REFLEXION

Villes des mille et une bicoques



L’image des bidonvilles continue à coller aux villes Algériennes, lesquelles, pourtant, s’étaient débarrassées durant les années 1980 des cités fantômes, où des milliers de baraques donnaient un aspect de désolation et de misère. La réapparition des bidonvilles, qui ceinturent aujourd’hui nos villes, a été constatée quelques années après avec l’avènement de la décennie noire qui a contraint les populations des localités isolées à l’exode vers les grandes villes. Les lieux choisis pour leur implantation sont situés généralement loin des yeux. Autrement dit, des terrains propices à l’implantation de baraques sans être dérangé. Une fois les 10 premiers bidonvilles construits, le reste suit comme sur des roulettes et c’est ainsi que poussent de nouvelles cités de bidonvilles. La majorité de ces constructions illicites a été réalisée durant ces deux dernières années seulement. Cependant, la complicité des services techniques des communes est flagrante. Aujourd’hui, en Algérie, la naissance d’une nouvelle cité bidonville attire les gens tels des charognards autour d’une proie. Une situation où les entrepreneurs en bâtiment et les clients, trouvent leur compte. Dès leur création, ces cités bidonvilles ne souffrent que du manque d’établissements scolaires, car l’alimentation en énergie électrique est assurée à partir des locaux des immeubles des cités limitrophes, à l’aide de câbles dépassant parfois deux kilomètres de longueur, alors que pour l’AEP, les gens optent en majorité pour des puits. À ce sujet, El-Bouni, la plus importante agglomération de la wilaya de Annaba, détient, dans ce cadre, un triste record. L’on peut la qualifier carrément de la ville des mille et une bicoques. El-Bouni (ex-Sonatiba), synonyme également de drogue et de prostitution, a dépassé tous les pronostics. Ce n’est pas pour demain que La Coquette se débarrassera de ces bidonvilles. Une mission très difficile, voire même impossible dans les 10 prochaines années, car, pour beaucoup, la baraque est, de nos jours, le seul moyen d’accès à un logement social, estiment certains.

Réflexion
Jeudi 17 Novembre 2011 - 08:44
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Edito
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