REFLEXION

Une fabrication de câble à fibre optique qui se fait attendre



Depuis 1995, l’Algérie a consacré les valeurs de l’autonomie de gestion d’une SPA (Société par actions). La SPA n’est pas une Administration publique ou bien une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)  Cette autonomie rend le Conseil D’Administration et son Président, comptables de l’opportunité de l’acte de gestion relatif à la mise en œuvre du développement dont ils sont chargés. Les règles de Gestion et le mode de Fonctionnement de la SPA sont dictées par la loi notamment celles portant code du commerce et le marché public. Un Ministre aurait fait un démenti non pas sur une politique de développement  technologique mais sur une  réévaluation supposée  d’un contrat d’acquisition de câbles à fibre optique. Ce démenti semblerait restreint  ou inadapté. En effet, le passage de 20 méga à 100 méga ou la  mise en exploitation des nouveaux services et des nouvelles performances technologiques relèvent de l’exigence du marché et de la compétence des experts  technologues et opérationnels dans le domaine et dans le réseau qui, eux, sont là et savent le faire. L’interrogation à ce niveau  soulève, plutôt le caractère financier et l’aptitude de gérer l’opportunité de la décision et les conditions d’investir ou pas. Financer ou ne pas financer émanerait d’une relation biunivoque entre  la stratégie globale arrêtée par le  budget national d’équipements structurants et le plan directeur d’exécution qui lui en est subséquent. Le réalisme du  plan directeur est conditionné, lui, par la capacité financière du maitre d’ouvrage et l’ordre prioritaire qu’elle impacte.
La vocation technologique numérique s’est déjà imposée à nos mœurs et comportements. Elle s’est imposée non pas par choix mais par l’exigence de  l’acte économique. L’efficience de la prestation financière y trouve le mécanisme de compétitivité et  de maitrise de son marché.  Elle implique en tous domaines une rentabilité économique nécessaire à la performance d’une croissance attendue.  La fiabilité du signal porté par son ancêtre, la paire cuivrique ou le coaxial, reste toujours positive. Sauf que d’une part, le porteur à fibre optique présente l’avantage d’être un support simultané  de signaux multiples tels que les conversations multidimensionnel ou signal vidéo (télévision et autres). Le câble à fibre optique a révolutionné  les supports de transmissions et de distributions du signal par ses qualités anti électromagnétiques et surtout  par la  grande sécurité (relative) de l’information qu’il véhicule. Le câble à fibre optique  apporte la solution à la préoccupation du transmettant, relative à la sécurité du message ainsi qu’au volume et à  la vitesse de transmission du contenu quelque en soit la distance à atteindre. Ces qualités justifient l’intérêt économique en faveur d’un rapport qualité/prix favorable pour communiquer et transmettre le message polyvalent (Image et son) avec une qualité et une intelligibilité jamais atteintes par câble ou autre. La technologie de la fibre optique soutenue par son caractère économique met la téléphonie, la télévision, la radio, les services à valeur ajoutée, la médecine et l’imagerie médicale,… dans une compétitivité jamais atteinte dans leurs  registres respectifs. Comparée à une relation classique sur câble de cuivre ou par transmission spatiale, toutes conditions techniques de fournitures et mises en services égales, celle d’une relation à fibre optique revient jusqu’à cinq fois moins chère. D’où l’avènement du FTTH c'est-à-dire la distribution du signal par câble à fibre optique jusqu’à domicile, par comparaison au transport  à support de cuivre, urbain  et inter urbain qui, lui,  relève des techniques des transmissions et de distributions déjà consacrées en Algérie.
Ce bref rappel c’est pour dire qu’une distribution généralisée à domicile  du signal téléphonique et du signal de services à valeur ajoutée sur un même support à fibre optique nécessiterait des quantités énormes d’équipements terminaux mais surtout des millions de kilomètres-fibres de câbles à fibre optiques et d’accessoires de pose de ce câble. La problématique devient économique et financière. Le marché algérien dans ce domaine serait immense. L’objectif à court et moyen termes serait de distribuer  le signal à pas moins de 16 millions de foyers. Mais la généralisation de la FTTH est-elle au stade actuel économiquement et financièrement rentable ?  Des pays ont tenté l’expérience mais ont conclu à différer  sa généralisation. Le cout d’accès au réseau FTTH à 15 000 DA représente plus de 83 % du SNMG en Algérie. Ailleurs, où la rentabilité d’investir s’assume, ce cout représente  moins de 1,5 % de leur SMIC. Par ailleurs les délais de réalisation impactent grandement la rentabilité de l’ouvrage. Le volume toujours plus grand à transmettre et la grande vitesse de transmission intéressent les quelques opérateurs économiques, financiers et scientifiques. Ceux-ci sont demandeurs quelque soit le cout d’accès, d’où une segmentation tarifaire  nécessaire à la généralisation du service. Autrement l’avènement de cette technologie pousserait droit vers les inégalités entre les couches sociales qui peuvent y accéder et celles qui ne le peuvent pas.
