REFLEXION

PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE : Combien coûte une fécondation in vitro ?

En une quinzaine d’années, plus d’un millier d’enfants ont vu le jour en Algérie grâce à la technique fécondation in vitro (FIV). Les effets de l’infertilité sont certes réduits, mais pas totalement enrayés, puisque l’assistance médicale à la procréation n’aboutit à un bébé au berceau que dans 30% des tentatives (le taux de succès est de l’ordre de 15% à 20% par cycle).



Au-delà de ce fait, le traitement par FIV est quelque peu contraignant du point de vue médical ; la ponction ovocytaire pour prélever les ovules chez la femme n’est pas sans douleur et le traitement astreint le couple à des arrêts de travail répétitifs, mais aussi financiers. Le coût global d’une tentative de FIV (acte et traitement) avoisine les 220 000 DA. Une somme importante dans un pays où le salaire minimum garanti est de 12 000 DA. D’autant qu’il est avéré que la PMA ne réussit, souvent, qu’au bout de la 2e, la 3e, voire davantage de tentatives. S’il a été précurseur en la matière en obtenant, en 1993, neuf naissances par fécondation in vitro au service PMA de l’hôpital Parnet (structure fermée en 1995), le secteur public peine à répondre à une forte demande sur les techniques de la procréation médicalement assistée. Il est suppléé dans ce domaine par les opérateurs privés. En moins de dix ans (la première autorisation du ministère de la Santé a été signée en 1999), huit cliniques privées, spécialisées dans la PMA, ont pignon sur rue (quatre à Alger, une à Annaba, une à Constantine et une à Oran). Pourtant, l’investissement est lourd ; l’approvisionnement en réactifs hasardeux — c’est souvent sous le manteau qu’ils sont importés — et le vide juridique handicape la pratique d’un acte biomédical très délicat, car il dicte la manipulation de cellules humaines vivantes contenant le capital génétique du bébé à naître.

Un couple infertile éprouve de grandes difficultés
Selon des statistiques récentes fournies par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, environ 300 000 couples souffrent de stérilité, soit environ 7% de ceux en âge de procréer. Si le couple ne parvient pas à avoir des enfants au bout de deux ans de mariage, sa stérilité devient une très forte probabilité. “On parle de stérilité du couple dès lors qu’on constate le caractère pathologique de l’infertilité”, définit le directeur de la population au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. L’interlocuteur refuse l’usage des deux termes comme des synonymes, bien qu’ils soient très proches par le sens.  Un couple infertile éprouve de grandes difficultés à procréer de manière spontanée. Un couple stérile n’a aucune chance d’y arriver sans assistance médicale et même parfois en y recourant. Au-delà de l’aspect scientifique du problème, la stérilité ou l’infertilité introduit souvent le drame dans la famille, qui ne saurait — dans l’entendement général — se considérer comme telle en ne comptant pas en son sein un ou plusieurs enfants.

Seulement  huit cliniques privées de procréation médicalement assistée
Il s’avère que l’indice synthétique de fécondité est tombé, en Algérie, à 2,25 en raison de la maîtrise de la planification familiale et du recul de l’âge du mariage. Une enquête de l’OMS, menée en 2006, confirme que l’âge du premier mariage est de 33,5 pour l’homme et de 30 ans pour la femme.
C’est justement cette tendance qui induit le risque d’amplification du problème d’infertilité. “Le nombre de couples qui n’utilisent pas de contraceptif — donc qui désirent avoir un bébé — est monté de 6% en 1992 à 33% en 2006”, informe le directeur de la population au département de Hazbellaoui. Une potentielle hausse des statistiques afférent à la stérilité pourrait se justifier, également selon elle, par une meilleure aptitude des jeunes couples à communiquer et à appréhender la difficulté ensemble. “Nous avons beaucoup de moyens d’exploration de l’infertilité. Cela coûte 2 000 DA. Il ne faut pas hésiter à faire un diagnostic avant de prescrire un traitement”, recommande un docteur gynécologue et chef de service du centre PMA de la clinique El-Farabi. Une manière aussi de faire gagner du temps au couple qui se perdra sinon dans les méandres de voies sans issue. Là où le secteur privé peine à démarrer, il investit lourd. Sur les huit cliniques privées de procréation médicalement assistée (PMA), quatre existent dans la capitale. Elles reçoivent, quotidiennement, des dizaines de couples qui désirent enfanter par la grâce de la biomédecine. Témoignages, dans ce reportage, de femmes qui mettent tous leurs espoirs dans les techniques de la PMA. Ce qui était inconcevable, il y a dix ans, dans une société très rétive au traitement de la stérilité autrement que par les méthodes séculaires des masseuses et des mixtures des herboristes, frôle désormais la normalité. Des centaines de couples, issus de tous les niveaux sociaux et intellectuels, recourent à la procréation médicalement assistée (PMA) pour connaître enfin la joie d’être parents.

Le traitement remboursable par la sécurité sociale
L’assistance médicale à la procréation trouve un écho de plus en plus grand auprès des couples infertiles. Il n’en demeure pas moins que l’essor de la pratique se heurte, pour l’heure, contre le coût dissuasif de l’opération et un vide juridique. La PMA ou AMP n’est pas incluse dans la nomenclature des actes des médecins, pharmaciens, chirurgiens dentistes et auxiliaires de santé remboursés par la Caisse de sécurité sociale. La fécondation in vitro, sous ses différentes formes, est facturée à 100 000 DA, avec un effet dégressif à partir de la deuxième tentative, qui revient à 85 000 DA. Le coût du traitement de stimulation de l’ovulation est évalué à environ 150 000 DA (il est remboursable par la sécurité sociale). Ne sont pas inclus dans la somme le bilan et les examens médicaux et la prise de sang, préalables au traitement et à l’acte médical. Animés par le seul désir de rendre le foyer plus gai par l’arrivée d’un bébé, les couples s’endettent souvent pour réunir la somme nécessaire à une telle entreprise. Il n’en demeure pas moins que l’espoir s’émousse rapidement face à l’échec de la première tentative. Au doute qui s’installe sur la fiabilité de la méthode, se greffe la préoccupation financière.

 

Ismain
Vendredi 4 Mai 2018 - 17:36
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ACTUALITÉ
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