REFLEXION

MOSTAGANEM : Un commissaire sauve un homme-torche

Encore une fois, un malheureux évènement est venu ternir la paisible atmosphère des alentours du siège de la wilaya de Mostaganem, lorsqu’un trentenaire s’est aspergé d’essence avant de passer à l’action en tournant le cylindre du briquet ! Un acte qui, à vrai dire, ne traduit ni le chient-dent du mal social, ni autre indigence ; si ce n’est la misère de l’âme humaine dépourvue de toute foi qu’il met en évidence en ces douloureux fins des temps.



Lundi 24 avril : il est 10h10, comme sur la publicité des montres de grandes marques, lorsqu’un individu sous l’emprise d’une dépression, campe à l’entrée du siège de la wilaya du côté de la CIA pour crier son ras-le-bol de mal logement. Deux policiers en faction remarquent le micmac du jeune homme. Ils se dirigent vers lui, en même temps qu’un véhicule de police en ronde, d’où descend un commissaire. Mais l’homme, répondant aux initiales de B.M., sans trop tarder, ouvre une bouteille contenant de l’essence et s’en asperge. D’où un vif dialogue engagé par le commissaire qui essaya d’apporter le dépressif à de meilleurs sentiments.  Or, sourd à toute tentative d’apaisement et autres rappels d’ordre religieux, l’homme en question, âgé de 35 ans, de son état handicapé physique à 60%, résidant dans la localité de El-M’jahri B’raiss dans la commune de Mamèche, et qui attend une aide dans le cadre du FONAL depuis juste six mois.   Comme un forcené hanté, ne cessait de marmonner à voix basse et de façon confuse, « c’est de l’injustice ». Sous l’emprise du mal, décidemment, il ne semblait rien entendre hormis la voix de Satan apparemment, puisque sans autre préavis, il passa à l’action dans un ultime geste en allumant le briquet. En moins d’une fraction de seconde, son corps s’embrasa. L’insoutenable image d’un homme déambulant en feu, qui a repoussé les badauds n’a pas pour autant écarté les  policiers qui se sont jetés sur lui. Encore moins ledit commissaire âgé de 46 ans et père de famille qui, dans une action de bravoure dépourvue d’ambition héroïque, mais plutôt d’un homme digne de sa mission et surtout d’humanisme, se projeta avec beaucoup de sang-froid sur l’homme-torche en avançant sa veste d’uniforme pour étouffer ce qu’il pouvait étouffer d’un feu qui montait à au moins un mètre en haut, -car il fallait le voir pour croire-, pour que B.M. ne périsse pas durant l’immolation.  Heureusement, plus de peur que de mal, pour nos policiers qui s’en sont sortis avec des blessures légères, alors que l’un s’en est vu marqué la main gauche par plusieurs brûlures, tandis que le haut de l’uniforme du commissaire, s’est tout simplement évaporé à l’effet de l’embrasement pour la petite histoire. De quoi souhaiter à l’ensemble, un prompt rétablissement, surtout à B.M. qui plusieurs minutes après son extinction, se dégageait encore, de la fumée de son corps notamment la tête. Ce qui confirme le certificat médical des UMC qui parle d’un corps brulé à 75%. Alors que le pauvre B.M. qui parlait « d’injustice », corrigea de ton pour prier Allah, avant son admission par les pompiers, « je ne veux pas mourir ». De quoi confirmer, tel cité par les conférenciers de la DSP dans son thème lors de la célébration de la journée de la santé, que la dépression fait ravage chez nous et le manque de foi religieuse en est aussi pour quelque chose, pour ne pas dire une grande part.  

Ilies BENABDESLAM
Lundi 24 Avril 2017 - 20:22
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