REFLEXION

PLUS DE 400 JEUNES ONT PRIS LE LARGE : Que se passe-t-il à Mostaganem ?



En dépit de la pandémie de Coronavirus et de tous les risques de la traversée de la grande bleue, des centaines de harraga mostagananémois ont pris la mer à destination de la péninsule Ibérique. En effet, les médias espagnols ont rapporté que plus de 400 migrants clandestins algériens, ont débarqué sur les côtes sud de l’Espagne à bord de 31 bateaux  dans la nuit de vendredi à samedi 25 juillet. Le phénomène de l’émigration clandestine (appelée communément la harga) prend une ampleur sans précédent ces derniers jours, à Mostaganem. Que ce soit à partir des côtes de Sidi Lakhdar, ou celles de Benabdelmalek Ramdane, il ne se passe pas une semaine sans qu’on ait vent d’un convoi de harraga, des deux sexes, prenant le large en direction de l’Espagne. La plupart de ces candidats à l’émigration clandestine n’ont pas la trentaine, et on y compte autant de mostaganemois  que de ressortissants étrangers. Cet été, des jeunes, à bord d’embarcations pneumatiques appelées Sillinger, ont mis le cap sur l’autre rive de la Méditerranée, et sont arrivés sains et saufs en Espagne, ce qui a créé une sorte d’appel d’air. Nombre de vidéos circulent sur internet, où on voit des harraga mettant le cap sur l’Espagne, avec le V de la victoire et l’air déterminé. D’après plusieurs témoignages, les harraga se nourrissent, durant le trajet, essentiellement de pâte de dattes compressées, un aliment commode à transporter, et qui est le plus à même de leur donner assez de force et d’énergie pour supporter les péripéties de la mer. Il faut noter cependant que le phénomène de la harga, s’il est inquiétant à plus d’un titre, n’est pas propre à la wilaya de Mostaganem. A Oran voisine, la situation est quasi-pareille, sinon pire. C’est en tout cas ce qui ressort de l’intervention de la représentation diplomatique d’Espagne à Oran, qui avait fait part du sauvetage, en un jour, de plus 400 migrants par les gardes-côtes espagnols, partis de 4 plages de l’ouest de l’Algérie. En Algérie, pour endiguer le phénomène, ou tout au moins le freiner, les pouvoirs publics, à grands renforts de fatwas des imams, etc...), tentent de dissuader celles et ceux qui seraient tentés par cette aventure périlleuse. Mais pour beaucoup d’analystes, cette démarche ne peut aboutir et fait l’effet de coups d’épée dans l’eau, étant entendu, d’après l’affirmation de certains, que c’est justement les répercussions du Coronavirus sur les familles les plus modestes et la cessation des activités des travailleurs journaliers qui poussent ces jeunes désabusés et en mal de perspective à prendre le large, même clandestinement. Fait nouveau : à la fin du mois de juin dernier, les autorités locales de Mostaganem, devant l’ampleur sans précédent de la harga dans leur wilaya, ont lancé une opération de charme à destination des habitants des zones d’ombre qui sont les premiers à souffrir de la marginalisation et du chômage. Cette campagne a été menée pour recenser les zones d’ombres de la wilaya pour éventuellement les faire bénéficier de projets de développement. Mais, jusqu’à l’heure actuelle et malgré les rencontres du wali Abdessamie Saidoun avec les représentants des zones d’ombre, aucune opération n’est venue confirmer les bonnes intentions des autorités locales.                                                               

Smain
Mercredi 29 Juillet 2020 - 17:07
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MOSTAGANEM
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