REFLEXION

Western Mosta



Il est 18 heures.., Mostaganem ferme ses portes, pas un chat … tout ce qui reste de Mostaganem, la ville de la littérature, de l’art et de la culture, une ville fantôme clouée entre les poubelles à ordures pleines à craquer, les sachets bleus qui envahissent les ruelles et l'accumulation des cartons sur les trottoirs des magasins fermés.
 Avez-vous déjà entendu parler des villes fantômes aux États-Unis ? Et si, nous vous emmenions faire un tour au Far-West de l’Algérie, non loin de la Métropole de l'Ouest algérien, la ville d’Oran, et précisément à Mostaganem, le berceau de l’art et de la culture, la ville qui a enfanté le trio : Sidi Lakhdar Benkhlouf, Ould Abderrahmane kaki et Mohammed Khadda.
 Alors que le soleil est encore haut dans le ciel, le centre-ville nous offre déjà un paysage magnifique, des sons des serrures des portes des magasins qui grincent et qui claquent, annonçant le début d’une nuit qui semble la plus longue, puisque les aiguilles de l'horloge de l’hôtel de ville indiquent déjà 18 heures !
En Faisant le tour des arcades et du marché couvert, des ruelles réputées, les plus mouvementées de la ville de Mostaganem, voilà, nous sommes en plein centre de la perle de la méditerranée. Au premier regard, c’est une exposition de bâtisses mortes qui relatent l’histoire d’une ville fantôme, désertée par ses habitants ou d’un village Western abandonné aux chats et aux chiens errants et pourtant nous sommes à quelques mètres du siège de la mairie d’une commune de plus de trois cents mille habitants.
Aux abords du marché fermé, des bennes à ordures d’où jaillissent des ordures de fruits et légumes, dégageant une odeur nauséabonde et écœurante, empestent l’environnement. Beaucoup moins de circulation, les transports en commun absents, les magasins fermés, et des rues complètement désertes et réinvestis par les alcooliques et les délinquants.
Malgré l’existence de dizaines d’édifices culturels (théâtre, beaux-arts, maisons de culture, maisons de jeunes, et autres), le touriste se retrouve dans une atmosphère aussi lourde dans une ville morte, tendue, où il ne rencontre que des commerces fermés et des ruelles hostiles. La peur, la haine et la méfiance dominent à tel point qu’il se croit dans une forteresse ou dans une ville en plein guerre.
Que du '' Je-m'en-foutiste’’ ! Avant que 18 h ne sonne le glas, les caisses déjà remplies, les commerçants enfilent leur ‘’chkara’’ et prennent la fuite à grande enjambées, laissant derrière eux les habitants sur le qui-vive à la recherche d’un magasin ouvert par miracle dans une ville fantôme, alors que d’autres bloqués par manque de moyens de transport, devront cracher les deux cent dinars aux clandestins pour rentrer chez eux.
Malgré la gravité de ce phénomène qui dure en pleine saison estivale pour une wilaya sensée être une destination touristique par excellence, aucun plan touristique, anti-fermeture des commerces, n’a été déclenché par les autorités concernées.

 

Belkacem
Mardi 19 Juin 2018 - 18:45
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