REFLEXION

NEKMARIA : Des médecins au chevet de la population rurale

Le mardi, 5 juillet 2011, dans le cadre de l’action directe envers le citoyen, l’Association des Médecins Généralistes de Mostaganem (AMGM), partie prenante de la société civile active, a organisé une caravane médicale à caractère humanitaire sur la commune de Nekmaria, à plus de 100 km à l’extrême Est de la wilaya. Le thème de cette caravane de l’espoir a été et sera toujours « Le médecin généraliste à votre proximité ». Cette fois-ci, l’association a ciblé deux hameaux parmi les plus défavorisés de la wilaya, situés sur les monts du Dahra occidental à la limite des frontières avec les deux wilayas limitrophes Relizane et Chlef, en l’occurrence « Touaizia » et « Ouled Tayeb ».



NEKMARIA : Des médecins au chevet  de la population rurale
Alors, les blouses blanches de l’association n’ont pas manqué à l’appel du 49ème anniversaire de l’indépendance et fête de la jeunesse et faisant suite à la commémoration des Enfumades du Dahra de juin 1875, 13 médecins généralistes, un pharmacien, un infirmier ainsi que des accompagnateurs, journalistes et scouts musulmans algériens, se sont rendus tôt le matin du 5 juillet en bus vers la commune de Nekmaria. Le but de l’opération consistait en l’approche de cette Algérie profonde par la médecine générale et c’est ainsi que trois équipes furent constituées en vue de ratisser en long et en large cette contrée difficile d’accès de la daïra d’Achaacha. Le plus beau de tout ce qu’a été constaté chez ces citoyens humbles et courageux est qu’ils sont toujours là malgré l’éloignement, le manque d’infrastructures et la rudesse des lieux. Très liés à leurs hameaux, ils n’ont pas céder à la tentation de l’exode vers les villes et villages, préférant cultiver leurs parcelles dispersées à travers les collines et les ravins donnant un exemple de résistance et de ténacité. N’oublions pas que la région a été fortement et douloureusement touchée par la décennie noire. Deux équipes fixes, l’une au douar « Touaïzia », qui surplombe le barrage de Kramis en donnant une vue panoramique, et l’autre au douar « Ouled Tayeb » sis à quelques encablures de la frontière avec la wilaya de Relizane, et une troisième mobile à bord de l’ambulance communale chargée entre autre d’examiner sur place les grabataires et les personnes âgées. Les deux centres de soins mis à la disposition de l’association des médecins par le directeur de l’EPSP Achaacha ; Dr Si-Affif Amine ; qui, il faut le dire, n’a pas lésiné sur l’effort et les moyens pour faire réussir cette caravane, ont été envahies par une population en quête de soins et beaucoup d’éducation sanitaire. Au total, ce furent 10 médecins généralistes de l’association parmi lesquels 4 consœurs, appuyés par 3 médecins relevant de l’EPSP d’Achaacha qui vinrent à bout de la forte demande d’une foule croissante au fil du temps et massée autour des deux centres de santé choisis comme lieux de regroupement des patients. Le nombre de consultations approchait les 300 vers midi et englobait des pathologies diverses allant des plus bénignes aux maladies chroniques dominées par le diabète et l’hypertension artérielle en nombre important. Si pour certains patients la découverte de la maladie fut fortuite, pour d’autres le mal était décelé au-delà de dix années, mais négligé faute de moyens vu le besoin dans lequel vivent plusieurs familles ou simplement par insouciance. Concernant particulièrement le diabète, il a été procédé à 140 dépistages dont 14, soit 10%, furent découverts fortuitement. Par contre lors des examens, certaines personnes âgées de plus de 50 ans méconnaissaient carrément qu’ils étaient hypertendus et leur nombre était bien conséquent. L’association n’a pas lésiné sur les moyens et s’est vu doter l’une des équipes fixes de moyens d’exploration dont un échographe, un électrocardiogramme et des glucomètres. Par contre la seconde n’avait que des glucomètres pour tout appareillage de détection.
