REFLEXION

UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Beni Saf, la ville minière et de pêche

Une œuvre de la nature qui rajoute à la beauté de l’Ouest de l’Algérie, se trouve près des côtes espagnoles, à 58 kilomètres au Nord de la wilaya de Tlemcen et à l’Ouest d’Oran. Relevant de la wilaya d’Aïn Témouchent, sur une altitude de 30 mètres, Beni Saf s’étend sur une superficie de 62 km².



Digne des plus belles aquarelles, Beni Saf offre un paysage féérique où de belles falaises recouvertes de pins encadrent son port de pêche où les premiers colons, majoritairement des pêcheurs, s’y installèrent dès 1865. Au cœur de sa baie, trônent les îles Habibas en dessous desquelles commence à s’étendre le fond marin jusqu’à la pointe Rachgoum, à l’Ouest. Au détour d’un virage surplombant la Cité des jardins, cette ville nous fait découvrir un angle de son port de pêche, longtemps réputé pour ses eaux riches en poissons bleus et blancs, mais aussi de ses exportations de vins et de minerai de fer. D’ailleurs, la mine, étant à l’origine de la création de la ville, lui a valut le surnom de «La Cité Minière» car si la ville est redevable en quelque chose à la pêche, c’est pourtant à la mine qu’elle doit son existence, puisque dans un rayon de 20 km vont être trouvé d’excellents filons de fer hématite. Pour exploiter ce minerai et l’exporter, il fallait un bateau, et donc un port et pour loger les ouvriers, il fallait des maisons. C’est ainsi que le centre est né. Des crétois aux arabes, nombreuses sont les différentes civilisations ayant fréquenté le site, y ont laissé quelques empreintes. Si les civilisations s’y sont installées, c’est surtout que l’intérêt du lieu consistait surtout en la présence d’un gisement important d’hématite, minerai de fer connu et utilisé depuis l’antiquité. Les peuples qui se sont installés dans ce site sont les Acheuléens, les Crétois, les Mycéniens ou les phéniciens. Les Romains, créeront Siga, à l’embouchure du fleuve de la Tafna, localité très importante, selon Pline avec acropole, temple dédié à Sature, aqueducs, thermes … Mais comme partout, les Vandales ravagèrent tout en 428 après J-C. Lors de la conquête des Arabes, aux VIIe  et VIIIe siècles, elle sera baptisée Honaïne. A la venue des Espagnols, les lieux resteront inhabités pendant trois siècles, après avoir tout détruit. En 1518, les Turcs s’y installeront, mais leur système administratif n’ira pas plus loin que la collecte d’impôts. Le 20 octobre 1835, les français installeront une garnison dans l’île de Rachgoun pour empêcher les anglais d’amener leurs armes. La côte où sera implanté Beni Saf, va sur une distance de 120 mètres, s’étirant en ligne brisée depuis la plage Ouest du Puits, jusqu’à la plage Est de Beni Boucif. C’est vers 1870 que le village colonial français a vu le jour sur des collines de 90 à 150 mètres d’altitude, coupées de ravins et de falaises creusées par les Oueds. A Beni Saf, les hommes travaillaient dur, entre le travail à la mine, à la pêche et la terre, il fallait aussi assurer la subsistance. Les premiers temps, le minerai était extrait par des pêcheurs ou des paysans reconvertis en mineurs, puis par des sociétés dont la toute première, la société Mokta el Hadid, en 1870. Après avoir achevé la construction du port et de l’église, en 1881, la compagnie minière emploi 1050 ouvriers dont un certain nombre de marocains. L’année d’après, la mine expédie 369 804 tonnes de minerai sur 205 vapeurs et 210 voiliers et dispose de deux voies ferrées de trois kilomètres, l’une de Ghar El Barod et l’autre de Dar Erriah. Cette voie deviendra, par la suite, la rue Emir Abdel Kader. Le long escalier qui la termine aujourd’hui était une descenderie (galerie de mine en pente) qui, vers les années 1890, retenait par les câbles les wagons pleins et remontaient vides. Le 20 mars 1883, dans cette  localité qui n’a de cesse de grandir, on compte une population européenne de 1950 personnes et est promue au rang de commune et le maire n’est autre que le directeur de la mine. Sur la falaise, à partir de 1945, naît le nouveau quartier de Sidi Brik. En 1947, la voie ferrée qui reliait, depuis 1923, Beni Saf à Oran-Oujda, disparaissait au profit du trafic des camions qui avait pris le dessus. En 1919, la mine employait 2 000 ouvriers, alors qu’elle employait 5 000 ouvriers en 1912. EN 1928, 750 000 tonnes en sont extraites et expédiées sur 812 navires. Au total, depuis son origine, 19 970 737 tonnes de minerai en sont extraites, même si en 1950, la mine ne compte plus que 2 500 ouvriers. Quant à la population, la commune comptait, en 1910, 9 486 habitants dont 5 562 algériens. En 1962, à l’indépendance du pays, Beni Saf, est rattaché à la wilaya de Tlemcen. Ce n’est qu’en 1970 que les filons de minerai s’épuisent et les mines sont obligées de fermer. La pêche reste la principale ressource de la région. Beni Saf, devient le premier port de pêche, avec une flottille de 166 embarcations. Aujourd’hui, Beni Saf, une des Daïras d’Ain Témouchent, est connue pour ses activités halieutiques et de construction navale. A l’Ouest du port de pêche, une petite station balnéaire nommée Madrid attire les visiteurs et les estivants chaque année. Son aquarium a fait l’objet de rénovation en 2011. Cette petite perle de la méditerranée, riche en histoire et parée de merveilles naturelles est un pan très important des différentes périodes de l’histoire de l’Algérie.

Réflexion
Mardi 3 Octobre 2017 - 18:14
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