REFLEXION

HOUARI BOUMEDIENE : HISTOIRE ET LEGENDE

« L’homme n’est jamais plus libre que lorsqu’ il assujettit ses passions à la raison, et sa raison à la justice ». Proverbe
Boumediene, un Homme que l’on ne cessera de faire parler de lui à ce jour et encore plus longtemps, il fait partie de l’histoire. Les uns disent que c’est un dictateur, d’autres un communiste, on lui colle toute sorte d’étiquette selon humeur ou les degrés de haine qu’ils ont pour lui allant du populiste au criminel…..



Les petits bourgeois voient en lui  l’origine de tous les maux et drames de l’Algérie d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chacun va avec ses propres préjugés, opinions, on dit de lui  que   « c’est quelqu’un » qui a commis les plus grandes erreurs  et possède les plus grands défauts. Nul ne peut savoir ce qu’aurait pu faire Boumediene s’il avait achevé son œuvre. Devant cette diatribe, certains ont voulu à leurs manières l’enterrer une seconde fois pour qu’il ne soit plus présent dans les esprits. Il faut dire et reconnaitre en même temps  devant tant de circonstances, que Boumediene reste et  pour toujours une personnalité mystérieuse. Il a bien soulevé autant de polémique et c’est la  preuve irréfutable de la valeur, de sa forte personnalité justement de susciter autant d’impétuosité, de fureur et de passion. Enfin il n’a laissé personne à ce jour indifférent et c’est pour cela que je me permets d’avancer quelques vérités basées sur des connaissances vraies et non sur des opinions vraies  avec un esprit critique et non un sens critique.

« Faites-vous des semailles de justice,
moissonnez une récolte
de bonté »  Proverbe
A travers  l’analyse de ses discours, de  ses proches et ceux de son entourage, H. Boumediene ( Allah Yarhamah),  les plus sincères   disait  de lui qu’il était très distrait mais sémillant, timide mais très fier d’être algérien , il était également volontaire mais aussi mesuré, ca se voyait à travers le charisme de ses riches  discours. Boumediene un homme d’Etat, il a lutté pour la grandeur de l’Algérie, en pleine guerre froide entre les deux blocs (USA et l’URSS), il a consolidé le mouvement des non alignés et a semé les graines des trois révolutions. C’est bien  H. Boumediene qui a avec une façon très opiniâtre  dans un discours à Lahore  refusé :
* d’envoyer les algériens au paradis le ventre creux,
* il n’a jamais admis, ni conçu l’analphabétisme,
*ni la faim, ni la maladie, ni l’ignorance, ni le gourbi  *encore moins l’asservissement.
Il disait : «  Les expériences humaines dans bien des régions du monde ont démontré que les liens spirituels (…) n´ont pas pu résister aux coups de boutoir de la pauvreté et de l´ignorance pour la simple raison que les hommes ne veulent pas aller au Paradis le ventre creux. (…) Les peuples qui ont faim ont besoin de pain, les peuples ignorants de savoir, les peuples malades d´hôpitaux. (…)»
Notre génération  universitaire de 70, l’avons  connu sous l’image d’un homme sur de lui, un moustachu inspirant la prestance ( eroujla), ses yeux perçants, ne recule devant rien pour la justesse de la chose avait une force moralisante. Son burnous en poil de chameau était le seul et unique luxe qui pouvait se le permettre, avec pour usage de l’image une signification de l’Algérie profonde, un habit traditionnel des hauts plateaux ; un symbole pour afficher et affirmer l’identité du grand peuple algérien qui a défié la France officielle et  l’OTAN.   Le protocole présidentiel officiel se faisait de la sorte en plus d’un cigare de Castro. Les algériens retenaient de lui  ce fameux «  nous avons décidé la nationalisation des hydrocarbures..) ( Qararna ta emine al mahrouqate), cette phrase qui a bouleversé la face du monde, il avait décidé afin  que l’Algérie tiendrait en main sa destinée énergétique. Aujourd’hui, elle  est mise en jeu, suivi de grands scandales pour mieux la liquider à tout jamais.

