REFLEXION

N’oublions pas les victimes ignorées



On le sait, la concorde civile et les différentes lois d’amnistie que nous a concocté l’ex-président n’ont  rien réparé. Elles n’ont fait qu’accroitre les divisions et les méfiances. Les victimes et leurs familles souffrent en silence et n’ont pas droit à la parole sous peine de poursuites judiciaires. Pendant que leurs bourreaux n’ont jamais été inquiétés, n’ont jamais présenté d’excuses publiques. Comment faire cesser le silence ? Comment surmonter la terreur et le traumatisme qui en sont les corolaires immédiats? Comment exorciser les démons du passé ? Comment retisser et réparer les déchirures d’une société disloquée ?  Pour panser ces blessures, il nous faudra faire un véritable travail de réconciliation. Les exemples sont nombreux. On peut citer les commissions qui sont nées lors de périodes de transition en Bolivie (1982), en Argentine (1983), au Chili (1990), au Salvador (1993), en Haïti (1995) et aussi en Afrique du Sud (1995) et au Rwanda (1996). Il n’y a évidemment pas de solution miracle. Aucun modèle n’est parfait. On ne se remet pas de plusieurs années d’apartheid, d’un génocide ou d’une dictature militaire aussi aisément. Mais face à la difficulté de recourir à une justice pénale qui loin de pacifier les traumatismes, les prolonge et les avive, il faut un nouveau droit fondé sur la vérité, la responsabilité, l’équité et le pardon. C’est ce qu’on appelle une justice transitionnelle dont la principale vertu est de libérer la parole. Que chacun puisse enfin s’exprimer. Victimes d’abord et avant tout. Et pourquoi pas bourreaux. Que ceux qui ont souffert et souffrent encore se sentent entendus et compris.  Que ceux qui ont commis des crimes et s’en repentent, présentent des excuses. Il y a aussi les blessures des années 1990. Plus récentes et plus vives. Plus d’une décennie de discorde, de fitna, pour employer un terme qui tient une place particulière dans notre imaginaire. On a tant et si vite tourné la page de cette période noire que nous sommes incapables de chiffrer exactement nos morts.

Smain
Vendredi 10 Mai 2019 - 18:18
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Edito
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