Quelle que soit la taille du fabricant fournisseur, il lui sera impossible à lui seul de fournir cette quantité de câble dans les délais sauf si ces délais s’étalaient sur plusieurs années ce qui serait anti économique. Le caractère vaste de l’espace Algérie à distribuer  laisse d’ores et déjà s’interroger sur la part du PIB  consacrée à cette réalisation inévitable et sur la capacité de pose et de mise en service offerte à l’entreprise. Et cela obéirait à une rigueur totale de la stratégie prévisionnelle du développement des technologies et de la numérisation de l’information et de la communication dans notre Pays. Une stratégie portant pénétration de la technologie numérique pas seulement dans l’espace et dans le temps mais aussi dans la définition des plannings nationaux. Cette stratégie ne relèverait pas du seul département ministériel des postes,  des technologies et du numérique. Si la tète de file de la promotion de ces services et sa coordination  incomberait au Ministère des technologies et du numérique, d’autres départements ministériels comme l’industrie, le transport, l’information, l’enseignement supérieur et formation professionnelle, le commerce et les finances devraient se considérer concernés par   la définition de cette stratégie ne serait-ce que dans son plan directeur. Leur contribution permettrait la compétitivité de l’offre. La contraction  que connait transitoirement la situation financière de l’Algérie poserait inévitablement la question de la disponibilité des financements  de cette grande vocation qui marquerait les nouveaux modes de consommation et de comportements sociaux de la société d’aujourd’hui, et de demain. Autrement dit, la vitesse de pénétration des technologies numériques extrêmement couteuses reste tributaire de la convergence et de la synergie des quatre vecteurs sensibles, école, marché, industrie et  finances. D’où la contribution synergique dès la première phase, d’au moins un autre département ministériel, celui de l’industrie. A travers ce département le pouvoir politique et économique  après évaluation de la conjoncture industrielle et de l’état des lieux (expertise, ingénieurs, espace, financements ….) a statué depuis plus de dix années favorablement et financièrement sur l’opportunité de fabrication du câble à fibre optique en Algérie. Il a déjà annoncé son engagement à prévoir la fibre optique fabriquée en Algérie. L’objectif était autant industriel qu’économique. Après une hésitation incompréhensible de plus d’une dizaine d’années, enfin  en  2012 le pouvoir public  a matérialisé la résolution, avec affectation d’une première enveloppe financière, de réaliser une usine de fabrication de câble à fibre optique à Tlemcen.  L’entreprise industrielle nationale algérienne de Tlemcen a engagé l’étude de faisabilité sur la base d’une étude de marché, dégagé l’espace construit  projeté pour abriter cette fabrication, réalisé des stages de pose de câble à fibre optique, prospecté, négocié, conclut un protocole d’accord  industriel d’intérêt commun avec un fabriquant étranger et introduit la demande de l’accord préalable d’exécution du projet. Ce projet prévoyait fabriquer dans sa première phase quelque 30 000 kilomètres fibre  Même  la fabrication des accessoires de pose du câble y a été intégrée. L’aptitude et la vocation industrielle de cette entreprise nationale s’y étaient préparées. Par cette réalisation le pouvoir public avait il y a plus de douze années déjà, pour objectif de faire prendre en charge les besoins, ou dans leur grande partie, en câbles à fibre optique des différents opérateurs en Algérie.  Les délais de mise en œuvre de cette usine avec planning de réalisation, ne devaient pas dépasser plus de 15 mois, le stage préliminaire d’ingénieurs algériens étant intégré. Sauf qu’à ce jour, l’accord préalable d’exécution se fait toujours attendre et le protocole d’accord semble être renvoyé aux calendes grecques.
Entretemps, l’Algérie passerait commande de quantités énormes de câbles à fibre optique sans engagements industriels du fournisseur pour  promouvoir l’industrie du câble à fibre optique en Algérie. Compte tenu du temps de l’indécision, la validité du protocole d’accord a expiré.
L’entreprise chargée du projet de fabrication du câble à fibre optique en Algérie a subi l’amateurisme et  la légèreté externe de tenter de faire disparaitre le projet et ce, en dépit de toutes les résolutions régissant la gestion légale de la promotion de la fabrication de câble  à fibre optique en Algérie.
Dans leur développement, dans leur industrie, dans leur exploitation, dans leur commercialisation, dans l’évaluation de leur performance et de leur part au PIB, les Télécommunications et leurs applications à valeurs ajoutées nationales semblent braver le contrôle de leur propriétaire en l’occurrence l’Etat et négliger ses résolutions. Les corps de métiers convergeant à l’unité de développement et d’intégration des nouvelles technologies s’imposeraient  dans leur rigueur en s’éloignant du sentiment, du ressentiment et du doute. Un démenti relatif à une disposition contractuelle d’acquisition de câble à fibre optique, une tentative de faire disparaitre un projet de fabrication de câble à fibre optique décidée par le pouvoir public, un retard quantifiable dans la réalisation de l’expansion technologique, sont-ils autant d’aléas à la fois ? Au service des intérêts sensibles et économiques de l’État, la maturité multidimensionnelle et la conviction des hommes et des femmes sont l’une des premières rigueurs. Einstein disait : «  La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information ».

 

Driss El Mejdoub
Mardi 26 Juin 2018 - 17:57
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ACTUALITÉ
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