REFLEXION

MERS EL-KEBIR (ORAN) : Un abattoir clandestin en plein tissu urbain à Dadayoum

L’abattage clandestin fait rage en cette période de lutte contre le Coronavirus. Les abattoirs sont devenus des foyers infectieux importants. Au moins 115 de ces lieux ont ainsi été touchés par l'épidémie. Comment expliquer cette propagation du virus dans ces usines en particulier ? Les habitants du quartier Dadayoum, situé sur les hauteurs de la municipalité de Mers El Kébir, ont dénoncé la dégradation de leurs conditions de vie, qui va crescendo au fil du temps, causée par l'implantation d'un n abattoir clandestin situé en plein milieu du tissu urbain.



Au niveau du  site de l’abattage clandestin, dans le quartier populeux de Dadayoum dans la commune de Mers El Kebir, les carcasses des bêtes abattues sont jetées et abandonnées dans la nature, dégagent des odeurs nauséabondes dans cette importante cité à grande agglomération. Selon nos interlocuteurs, cette activité illicite qui a foisonné ces dernières années dans la dite municipalité et ce, avec toutes les conséquences négatives découlant sur la population, « est en réalité un secret de Polichinelle pour les responsables concernés et à priori ne semble plus émouvoir quiconque ». Devenue le moyen favori d’approvisionnement en viande d'ovins de bovins et de volaille pour les revendeurs et même les boucheries installés dans le marché du chef-lieu de la daïra d’Aïn El Turck, des municipalités de Bousfer et d’El Ançor et même d’Oran, cette activité illicite semble encore avoir vraisemblablement de beaux jours devant elle et ce, à la faveur de l’indifférence de tout un chacun. Outre la piteuse qualité du produit mis sur le marché qui échappe à tout contrôle vétérinaire, l’impact de cette activité sur la santé des riverains et de l’environnement de ladite municipalité est exécrable au plus haut point. Les habitants du dit quartier où l’essentiel des abattoirs clandestins bat leur plein, une dizaine environ, sont répertoriés s’indignent également de l’innommable constaté sur les bas-côtés du chemin rural, non classé, menant du quartier  Dadayoum au lieu dit Santa Monica qui s’est transformé en une véritable décharge sauvage où sont déversés notamment les déchets et autres abats des bêtes et de volailles, pourrissant sous le soleil, en dégageant des odeurs nauséabondes insupportables. Ces lieux se sont transformés en garde-manger pour des meutes de chiens errants, de chats, de rats et aussi de sangliers. Nos interlocuteurs pointent un doigt accusateur sur les occupants de l’immense bidonville de Dadayoum comme étant les exploitants de cette activité illicite. A défaut d’incinérateurs, les déchets générés par l’activité (poussins morts, abats de poulets et détritus et autres résidus d’aliments de volaille) sont abandonnés sur les bas-côtés de ce chemin et/ou en pleine nature. Les abats et les restes de cette activité, interdite en principe par la loi, attirent non seulement toutes sortes d’animaux nuisibles mais en plus exposent au danger de la contamination des nappes phréatiques et ainsi le risque d’épidémie via les moutons et les vaches qui se nourrissent dans ces décharges sauvages. Il est utile de noter dans ce contexte que dans le but de créer un point réglementé pour l’abattage et lutter contre le phonème de l’abatage clandestin, qui prend de l’ampleur, deux abattoirs ont été ouverts  récemment dans la municipalité d’Aïn El Turck. L’un de ces abattoirs est destiné à la viande blanche et le deuxième pour la viande rouge. La première structure qui emploie dix personnes a une capacité de 300 unités par jour, alors que la deuxième est d’une capacité de 500 kilos de viande rouge par jour et emploie 5 personnes. Toujours est-il que selon nos sources les contrôles inopinés effectués dans les boucheries par les brigades mixtes, composées de représentants des services agricoles, de la santé et de la DCP, ont fait ressortir la complicité de certains gérants. Il est à souligner que plusieurs plaintes sur des décharges sauvages  de carcasses de bêtes ont été adressées par les habitants de Mers El Kebir aux autorités compétentes mais sont restées lettre morte sans aucune suite pour des motifs inconnus.

Medjadji H.
Dimanche 31 Mai 2020 - 17:41
Lu 510 fois
Oran
               Partager Partager

Oran






Edition du 23-09-2020.pdf
3.28 Mo - 22/09/2020





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+