REFLEXION

Quatorze propositions aux futurs candidats à l’élection présidentielle

En ce mois de janvier 2019 et à l’approche de l’élection présidentielle, le grand défi est le redressement économique de l’Algérie qui détermine à la fois sa stabilité politique, sécuritaire et sociale car Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach procurant directement et indirectement avec les dérivées plus de 98% des recettes en devises. Espérons des programmes réalistes, opérationnels et des débats productifs loin des slogans creux et de discours populistes, qui permettent à l'Algérie de devenir une économie émergente et des actions concrètes fondées sur la sécurité du pays sans laquelle aucun développement n’est possible, plus de moralité pour mobiliser la population autour de profondes réformes, enjeux essentiels face aux tensions géostratégiques et budgétaires 2019/2024.



Evitons tant la sinistrose que l’autosatisfaction, pour trouver des solutions réalistes, loin de promesses irréalisables, l’Algérie ayant toutes les potentialités de sortie de crise sous réserve d’une nouvelle gouvernance et du primat à l’économie de la connaissance.  Cette présente contribution s’adresse à tous les candidats postulant à l’élection présidentielle  articulée autour de 14 questions stratégiques.
1.-Les quatorze propositions
Premièrement,   la condition  fondamentale, est la paix sociale qui implique  la mise en place d’un minimum de Smig social  où les différentes sensibilités puissent dialoguer dans un cadre organisé se fondant sur la tolérance et le droit à la différence, s’adaptant à la quatrième révolution mondiale fondée sur l’intelligence artificielle et le digital,  fondée sur un dialogue permanent
Deuxièmement, L’objectif stratégique  durant cette période de transition, est de mettre en œuvre une politique s’orientant  vers  un véritable processus démocratique, qui est une nécessité stratégique pour un développement durable, l’instauration de la démocratie, comme le montre toutes les expériences historiques  étant historiquement datée et devant tenir compte de note anthropologie culturelle.
Troisièmement, ces objectifs doivent se  fonder  sur une société plurielle plus  participative  des partis politiques, la promotion de la femme signe de la  vitalité de toute société,  permettant  la responsabilisation pleine et entière de l’ensemble de la société civile, conciliant la modernité et la préservation de notre authenticité,  la léthargie, l’activisme et le populisme conduisant à la régression  car en ce nouveau monde n’existe pas de statu quo, toute Nation qui n’avance pas recule forcément.
Quatrièmement,   la nouvelle politique économique devra s’inscrire, comme je l’ai démontré dans plusieurs contributions internationales, dans le cadre de l’espace Europe Maghreb et plus globalement de l’espace économique Méditerranée/ Afrique.
Cinquièmement,   améliorer le  fonctionnement des marchés et posant la problématique du futur rôle de l’Etat  dans le développement économique et social devant poser forcément les relations dialectiques des rôles respectifs et complémentaires  Etat-marché   et   loin des discours, avoir une   nette volonté politique d’aller vers une économie de marché à finalité  sociale, conciliant efficacité économique et la nécessaire  cohésion sociale, évitant que les relations marchandes ne détruisent les liens de solidarité.
Sixièmement, éviter la politique économique utopique du passé, notamment la politique industrielle car   la nouvelle politique économique  devra être caractérisée par l’adaptation à l’universalisation de  l’économie  de marché, tenant compte des spécificités sociales,  où la dominance est le consommateur et l’arbitre, les marchés financiers. Le  véritable  patriotisme à ne pas confondre avec le nationalisme chauviniste étroit, source d’intolérance,  se mesurera par la capacité des Algériens d’améliorer leur niveau de vie grâce à leur contribution à la  valeur ajoutée locale et mondiale, si l’on veut éviter la baie vertigineuse des réserves de change et aller droit au FMI horizon 2022.
Septièmement ,soutenir le développement  par une administration centrale et locale rénovée, et une lutte contre la bureaucratisation centrale et locale par une rationalisation des choix budgétaires tant des entreprises (réévaluation permanente, surcouts)  notamment l’administration et les services collectifs dont les modes de gestion datent  encore du début des années 1970 et établir un tableau de la  valeur relié aux réseaux internationaux pour lutter contre les surfacturations .Donc, muter progressivement les services collectifs, qui  deviennent de plus en plus créateur de valeur ajoutée  (éducation, santé, télécommunication,  transport, infrastructure) en introduisant les paramètres marchands pour tester de leur efficacité, tout en  encourageant la mixité pour améliorer les prestations fournies aux consommateurs.
Huitièmement,   sous réserve d’objectifs socio-économiques précis datés dans le temps,  une réelle décentralisation autour de pôles régionaux, devant revoir le fonctionnement des wilayas et des APC mutant les pour des collectivités locales providences en collectivités locales managers créateur de richesses  et citoyenne (rapprochant l’Etat du citoyen)
Neuvièmement,  une nouvelle organisation institutionnelle gouvernementale par  la création de grands Ministères surtout ceux  de l’économie et de l’éducation, avec des Secrétaires d’Etat techniques et ce, afin d’éviter les télescopages et dynamiser les secteurs santé, travaux publics-transport,  énergie, agriculture/eau, tourisme, nouvelles technologies où l’Algérie peut avoir des  avantages comparatifs.