L’équité vient du cœur ; la justice
de la raison proverbe

 Nous avons connu aussi l’Homme, du haut de la tribune des nations unies où il avait annoncé un nouvel ordre économique international plus juste et plus démocratique où les prix des matières premières seraient payés à leurs justes valeurs.  Certes, le parfait n’existe pas dans ce bas monde, tout homme a sa part d’ombre et Boumediene était bien conscient, des erreurs dans l’agriculture ont été commises, il le disait haut et fort  «  une révolution qui ne tienne pas sa tête haute, je ne serais jamais à sa tête… » ; il voulait à qui veut l’entendre et le comprendre qu’il était un révolutionnaire pragmatique. Le problème d’Al Hadjar que les russes devaient le construire, à leur début, il  les envoya balader, il ne voulait et refusait catégoriquement  la médiocrité.

Gouverner c’est maintenir les balances
 de la justice égales pour tous proverbe

Toutes ses idées étaient généreuses, il n’a jamais profité de par sa position, ni sa fonction pour s’enrichir ou faire en sorte d’enrichir ses proches.  Son  objectif  principal était la mobilisation  de ce grand peuple et de lui assurer  le succès de la  triple révolution( industrielle-agraire et culturelle) tout en construisant un Etat  qui ne soit pas au service d’une classe de privilégiés mais des intérêts supérieurs du peuple « un Etat qui survit aux hommes et aux événements »et parfaire l’ indépendance politique par la récupération des richesses nationales et mettre sur place les assises  du décollage économique.

 1-Au niveau industriel :
La conception d’un modèle «  les industries industrialisantes » élaborée par des éminents économistes  était déjà une forme scientifique de modèle de développement (architecture nouvelle), mettre les assises, apprendre à manier la gestion et maitriser la technologie ; telle était la vision et la méthode qui nécessitait bien sur  du temps, car la culture du management, de la gestion, du prolétariat et la productivité n’était pas encore acquise, il fallait mettre en place tout un projet de société, la charte nationale était un début prometteur  de discussion sur des concepts de liberté et de démocratie  en toute liberté . Le minerai de l’ Ouenza était traité à El Hadjar produisant de l’acier, des entreprises de liquéfaction de gaz  qui était transporté  par des méthaniers à travers les océans , des camions et bus  Sonacome  de  Rouïba , des téléviseurs ENIE - EMAC -ENADITEX –SONITEX-SONELGAZ - PMA( outils agricoles de SBA)- Complexe Mécanique  de Moteurs et Tracteurs ( Constantine)- Complexe de Vannes et de Pompes de Médéa-. Entreprises Chimiques- les Entreprises Electriques- Entreprises de Plastic- Entreprises Pétrolières et Gazières, et bien d’autres entreprises productives, l’Algérie était devenue un grand chantier, le chômage n’existait pas dans le lexique algérien.  Aujourd’hui, tout le tissu industriel a été bradé au point où on n’arrive même pas   à produire quelque chose qui fait le poids en % dans le  PIB.

2-Au niveau de l’agriculture :
En 1962,  la mise en place  de l’autogestion  était pour combler la vacance des colons fermiers, c’était déjà un  début où certaines forces voulaient coute que coute socialiser tout  le système agraire, sans tenir compte du contexte  de la paysannerie algérienne. La reforme agraire ne consistait pas à l’abolition de la propriété mais visait à la limitation des grosses propriétés ce qui permettra une juste redistribution des terres. La révolution agraire ne pouvait donner ses fruits bien que dans sa théorie elle  augure une certaine justice et une équité exemplaire. Malheureusement le contexte sociologique de l’époque, ne prêtait pas et  cet adage insinue tout  « El khobza taa ach ra ma tebchi oui- la tabat tan ‘harague »( si dix personnes préparent une galette, elle ne sera pas cuite et si elle est cuite ,elle  finie par être grillée) .Par conséquent ,l’échec de la révolution agraire a plus ou moins ternis un peu  l’ image de Boumediene. La socialisation des moyens de production nécessite une culture très avancée, les suédois sont plus aptes que quiconque pour la réussite d’une telle entreprise. L’idée est ingénieuse, mais le résultat était catastrophique. Boumediene l’avait dit  grossièrement dans un de ces discours «  naal bouha e’taora eli ma tan taj el batata oua ezrodia » (une révolution agraire qui ne peut produire suffisamment  de carottes et de  pommes de terre  ne peut être qualifiée de révolution).