Se pliant aux coutumes locales qui veulent que la femme soit cloitrée, comme en témoigne le refus de certains habitants du douar « Ouled Ali », un exemple typique de cette Algérie profonde, de rejoindre la caravane, il a été constaté un nombre important de la gente féminine qui a profité des moyens adéquats qui permirent de déterminer les âges gestationnels chez les enceintes, les malformations rénales dont une a été avérée. Et plus grave encore, il a été suspecté deux tumeurs du sein. Outre la distribution gratuite de médicaments, de dentifrice, de brosses à dents, de biberons, de confiseries et babioles pour les enfants ainsi que d’autres dons. Il a été octroyé des glucomètres émanant d’El Amel, une association de diabétiques sise à Aïn Tédelès et chapeautée par notre confrère, l’infatigable B. Benatia qui était accompagné par sa femme, au profit de patients pour une auto surveillance. Dans le cadre de la collaboration entre associations et dans le but d’un échange de savoir faire dans le domaine de l’action humanitaire, était présente, aussi, l’association de jeunes « IMAL » représentée à travers son président M. Bahtita Amine. Il serait judicieux de signaler en toute franchise l’insuffisance en soins médicaux vu l’éloignement, le manque d’eau, les difficultés des transports chez cette population qui demeure exposée à un risque certain de complications à cause du nombre de pathologies décelées, malgré les efforts considérables quotidiennement consenties par le personnel médical relevant de l’EPSP d’Achaacha. L’étendue de la région et la dispersion d’une population non sensibilisée sur les risques sanitaires dus au manque de soins, d’hygiène corporelle et l’abandon de la zone par les mouvements associatifs qui devraient être plus mobilisés vers le rural et les régions reculées, nous interpelle afin de relever le défi. Du coté des patients et des consultés, c'est la satisfaction générale et parfois de l'émotion sincère. Une quinquagénaire, épuisée par le poids du besoin et visiblement à bout de souffle, consultée pour le Dr Tareb, ne tarissait pas d'éloges sur les organisateurs de cette caravane tout en priant DIEU pour qu’il bénisse ces hommes et femmes pour leurs sacrifices. « C’est une journée très utile et dont nous souhaitons le renouvellement » déclare le docteur B. Belhamiti. Dr R. Hadjidj, président de l’association, abonde lui aussi dans le même sens. « Sincèrement, c’est une vraie journée d’indépendance » réplique-t-il. Sur insistance de la population des hauteurs de Nekmaria, l'association des médecins généralistes de Mostaganem sort avec une recommandation essentielle qui n’est autre que celle de renouveler une telle manifestation plus fréquemment et surtout dans un proche avenir afin de profiter de la stimulation, de la bonne volonté, du sens du sacrifice, l’abnégation et le dévouement de toutes et de tous. D’ailleurs, c’était le vœu cher à l’ensemble des médecins présents à l’instar de l’enthousiaste Dr Tareb qui déclare être prête à revenir autant de fois que possible, l’obligeante Dr Senous venue pour la circonstance de Bethioua et l’infatigable et remarquable médecin de l’EPSP Achaacha le Dr Hocine Sahnoune. Cette première dans les annales de la wilaya de Mostaganem laisse présager du bon en matière de mouvement associatif en général et médical en particulier. Le geste n’étant que symbolique, l’association est loin de prétendre résoudre les problèmes sanitaires au niveau de quelque site que ce soit. Cependant, elle compte réitérer de tels messages sur d’autres stations afin de réveiller le sens d’humanisme devenu absent ces derniers temps au niveau de la société civile. « Quand bien même ce sont encore les structures sanitaires de l'Etat qui sont chargées des actions de dépistage des maladies, il n'en demeure pas moins que la caravane médicale, l'AMGM, forte de son engagement peut apporter une aide précieuse à ces structures», estime le président de l’association le Dr Redouane Hadjidj. Les activités humanitaires et caritatives des associations locales en général, et de l’association des médecins généralistes de Mostaganem en particulier, sont suivies avec intérêt par les hautes autorités de la wilaya, à leur tête le wali M. Hocine Ouadah en personne. Hormis l’absence injustifiée et incompréhensible des autorités locales de la commune et qui n’est interprété que par un manque de considération et de respect envers leurs concitoyens en cette journée symbolique du 5 juillet, les hommes ainsi que les femmes de cette caravane se sont séparés avec le sentiment d’avoir été utile à quelque chose pour des compatriotes qui avaient vraiment besoin de cette aide précieuse et vitale.

Adda Abdelwahab
Dimanche 10 Juillet 2011 - 09:59
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MOSTAGANEM
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