REFLEXION

UN RAMADHAN SANS SAVEUR A ORAN : Sans les soirées familiales, le Ramadhan manque d’ambiance

Les mesures prises par les pouvoirs publics pour lutter contre le coronavirus bouleversent les programmes qui rythment traditionnellement les soirées de ce mois de jeûne à Elle Bahia . Connu pour être un mois festif avec des soirées animées et des programmes sportif et culturels riches et variés, le Ramadhan de cette année est marqué par une restriction imposée par les mesures de confinement sanitaire.



Même si les pouvoirs publics ont décidé, dès le premier jour du Ramadhan, de repousser le début du confinement de 15h00 à 17h00, jusqu’à 7h heures du matin, la majorité des citoyens ne semblent pas pour autant y trouver leur compte, eux qui se retrouvent orphelins de leurs traditionnelles soirées de ce mois sacré. Sans prière des Tarawih à la mosquée, ni visites familiales, ni soirées en ville ou dans les villages, nombreux sont peinés de ne pouvoir savourer les soirées ramadanesques autrefois très animées et pleines de convivialité. «C’est un Ramadhan sans saveur.Je n’aurais jamais imaginé un mois de jeûne sans pouvoir sortir ne serait-ce que pour prendre un café avec mes amis», se désole Baroudi un fonctionnaire qui se dit déprimé dès la fin de la rupture de jeûne, contraint qu’il est de rester à la maison. «Sans les soirées familiales, le Ramadhan manque d’ambiance», regrette sa femme, qui n’aura pas l’occasion cette année de se rendre comme à l’accoutumée chez ses parents pour passer une partie de la soirée, n’ayant droit qu’à une discussion au téléphone. «J’ai l’habitude de me rendre chaque soir avec mon mari et mes enfants chez mes parents qui habitent à moins de cinq kilomètres, juste après la rupture du jeûne.On se retrouve avec mes autres sœurs et frères et on passe la soirée parfois jusqu’au shour notamment les week-ends. Mais cette année, c’est impossible en raison de l’interdiction des déplacements», ajoute-t-elle avec dépit même si elle finit par concéder que sa santé et celles de ses proches «passe avant tout». Bien que la majorité des citoyens reconnaissent que les mesures de confinements imposées ont été prises par les autorités pour préserver leur santé et celles de leurs proches, il n’en demeure pas moins que la majorité d’entre eux ne supportent pas de vivre un Ramadhan dans le confinement. Ne plus avoir droit à un mois de Ramadhan traditionnel, ponctué par des courses au marché la matinée, une sieste en fin de journée et les soirées entre amis dans les cafés, est très dur pour la majorité des jeunes qui voient la monotonie de leurs journées interminables se poursuivre en soirées. Même sentiment chez les habitants des centres urbains qui se retrouvent encore plus touchés par les meures de confinement. C’est le cas à Oran ville, où l’ambiance des soirées ramadanesques a laissé place à un silence de cathédrale. « Et Bahia n’a le reste de l’année pas de vie nocturne digne d’un chef-lieu de wilaya, et ce n’est que durant les nuits ramadanesques que ses habitants peuvent se permettre de veiller très tard, en s’offrant des moments agréables et distrayants», se désole Omar, un habitant de la cité des plateaux qui se retrouve contraint de se cloitrer chez lui pour passer les soirées partagées entre l’écran de la télévision et celui de son smartphone à naviguer sur le web et les réseaux sociaux.Si la gente masculine peine à conjuguer le ramadhan et le confinement, certaines femmes estiment, quant à elles, qu’il n’est pas si difficile que ça de trouver un équilibre avec cette nouvelle équation. «Entre les enfants, la préparation des repas et les tâches ménagères, je n’ai pas vraiment le temps de m’ennuyer.

Medjadji H.
Vendredi 8 Mai 2020 - 18:37
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Oran
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