REFLEXION

POUR IDENTIFIER LE CHEF DU RESEAU DE DETOURNEMENT DE TERRES AGRICOLES : Une enquête sur le foncier agricole est demandée à Oran

« Beaucoup de terres ont été déclassées. Ça peut être le fait de l’Etat qui les destine aux logements sociaux par exemple, mais c’est souvent le fait de particuliers qui les détournent tout simplement », a dénoncé l’expert en agronomie, Fouad Chehat, tout en plaidant en faveur d’enquêtes pour établir la vérité sur ce phénomène qui condamne la société algérienne à la dépendance.



Des enquêtes sont nécessaires pour récupérer le foncier agricole détourné et condamner les auteurs de ces actes. A Oran, un baron du foncier pour ne citer de nom a détourné plusieurs terres agricoles au nom de sa famille et dont une assiette de 1,5 hectare au nom de son épouse située au niveau de la 4ème périphérie, située sur un Oued et une  canalisation d’eaux usées de toute Oran qu'il aurait enterré avec du remblai. Cette assiette de terrain est inondable et non à vocation agricole, du fait qu'elle est située sur un Oued longeant toute cette superficie où transite le gros réseau  de canalisation  et d'évacuation des eaux usées. Il a ainsi détourné cette assiette de 1,5 hectare au nom de son épouse  depuis 13/07/2014, et elle est resté vierge sans exploitation parce qu'il voulait la brader en la détournant de sa vocation initiale et la transformer en terre urbanisable. Il n'a pas hésité pour déposer un dossier pour un permis de construire au niveau de l'APC de Sidi Chahmi. Heureusement,  il a fait l'objet de refus pour non conformité. Ce baron du foncier agricole,  selon nos sources, était protégé par des ex-haut responsables pour ne citer de nom et la complicité d’éléments des services de la direction de l'agriculture de la wilaya d'Oran qui lui ont attribué cette assiette de 1,5 hectare inondable et non à vocation agricole . Le détournement des terres agricoles  a commencé avec «la promulgation de la loi de 1983 qui accorde des concessions agricoles pour devenir ensuite des propriétés privées».  Cette démarche  a complètement désorienté la propriété terrienne en Algérie. «A partir de ce moment là, beaucoup de terres ont été données à des personnes qui se présentaient comme des investisseurs qui ne dépensais rien mais prenaient la terre  et d’autres sont attribuées à des citadins sans connaissances en agriculture et dépourvus de moyens». Dans la wilaya d'Oran  «l’attribution de vastes superficies à des patrons spécialisés dans les travaux public». Loin d’être un cas isolé, cette révélation est «symptomatique» de la politique agricole nationale. Un  comportement des investisseurs semblable à celui des colons. «Dans l’imaginaire de Algériens aisés financièrement, il y a une volonté de faire comme les colons et avoir des fermes et des chevaux…». Cependant,  le moteur le plus important est l’intérêt. «Les porteurs de capitaux savent que quand on investit dans la terre on ne perd rien»,  qu’en dépit des pertes d’investissements sur la production, une terre acquise gratuitement reste un capital qui prend de plus en plus de la valeur. Ces derniers mois, des voix se sont élevées pour demander aux pouvoirs publics l’affichage des listes nominatives des bénéficiaires des terres agricoles à travers la wilaya d'Oran. Des  associations locales, par le biais de requêtes adressées au procureur général près la Cour d'Oran , ont demandé l’ouverture d’une enquête sur les procédés qui ont permis à certaines personnes qui n’ont rien à voir avec l’agriculture de bénéficier de terres agricoles ! «Des superficies importants de terres ont été cédées à des non-agriculteurs, dans les régions d'Oran, Emir Abdelkader, Es-Senia ,Misserghine, Boutlélis, Ain Turk, Bousfer et El Ançor ., Bethioua et Oued Tlélat. Parmi les bénéficiaires, il y a, entre autres, des députés , des élus de l’APW, des anciens élus de l’APC d'Oran et des hommes d’affaires, ainsi que leurs proches», nous dira un citoyen de Misserghine .Selon une source, parmi les bénéficiaires de terres agricoles, avec l’appui des oligarques proches du clan Bouteflika, certains ayant eu vent des opérations de contrôle entrant dans le cadre de l’assainissement ont donc paré au plus pressé en procédant à des fonçages pour donner l’impression que les terres étaient travaillées. Il est à signaler que la wilaya d’Oran enregistre 287  occupants sans documents ont été recensés jusqu’à présent. Ce recensement s’inscrit dans une démarche visant à organiser le secteur. Le ministère de tutelle avait lancé en 2017 une opération pour le  recensement des terres agricoles non exploitées.

 

Medjadji H.
Samedi 16 Novembre 2019 - 15:38
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