REFLEXION

RENCONTRE AVEC LE CHANTEUR COMPOSITEUR CHEIKH BOUABDELLAH : Universaliser la chanson du Rai

À l’occasion des soirées ramadanesques, nous avons rencontré Cheikh Bouabdellah lors d’un concert organisé par le restaurant le Bel Horizon à Cap Falcon .Ce grand artiste modeste et discret dont la forte notoriété est confirmée depuis plusieurs années, évoque son parcours et ses projets.



Bouabdellah  est né 01 Juillet 1961 à Oran  où il a suivi une scolarité jusqu’à la Terminale. Après avoir passé la majeure partie de sa vie en Algérie, il décide de s’installer  et vivre  à Oran  avec ses amis sportifs. Il évoque avec beaucoup d’émotion son engouement pour la musique du Rai, « j’ai été bercé toute mon enfance par cette musique, c’est la seule qui m’inspire vraiment. »  Les chanteurs et musiciens qui l'influencent le plus sont Cheb Khaled, George Wassouf, Santana, Bob Marley, Alpha Blondy, sans oublier Cheb Hasni, considéré comme le roi de la chanson sentimentale algérienne, qui sont ses chanteurs de référence. Il suit l'influence de la modernité de la chanson algérienne et du raï qu'il considère comme très riche dans sa diversité. La musique de Reda Taliani allie chaâbi, raï et d'autres styles musicaux traditionnels du Maghreb, dans plusieurs de ses chansons il décrit la triste réalité des jeunes en Algérie. Ses chansons expriment des textes forts au point où certains polémistes en mal de critiques qualifient « d'excessifs et menant au suicide des jeunes » certaines de ces chansons. Il a été révélé aux yeux de la scène Rap-R'n'B Française avec Partir loin avec le 113 mais aussi dans rai'nb fever 2 avec la chanson Cholè cholè pour laquelle il reçoit un disque de platine. Il collabore avec des artistes de rap comme Rim'K du 113 mais aussi avec Dj Kore et Bellek.

La musique dans les gènes    
A l’âge de 16 ans, Bouabdellah  débute son apprentissage musical;  » je grattais déjà la guitare à 7 ans et j’ai écris mes premiers textes vers 22 ans. » Je me souviens de ma première scène à l’âge de 16ans. C’était le mariage d’un voisin et il avait choisi un chanteur cheb Khaled qui m’a proposé de reprendre une chanson de son répertoire   Trig Elissi. » Après ce jour, il attendra l’âge de 23 ans pour se produire sur scène. « C’est important pour moi de composer et de créer mes propres chansons, aujourd’hui le public me distingue clairement de l’œuvre de mes soins  notamment la chanson qui  a eu un écho et un grand  succès .Et tous les thèmes le passionnent,  Bouabdellah aime évoquer le social et le vécu.  » C’est parfois difficile pour moi d’écrire, je garde le sentiment profond que mon père a déjà tout dit. » Ainsi, en s’inscrivant dans la mémoire musicale des grands chanteurs  à l’image de Khaled, Hendi, cheb Hamid, il conserve sa touche personnelle appréciée par  tant de fans. Bouabdellah est un artiste libre qui dédie sa vie à son art, « c’est une chance de pouvoir vivre de sa passion comme je le fais, j’ai travaillé pendant longtemps dans le textile et je faisais en même temps des tournées. La difficulté de concilier les deux m’ont poussé à choisir exclusivement la musique. » Quant à ses sources d’inspirations, elles sont nombreuses. Il écoute tous les styles musicaux mais confère une place prépondérante à deux artistes algériens, Cheb Khaled et El Hachemi Gerouabi, qu’il a eu l’occasion de rencontrer en France. Lorsqu’il débute sa carrière, de nombreux chanteurs se produisent à Alger dans des soirées privées auxquelles il va assister pratiquement tous les jeudis. « Celui qui m’inspirera énormément plus tard c’est Ezzahi. Il a apporté un nouveau souffle à la chanson Chaabi, très visionnaire tout en préservant l’essence de cette musique » explique t-il.

Universaliser la chanson du Rai
Il débutera les spectacles en Algérie  à partir de 1994. Sa notoriété va exploser et lui permettra de se produire dans le monde entier.  » Je suis très fier de faire découvrir cette belle musique, j’ai fais des tournées pratiquement dans toute l’Europe,. En Nouvelle Zélande personne n’écoute le Rai, j’ai constaté que les gens étaient impressionnés. Mon travail est de faciliter et d’universaliser cette musique, j’ai réalisé de nombreuses traductions en anglais, en français. Je me produis sur scène avec des instruments acoustiques, cela permet de perpétrer un charme ancestral. » Bouabdellah se remémore avec émotion sa plus belle scène « c’était il y a  dix ans. J’ai fais la première partie de Cheb Khaled  de Bakhta, ce jour reste l’un des plus marquants de ma carrière ».  Néanmoins, son plaisir reste de se produire sur des petites scènes;   » il n’y a pas de protocole, l’ambiance est conviviale, je suis toujours présent lorsque l’on me sollicite ». Ce dernier a participé dernièrement à la célébration de la fête nationale en Algérie. Ses projets vont se multiplier, des tournées au Canada, en Allemagne sont prévues avant la fin de l’année. Il enregistre actuellement son troisième album qui comportera une dizaine de chansons. Il est actuellement membre à part entière d’une  association sportive des anciens joueurs du MCO dont il est l’initiateur et le commentateur de cette association qui active pleinement dont le dévouement  de  la société civile est à  encourager.

 

Medjadji H
Mardi 22 Mai 2018 - 17:57
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CULTURE
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