REFLEXION

On se dispute un électorat inexistant



Victorieux avec 44% des voix lors des législatives de 1991, le FIS a tenté 
de faire oublier les acquis de la Révolution de Novembre et les sacrifices en vies humaines qu’a exigée notre indépendance en essayant d’imposer au peuple une théocratie moyenâgeuse. Même si le chiffre indiqué par le ministre de l’intérieur de l’époque n’est qu’une fiction politique, car il ne reflétait pas la volonté de tout un peuple. Mais  il indiquait tout de même la persistance de la place occupée par le FIS dans notre pays. Les dirigeants du FIS aimaient bien passer pour populistes. Quelques inflexions sociales dans leur  discours, le thème de la Chariaa utilisé pour tenter de camoufler son combat contre la démocratie en Algérie, quelques accents intégristes qui exonèrent de la question essentielle de la construction d’un Etat enfin civil ne peuvent faire oublier que, tout au long de son histoire, le FIS n’a jamais fait autre chose que servir de bouclier au totalitarisme en détournant la colère sociale contre des boucs émissaires, les démocrates. Le combat contre le FIS est plus que jamais d’actualité. Lui disputer l’électorat populaire, en ces temps de crise, est une nécessité. Incontestablement, la déconstruction argumentée est indispensable. Elle ne peut toutefois être efficace qu’en étant simultanément intellectuelle et politique. La posture morale a échoué et le potentiel qui s’était exprimé dans les manifestations de l’entre-deux-tours de 1991 ont été gâchés parce qu’il n’a été offert aucun canal d’expression proprement politique à l’indignation citoyenne qui s’était fait entendre. L’importance de la riposte politique vient de ce que le FIS a été un phénomène électoral avant toute autre chose : il n’a pas mis en place un maillage serré du corps social, ne dispose d’aucun grand média, a un ratio adhérents-électeurs très faible. Il faut donc le contrer sur le terrain électoral, à la fois par une présence militante et par un projet idéologique. N’oublions pas que les cadres Salafistes sont souvent animés par ce qui fait défaut ailleurs : une vision du monde, un narratif historique de notre histoire islamique. La critique argumentée doit également dépasser les vieux schémas antifascistes : le FIS n’est ni nationaliste ni novembriste, il est un phénomène de la post-mortalité.

Réflexion
Lundi 9 Janvier 2012 - 11:28
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Edito
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