REFLEXION

Un légume, un prix, une parole et un comportement

Une nouvelle vague des prix frappe le consommateur. Une hausse des prix à l’encontre de toute logique et toute éthique. Elle est particulièrement mal ressentie par le citoyen sans budget amplifiable à la demande. A écouter les porteurs de la responsabilité exécutive, responsabilité au service du citoyen et garante de l’application des lois de la République, les prix à la consommation ne sont pas administrés. Autrement dit, en l’espace d’un laps de temps, l’augmentation du prix est normale.



Le prix de la pomme de terre passe de 35 DA à 90 DA, de la tomate de 80 DA à  200 DA,  des haricots verts de 160 DA à 350 DA,  de la courgette de 90 DA à 160 DA, de la salade de 60 DA à 130 DA, et ainsi de suite pour tous les légumes et aliments de première nécessité quotidienne. Cette augmentation obéit à la règle de l’offre et la demande.  Rendez ces produits rares et augmentez les prix. Il devient que toute hausse des prix est libre. Il ya lieu de ne pas l’entendre ainsi. Le produit emmagasiné est une offre spéculative. Les niveaux respectifs de la demande et de l’offre ne connaissent pas de hausses spontanées. Autrement dit, des augmentations de 100 et 150 % ne seraient pas imputables à la normalité de la gestion de l’intérêt vital du citoyen. Il serait injuste d’expliquer les prix par une intempérie d’une semaine.  L’offre ne disparait pas brusquement en l’espace d’une annonce. De même que la loi des finances 2017 ne confirme pas ce type de dérapage des prix. Par ailleurs, nous sommes dans le micro commercial. Un prix se doit d’être structuré et validé. Une validation de prix suppose qu’il est structuré. Valider un prix n’est pas administrer un prix. Le temps de l’administration des prix est révolu et cela depuis 1995. Nous assistons à une privatisation des prix. Ne pas administrer un prix n’autorise pas la spéculation qui fait dans l’escroquerie.  Tout commerçant porteur d’un registre de commerce est tenu de se soumettre aux lois de la République ne serait-ce que par son adhésion au code du commerce. Afficher  ce  type  d’augmentations sans raisons commercialement structurantes c’est faire dans la spéculation. Spéculer est un délit combien même la nature nous gâterait de son excès pluviométrique et de neige. Par temps de sécheresse, il y a rareté de produits et on enchérit les couts ; on invoque alors la prière « El Istisqua ». Quand Dieu répond favorablement à ces prières, on se plaint d’intempéries. Comment ? En augmentant les prix alors que la pluie est un don gratuit. Il faut croire que la spéculation touche même l’apport du ciel qui de surcroit est gratuit. Les prix du produit de la terre explosent. La raison n’est ni  la sécheresse ni la pluie. L’explication est dans la perte de la notion de travail et dans la cupidité qui envahit le commerçant de base. Le fellah a été contaminé par ces  vautours experts-spéculateurs qui sans efforts ne reculent devant rien. Ils constituent une chaine organisée et coordonnée qui excelle dans l’art de détecter l’opportunité de faire de l’argent sans apparence. Le concept de la spéculation s’est installé dans le quotidien de la gestion du micro commerciale.  Apparemment la spéculation, fondée illégitimement et illégalement,  sur des dispositions de loi des finances 2017 ou sur l’intempérie s’est approprié  le dessus sur les concepts de gestion  normée du travail et du commerce. Un tel impact va rendre encore plus fastidieux la mise en œuvre du nouveau  modèle économique. La réactivité de l’Etat par ce qu’il a annoncé comme nouveau modèle économique ne se concevait pas par l’atteinte au pouvoir d’achat du consommateur. Nous assistons à une perturbation collatérale au modèle économique promu par le pouvoir public. La régulation de l’importation des fruits et légumes est une mesure prioritairement en faveur du pouvoir d’achat du citoyen tout en préservant les équilibres financiers du Pays. Les tenants de l’espace micro commercial national s’accaparent de cette mesure pour fructifier leur spéculation. Les comportements cultivés dans la direction de l’expansion d’une spéculation coordonnée se sont installés en puissance face à la société économique. La société économique domine l’espace micro commercial. En ne réagissant pas, la Société économique, quelque soit son vecteur, se rendrait complice. Mais la société économique est elle ou non partie prenante du nouveau modèle économique ? Le nouveau modèle économique se voulant réactif à la baisse du revenu national,  fonde précisément à travers sa déconcentration,  son initiative avec la Société économique en faveur des grands équilibres nationaux. La déconcentration de la décision concerne l’initiative et l’opportunité de développer. Elle vise la diversification du produit, la création de l’emploi soit la création de la richesse par la production. La hausse des prix des fruits et légumes n’est pas facteur de richesse au sens comptable et ne crée pas d’emplois. Pourquoi ? Par son caractère illicite et non contrôlé qui lui facilite sa non contribution au PIB. Quand on apprend que tous ces petits commerces (quand ils sont déclarés) sont fiscalement suivis au forfait, la hausse des prix devient alors fausse déclaration, spéculation, et donc un délit.  