3- La culture :
Boumediene a bâti partout des écoles, des usines, des centres de santé dans les coins les plus reculés du pays, il a tracé des routes, la transsaharienne était un grand défit par l’ANP. Il a ramené du gaz à la ville, de l’électricité, de l’eau pour ceux qui utilisaient encore des fontaines publiques, le barrage vert était une fierté tout cela était bien une culture nouvelle. Le réacteur nucléaire d Ain Oussara était algérien. En 1975 l’Algérie utilisait déjà le satellite pour transporter le faisceau  TV  pour couvrir l’ensemble du  sud algérien.  L’Algérie a formé qualitativement des enseignants, des ingénieurs, des agronomes, des médecins, des infirmiers des informaticiens (CERI première grande école  du tiers monde en informatique), des chercheurs, des économistes, des pétroliers, des urbanistes, des administrateurs e t  j’en passe. Tout cela était bien  une culture ; on peut aussi  qualifier ceux qui ont osé présenter des films algériens et avoir la médaille de Cannes. La réforme sportive a produit des joueurs de qualité (équipe 82).le théâtre, le livre, les conférences. Par ailleurs, Boumediene  ne cessait pas de faire à partir de ces discours à travers tout le territoire national   le résumé de ses œuvres (voir les  4 tomes  de ses discours dont chaque tome contient plus  de 650 pages).  Boumediene a engrangé utilement pour le pays  presque 20 milliards en 13 ans,  ce qui lui a permis d’asseoir  tous ce qui vient  d’être inventorié plus haut, aujourd’hui, l’Algérie a amassé  plus de 600 milliards dont 60 milliards pour la seule année 2007.Qu’avons-nous fait ?
Devant tout cela, quelle Algérie nous propose- t  on à la place  de  ceux qui ont bâti et espéré faire encore bien mieux.  Regardez autour de vous aujourd’hui,  une Algérie  saignée par l’importation tout azimut (option devenue stratégique= nouveau modèle  de la bourgeoisie) et la course  à l’enrichissement par tous les moyens ( blanchiments en premier, détournements en second, corruption en troisième….. ).  Les plus riches (la nouvelle bourgeoisie parasitaire pilleuse de nos ressources financières) s’envolent pour se faire soigner à l’étranger alors que la populace n’a droit qu’à  des hôpitaux sous équipés, des « harraga » ,des « m’hargas », l’Algérie du désespoir, du terrorisme ,du banditisme , des chômeurs , de ceux qui s’immolent  c’est le nouveau projet de société ou valeur morale, science, art ,justice et équité  ont laissé la place au désordre sans pareil le proverbe nous dit « qu’il n’y a pas d’ordre véritable sans la justice».
En 1979, H Boumediene disait à Paul Balta : «Il va y avoir des changements importants. J’envisage pour la fin de l’année ou le début de 1979, un grand congrès du Parti .Nous devons dresser le bilan, passer en revue ce qui est positif mais surtout examiner les causes de nos échecs, rectifier nos erreurs et définir les nouvelles options.
Témoins de notre expérience, vous êtes le mieux placé pour juger ces évolutions. »
 ( P.Balta « intrigué »  lui avais posé quelques questions :
*Envisagez-vous d’ouvrir la porte au
multipartisme ?
*D’accorder plus de place au secteur privé ?
*De libéraliser la presse ?
*De faciliter l’organisation du mouvement associatif ? Boumediene avait esquissé un sourire prometteur qui allait dans le sens d’une approbation ; «  vous êtes le premier à qui j’en parle je ne peux être plus explicite pour le moment mais faites moi confiance vous ne serez pas déçus ». Le temps a manqué à H. Boumediene Allah Yarhamah

BENALLAL MOHAMED
Lundi 1 Septembre 2014 - 18:06
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ACTUALITÉ
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