunes n’ont aucune structure de loisir. Aucun projet de développement n’est prévu bref on ne vit pas, on nefait que survivre » dira le vieux Ahmed.

Des classes surchargées
Au chapitre éducation, cette commune compte 9 écoles primaires dépourvus de cantines scolaires et un CEM. Ces établissements scolaires connaissent, au fil des années, un flux considérable d’élèves. Le nombre atteint, parfois, 50 élèves par classe. A cela, s’ajoute le calvaire au quotidien du transport vécu par ces potaches, pour rejoindre les écoles, car la commune dispose de seulement 2 bus destinés au ramassage scolaire. Il est à signaler qu’un nouveau CEM est en cours de réalisation et que la fin des travaux est prévue pour septembre prochaine. Cependant on a constaté que les travaux sont très en retard et il est impossible qu’elles finissent en septembre. Affaire à suivre…..

L’unique poste dont le service est assuré par un seul agent
L’ancienne bourgade, qui garde encore des traces, veut une plus grande part de développement mais l’obstacle est l’inexistence du foncier du fait que la totalité des terres de la commune sont des propriétés privées ce qui rend difficile une expropriation .Aucune parcelle de terrain n’appartient à la commune. Autant dire que Ouled Maallah ne peut pas bouger sans projets de développement. Par ailleurs, la seule poste de la commune est dirigée par un seul agent qui se charge de tout et de tous, de la vente des timbres au virement des mandats postaux en passant par le payement des salaires. Il faut au passage salut le courage de cet agent qui d’autres soucis que la satisfaction des citoyens.Citoyen de Sidi M’hamed Benali, pourtant ; maire de Ouled Maalah On est loin de l’image du maire citoyen de la commune. Celui de Ouled Maalah est originaire de la commune de Sidi M’hamed Benali relevant de la wilaya de Relizane. Par tradition, la fonction de maire exige de lui une présence permanente auprès de ses concitoyens. Le maire de Ouled Maallah brille par son absence du quotidien des citoyens de Ouled Maallah. Son vice président fait de même. un constat que nous avons fait lors de notre visite à cette commune. En effet, pendant que le maire est en congé, le vice président lui, est en voyage à Mostaganem- ville et le secrétaire général arrive à 13h30. Que le chemin soit balisé, et surtout assaini ; l’important défi pour Ouled Maalah, est celui de pouvoir tirer profit des grandes opportunités qu’offrent les richesses naturelles de cette localité.

Charef, T.B.Aek et Rym B.
Vendredi 1 Juillet 2011 - 09:54
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