Elle profite au seul spéculateur irrespectueux de son éthique de commerçant et du pouvoir de consommation du citoyen. Cette spéculation met le micro commercial, hors forfait fiscal. L’état des faits qui se succèdent, et cela en tous secteurs, invite au questionnement. La question est à quelle règle obéit le mode de comportement ? Qu’il s’agisse du mode de consommation nutritive de base ; qu’il s’agisse du mode de comportement commercial ; qu’il s’agisse du comportement gestionnaire du sport ; qu’il s’agisse du mode de comportement pédagogique ; qu’il s’agisse du mode de gestion de la propreté de nos rues et quartiers ; qu’il s’agisse de l’organisation d’un forum continental ; l’étendue de l’observation est similaire. Un animateur d’une rencontre continentale de premier ordre passe outre sur le protocole à devoir au Premier responsable d’un Ministère de souveraineté nationale ; un premier responsable d’un sport national déclare publiquement « qu’il n’a de comptes à rendre à personne » et qu’«il n’a de leçon de gestion à recevoir de personne » et qu’il agresserait  à son domicile toute personne qui le critiquerait laissant le citoyen ainsi croire que la participation d’un sport national  à une compétition continentale s’est appropriée le statut d’une EURL ; des vendeurs de nourriture de première nécessité procèdent du jour au lendemain à la multiplication des prix  par deux et par trois en l’imputant faussement et indignement à une intempérie ou à une loi de finances ; toutes ces observations laissent présager une mutation sociétale des comportements vers l’atteinte à l’ordre public nationale. Nous y assistons à une régression de la maturité qualifiante du comportement. L’ordre républicain national a établi et consacré l’existence règlementée des structures commerciales, la transparence des réseaux de distribution, la latitude de créer la richesse légale, les facilitations d’entreprendre ; comme il s’impose le devoir de défendre le pouvoir d’achat du citoyen et de veiller au bien être et à l’épanouissement du citoyen. Il est vrai que la croissance économique trouve sa naissance dans l’évaluation des échanges micro commerciaux mais encore faut-il que la valeur ajoutée soit avérée. Il n’est pas à croire que les structures spécialisées de l’Administration soient complices. Sauf que nous ne sommes plus au stade du contrôle mais au stade du manque de sanctions. Seul le consommateur est sanctionné. Comment? Un calcul élémentaire nous autorise à dire qu’une telle hausse a occasionné pour un couple avec deux enfants et pour le même quantitatif de produits nutritifs, une dépense supplémentaire quotidienne  injustifiée et imposée de fait, de l’ordre de 52 % par jour. Quand ce couple dispose d’un salaire de 30 000 DA soit 1000 DA par jour, n’est-ce pas un crime commis par  la cupidité des uns et des autres qui mettent ce couple dans la détresse quotidienne ? L’objet n’est pas de faire dans la morale. Un spéculateur n’a pas de morale. Nous traversons une phase où les esprits semblent être mobilisés par le choix de leurs candidats représentants au temple des lois. Pas de place au prix de la pomme de terre ou de la tomate. Quelle simplicité alors que de dire qu’un des critères de tout candidat est qu’il ne soit impliqué ni de près ni de loin dans la cherté de produits agricoles et nutritifs de base ? Ce n’est pas abécédaire. C’est aussi fermer la voie du temple des lois aux membres du club des «chkaristes» et des profanes. C’est consolider la sacralisation  de la mission du temple des lois. Un tel critère soulagerait certainement le travail du sélectionneur des candidats. La réalité est hélas toute autre. L’argent a déjà envahi le temple des lois. La désacralisation viendrait de l’intérieur du temple. Au quotidien le citoyen souffre moins des courants politiques qui ont pour cible commune, le Pouvoir. Il souffre beaucoup plus de la cupidité manifeste et impunie des spéculateurs pour qui la notion de Commerce est totalement erronée. Cette souffrance quotidiennement quantifiable irait jusqu’à impacter la dignité du citoyen. Formulons l’espoir que, le beau temps revenu, la pomme de terre reviendrait à son prix de 35 DA, la tomate à 60 DA, la courgette à 80 DA, les haricots verts à 150 DA etc.…Espérons qu’il n y aurait pas d’autres motifs pour maintenir le niveau de ces prix. Vous et moi avons le droit d’être rêveurs. 

Mohamed Meflah
Lundi 6 Février 2017 - 18:13
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