REFLEXION

Sissi, le nouveau pharaon de l’Égypte

Après les violences qui ont fait près de 900 morts en Égypte depuis le fameux mercredi selon les officielles et plus de 2000 morts selon les frères musulmans, le chef de la toute-puissante armée et nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, a juré que l'Égypte ne "cèdera(it)" pas face à la "violence" des islamistes, tandis que les représentants des 28 États membres de l'UE devaient se réunir à Bruxelles pour se pencher sur la crise égyptienne.



Sissi, le nouveau pharaon de l’Égypte
Le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui s'exprimait pour la première fois dimanche depuis le carnage de mercredi (600 morts) devant des centaines d'officiers de l'armée et de la police, a promis aux islamistes qui ont choisi la violence une riposte "des plus énergique", sans considération apparente pour le tollé déclenché dans les pays occidentaux dont certains parlent de "massacres". Lundi, à Bruxelles, en prélude à une possible réunion des ministres des Affaires étrangères, se tiendra une première rencontre diplomatique de haut niveau pour examiner la situation en Égypte. Dimanche, les dirigeants de l'Union européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, ont averti le gouvernement égyptien que l'UE était prête à "réexaminer" ses relations avec l'Égypte s'il n'était pas mis fin aux violences. Ils estiment que la responsabilité d'un retour au calme incombe à l'armée et au gouvernement.

Geste d'apaisement
Au Caire, dans ce qui apparaît être un geste d'apaisement, le gouvernement a interdit les "comités populaires", ces milices de jeunes armés prenant pour cible tous ceux dont ils pensent qu'ils sont des islamistes - hommes portant la barbe ou femmes intégralement voilées - ainsi que les journalistes étrangers qu'ils accusent de défendre le camp du président Mohamed Morsi, déposé par l'armée. Après les avoir laissés agir pendant des jours, le gouvernement les a accusés dimanche de mener des actions "illégales". La police égyptienne a aussi annoncé le décès dimanche de 36 détenus islamistes, asphyxiés par du gaz lacrymogène pendant une tentative d'évasion selon la police égyptienne. Ces 36 détenus, tous des Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi, ont péri asphyxiés par les grenades de gaz lacrymogène tirées dans le camion qui les transportait dans l'après-midi vers une prison près du Caire, parce qu'ils avaient kidnappé un officier de police et tentaient de s'évader, a affirmé le ministère de l'Intérieur. Le convoi transportait plus de 600 prisonniers islamistes.
Mobilisation en baisse
Les Frères musulmans ont pour leur part révisé à 35 le nombre de prisonniers tués, alors que l'Alliance contre le coup d'État, qui organise les manifestations, avait auparavant dénoncé un "assassinat" et parlé de 52 détenus tués. "Le meurtre de 35 prisonniers, des manifestants anti-coup d'État, confirme la violence intentionnelle visant les opposants au coup d'État et l'assassinat de sang-froid dont ils sont les cibles", indique la confrérie dans un communiqué en anglais. La mobilisation des pro-Morsi a semblé marquer le pas dimanche, les manifestants redoutant sans doute davantage de morts dans leurs rangs décimés depuis cinq jours. Ils avaient annoncé neuf manifestations au Caire, mais les ont quasiment toutes annulées "pour des raisons de sécurité" dans la soirée. Plus d'un millier de manifestants et cadres des Frères musulmans ont été arrêtés en cinq jours, selon le gouvernement. Le pays était toujours sous état d'urgence et couvre-feu. L'armée bloquait avec ses chars les grands axes de la capitale, tandis que le ministère des Biens religieux a annoncé que les mosquées seraient désormais fermées en dehors des heures de prières, tentant ainsi d'éviter les rassemblements. Les pro-Morsi avaient appelé samedi à une semaine de manifestations, mais ils ne sont pas parvenus à mobiliser depuis, seuls quelques groupes de manifestants ayant bravé le couvre-feu.

Deux camps irréconciliables
Depuis que l'armée a destitué et arrêté le président Morsi, le 3 juillet, l'Égypte est ensanglantée par des scènes de guerre inédites et divisée en deux camps qui semblent désormais irréconciliables : d'une part les Frères musulmans et de l'autre les partisans de la solution sécuritaire de l'armée, qui l'a emporté sur les rares voix prônant le dialogue au sein des nouvelles autorités. Les violences ont atteint un niveau jamais égalé dans le pays, où les forces de l'ordre ont désormais l'autorisation d'ouvrir le feu sur les manifestants violents : mercredi, journée la plus meurtrière de l'histoire récente de l'Égypte, environ 600 personnes avaient péri, notamment dans la dispersion de deux sit-in pro-Morsi au Caire. Deux jours plus tard, lors du "vendredi de la colère", 173 personnes ont été tuées, en majorité des manifestants. Au total, 70 policiers ont trouvé la mort en cinq jours dans ces violences. Le pouvoir répète qu'il "combat le terrorisme" des Frères musulmans, la confrérie qui avait remporté haut la main les législatives de début 2012, un an après la révolte populaire ayant provoqué la chute d'Hosni Moubarak. Alors que les télévisions publiques comme privées affichent désormais en permanence le logo "l'Égypte combat le terrorisme", en anglais à destination de la communauté internationale, et que la presse, unanime, dénonce un "complot terroriste" des Frères musulmans, le gouvernement continue d'assurer que les membres de la confrérie pourront participer au processus de transition prévoyant des élections début 2014, à l'exclusion de ceux qui ont "du sang sur les mains".

Embarras international
Les principaux dirigeants des Frères, dont leur guide suprême en fuite Mohamed Badie, seront jugés à partir du 25 août pour "incitation au meurtre". Londres et l'ONU ont dénoncé un "usage excessif de la force", alors que Berlin a appelé au "dialogue" pour éviter la "guerre civile", la chancelière Angela Merkel estimant qu'un arrêt des livraisons d'armes était un moyen de pression approprié. Des sénateurs américains, dont l'influent républicain John McCain, ont demandé que les États-Unis suspendent la substantielle assistance militaire - 1,3 milliard de dollars par an - à l'Égypte après le "massacre". En revanche, l'Autorité palestinienne, la Jordanie, l'Irak et surtout Riyad ont affirmé soutenir le pouvoir égyptien. Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dit aider l'Égypte et non la confrérie, affirmant vouloir corriger des "conceptions erronées". À l'issue d'une année de présidence, Mohamed Morsi était accusé par ses détracteurs et des millions de manifestants d'avoir accaparé le pouvoir au profit des islamistes radicaux et achevé de ruiner une économie déjà exsangue.

Réflexion
Mercredi 21 Août 2013 - 23:00
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TRIBUNE LIBRE
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