Dixièmement,  revoir  les politiques industrielles globales, dépassées et d’imaginer une nouvelle politique  non de l’industrie globale, mais  de l’entreprise  non calquée sur les anciennes organisations hiérarchiques bureaucratiques mais  sur la souplesse des organisations basées sur la décentralisation des décisions économiques, la gestion  prévisionnelle des compétences, le travail en groupes tenant compte des nouvelles technologies.
Onzièmement,   réformer le  système financier dont  les banques, (cœur des réformes) et la dynamisation de la bourse des valeurs,  dynamiser d’une manière cohérente, le partenariat public/privé, les ouvertures de capital  et la privatisation en évitant le bradage du patrimoine national.
Douzièmement,  définir  une nouvelle politique de l’emploi fonction du développement des entreprises créateur de richesses, si l’on veut éviter l’implosion des caisses  de retraite, dont le fonctionnement doit être revu,  devant lever toutes les  contraintes d’environnement- bureaucratie, système financier, système socio-éducatif non adapté, le foncier,  ( ne créant pas  d’emplois par  décrets,  renvoyant à une nouvelle politique de formation adaptée aux nouvelles technologies, conciliant flexibilité et  sécurité, devant faire un bilan sans complaisance de tous les organismes  chargés de l’emploi et devant les regrouper en un centre unique pour plus de cohérence.
Treizièmement,   réduire les inégalités sociales par une nouvelle politique des subventions ciblées intra socio professionnelle et intra-régionale   et  revoir le système fiscal par la combinaison de l’équité verticale  et une lutte contre la corruption à ne pas confondre avec acte de gestion pour ne pas pénaliser les managers  et les initiatives créatrices.
Quatorzièmement, ne jamais oublier la diaspora qui à l’instar d’autres pays peut permettre de contribuer au développement national.
2.-Quelles perspectives ?
Comme je l’ai rappelé souvent, en ce mois de janvier 2019 et cela ne date pas d’aujourd’hui, l’Algérie traverse avant tout une crise de gouvernance  ce qui implique  d’avoir une vision stratégique de l’Algérie horizon 2020/2030 du devenir de l’Algérie. L’Algérie a toutes les potentialités pour dépasser les tensions budgétaires actuelles  mais pour paraphraser  les  militaires  devant s’attaquer à l’essentiel et non au secondaire afin de ne pas  se tromper de cibles. Il existe une loi en sciences politiques : 20% d’actions bien ciblées ont un impact de 80%.  Mais 80% d’actions mal ciblées ont un impact seulement de 20%.    Espérons comme je l’ai suggéré  déjà en 2016 lorsque j’ai été invité comme personnalité nationale au moment de la révision de la constitution, un large front social tolérant les différences, personne n’ayant le monopole du nationalisme, une grande conférence nationale pour tracer les perspectives futures de l’Algérie. Je me félicite que cette proposition  ait été retenue par la suite tant par les partis du pouvoir que de l’opposition. Mais pour éviter les susceptibilités et les guerres de leadership de certains partis,  au détriment de l’intérêt général, cette conférence, souhaitable après l’élection présidentielle,  devrait être chapeauté par  un collège restreint de sages « indépendants » au sein d’une institution neutre.   Pour dépasser l’entropie, et trouver des solutions réalistes,  il s’agit  de réaliser  un bilan serein de tout ce qui a été réalisé et ce qui reste à faire pour corriger les erreurs du passé et ce, par un langage de vérité loin de toute sinistrose, une visibilité et cohérence dans la démarche des réformes et une nette volonté politique de changement. Les décennies qui ont marqué la vie politique et économique de bon nombre de pays du tiers monde, qui malgré des ressources naturelles considérables n’arrivent pas à asseoir une économie diversifiée dans le cadre des valeurs internationales, dont l’Algérie, me réconfortent aujourd’hui dans ma conviction, qui consiste à dire que le développement n’est pas une affaire de quincaillerie industrielle, de signes monétaires, tant par l’importance des réserves de change, ou de dépenses monétaires, sans se soucier de la bonne gestion – dépenser sans compter – et de la démocratisation. L’Algérie ne peut revenir à elle même que si les faux privilèges sont bannis et les critères de compétence, de loyauté et d’innovation sont réinstaurés comme passerelles de la réussite et de promotion sociale.  L’Algérie n’a pas d’autres choix que d’accélérer les réformes structurelles, microéconomiques et institutionnelles, condition de la stabilité macroéconomique, sociale et politique et donc  rétablir comme symbole de la réussite le travail et l’intelligence, posant la problématique des liens dialectiques entre moralité , la lutte contre la corruption qui  devient un danger pour la sécurité nationale, à ne pas confondre avec les erreurs de  gestion afin de ne pas démobiliser les managers  et  le développement. L’Algérie pays pivot au sein de la  région, à fortes potentialités, sous réserve d’une nouvelle gouvernance  et de la correction de la trajectoire socio-économique a les possibilités d’éviter le retour au FMI horion 2022, ce qu’aucun  patriote ne souhaite.
 

Abderrahmane MEBTOUL
Lundi 21 Janvier 2019 - 17:56
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