REFLEXION

MOSTAGANEM : Les maires sous la pression du ‘’Hirak’’

Des mouvements de protestation secouent, ces jours-ci, la wilaya de Mostaganem à travers ses différentes communes où plusieurs sièges d’APC ont fait l’objet de fermeture de la part de citoyens en colère. Notons que plusieurs mairies ont été fermées. Parmi eux, on cite les communes d’Oued El Kheir, Tazgait, Ouled Boughalem, Khadra, Achaacha et la toute dernière, celle de Safsaf.



En effet, le siège de la mairie de Safsaf, dans la daïra de Bouguirat, au sud de Mostaganem, vit sous tension depuis les dernières élections locales qui a vu le maire contesté de cette commune arracher un autre mandat.  Des centaines de personnes, dans leur majorité des jeunes, ont investi les lieux et ont procédé, hier matin, à la fermeture du siège de l'APC. A noter que jusqu'à hier, tous les services de l'APC ont été bloqués. Il est à signaler qu’en tentant hier matin de procéder pacifiquement à la fermeture du siège de l’APC de Safsaf, les jeunes manifestants ont été la cible de jets d’œufs de la part des partisans du maire. Selon les manifestants, le maire d’obédience FLN a fait appel à certains de ses partisans ainsi que ses employés pour empêcher la fermeture de cet édifice et ce, en usant d’œufs. Plusieurs altercations même physiques ont été enregistrées entre ces deux protagonistes et il a fallu l’intervention de certains sages pour éviter un dérapage. Les  contestataires ont jugé nécessaire de quitter les lieux, après une matinée agitée, tout en promettant de revenir en force pour dénoncer l’opacité caractérisant la gestion de cette APC, qui a été gelée par le wali et dont le maire se retrouve l’unique administrateur et où seule la clientèle du maire y est  privilégiée. Selon certains observateurs à Safsaf, le recours du maire à la mobilisation de ses partisans pour empêcher une action pacifique relève d’un antécédent dangereux qui ouvre les portes à tous les dérapages. À Achaacha et Khadra, les habitants ont procédé à la fermeture du siège de leurs APC respectives, tôt dans la matinée, suite à une réunion tenue la veille sur la placette. La décision de fermeture de la mairie a été prise à l’unanimité. «Cela fait trois mois que nous ne cessons de venir, en tant que notables de ce village, à l’APC pour réclamer une meilleure prise en charge des problèmes des citoyens. Une réclamation que nous réitérons à chaque fois auprès des responsables locaux. Mais ces derniers ne font malheureusement que nous promettre des solutions que nous ne voyons pas se concrétiser. Cela fait des semaines que l’eau ne coule plus des robinets dans certains douars. Les ordures ménagères ne sont pas enlevées tous les jours. La population ne supporte plus de telles carences, notamment à l’approche des grandes chaleurs. C’est pour cette raison que nous avons décidé de fermer le siège de l’APC», a déclaré un notable. L’APC doit s’engager, nous dit-on à trouver une solution rapide à tous les problèmes. À Oued Maâllah, une localité à 66 km à l’est de Mostaganem, des citoyens ont fermé le siège de l’APC en cadenassant la porte principale et ont même dressé une grande tente devant cette infrastructure administrative pour leur servir d’abri contre les intempéries. Selon eux, ils ne quitteront pas les lieux si leurs revendications ne sont pas satisfaites comme ils exigent également le départ de l’exécutif et de l’ensemble des élus municipaux. «La solution à cette crise passe par le départ du maire et de son exécutif», scandent les contestateurs. Ils exigent aussi l’intervention du wali pour mettre un terme à cette situation qui dure depuis longtemps dans cette commune. Les communes de Tazgait et Oued El Kheir ont connu le même sort au cours des deux dernières semaines, ayant comme catalyseur la mauvaise prise en charge des doléances, la carence dans le développement local et le non-respect des jours de réception. Ils ont demandé le départ de leurs P/APC et l’exécutif communal. A Tazgaït, les manifestants revendiquent le développement local, dénoncent la dégradation des routes au niveau de plusieurs douars, l’absence d’aires de jeux, les problèmes du chômage et du logement. Comme ils dénoncent l’insuffisance du transport scolaire et le fait que certains élèves font plusieurs km pour rejoindre leurs établissements scolaires. Les habitants affirment qu’ils vivent le calvaire dans cette localité. Comme ils dénoncent que le maire ne les reçoive pas lors des journées réservées à cet effet. Le chef de daïra de Sidi Ali n’a pas pu apaiser la tension des protestataires, qui demandent le départ pur et simple de ce responsable élu. Les habitants déclarent que les autorités locales avaient promis, dans le passé, de régler ces problèmes, mais en vain. Le maire, de son côté, nie en bloc toutes les accusations dont il est l’objet et s’est prononcé contre la fermeture du siège de la mairie qui, en réalité, pénalise le citoyen. «Il y a d’autres moyens pour revendiquer», dira-t-il. Sur les lieux, les protestataires affirment que leur mouvement continuera : «On restera plantés devant le siège de cette mairie si aucune mesure n’est prise par les responsables concernés pour satisfaire nos revendications». Enfin, à Oued Kheir, le maire d’obédience RND, a tenu  à ignorer la contestation en disant, selon certains témoignages, que tant qu’il perçoit son indemnité d’élu, ‘’que la mairie reste fermée’’.

Smain
Lundi 25 Mars 2019 - 16:31
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MOSTAGANEM
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