REFLEXION

M. SADEK CHAIBEDRAA COORDINATEUR DE L’ANGEM DE LA WILAYA DE MOSTAGANEM A REFLEXION: Toutes les facilités sont accordées aux jeunes pour monter leurs propres projets

L’Agence Nationale de Gestion du Micro Crédit, créée par le décret exécutif N°:04-14 du 22/01/2004, représente un outil de lutte contre le chômage et la précarité visant le développement des capacités individuelles des personnes à s’auto prendre en charge en créant leur propre activité. L’Agence est représentée par un réseau de 49 Coordinations de Wilayas appuyées par des cellules d’accompagnement au niveau de 85 % des daïras du pays. Pour ce qui concerne la wilaya de Mostaganem, Réflexion a invité dans son forum hebdomadaire M.Chaibedraâ Sadek, coordinateur de l’ANGEM de la wilaya de Mostaganem, pour répondre à certaines préoccupations des jeunes en matière de micro crédits relevant de cette agence.



M. SADEK CHAIBEDRAA COORDINATEUR DE L’ANGEM DE  LA WILAYA DE MOSTAGANEM A REFLEXION: Toutes les facilités sont accordées aux jeunes pour monter leurs propres projets
Qui est M. CHAIBDRAA Sadek ?
L’invité du cinquième forum de Réflexion est M. Chaïbedraâ Sadek, coordinateur de l’Agence Nationale de la Gestion des Micro crédits (ANGEM) de la wilaya de Mostaganem. M. Chaïbedraâ, 57 ans, marié et père de six enfants. Etudes universitaires en droit des affaires. Trois années de formation (1983 – 1986) à l’Institut National du Travail de Draria (Alger). Stage de perfectionnement sur le micro crédit à Marseille et Avignon (France). Cadre relevant du ministère du travail à compter de 1986. A exercé à Oran pendant trois années en qualité d’inspecteur de l’emploi (premier poste). Coordinateur de l’ANGEM, à Mostaganem, depuis juin 2006. Lors de cette rencontre, l’invité du jour a développé les principaux axes de ce dispositif, en mettant en exergue les paramètres qui caractérisent cette institution, par rapport aux autres dispositifs, essentiellement en matière de condition d’âge qui n’est nullement exigée. Avant que les questions ne soient abordées, M. Chaïbedraâ a fait état d’un bilan statistique de son agence.
Parmi les dispositifs mis en place par l’Etat, dans le but d’aider les jeunes dans leurs démarches en vue de créer leur micro entreprise, dans le cadre de projets financés en partie par des banques agréées, sous forme de crédits, figure l’ANGEM. A cet effet, chaque wilaya est pourvue d’une ANGEM dirigée par un coordinateur. Cette agence est représentée par un accompagnateur au niveau de chaque daïra. L’ANGEM a été instaurée en juin 2006. Dès lors que le jeune est disposé à s’engager, l’accompagnateur l’assiste dans la constitution du dossier requis. Comparativement à la France, le dispositif mis en place en Algérie est presque identique, sauf qu’en France l’Etat n’accorde pas de crédit. Il appartient au jeune de s’adresser à une banque de son choix pour solliciter un crédit. Donc le jeune est seul face à son engagement auprès de la banque qui aura accepté de le financer. Or qu’en Algérie le jeune n’est pas seul. Nous l’accompagnons dans sa démarche jusqu’à la phase finale, c’est-à-dire l’acquisition du crédit. L’ANGEM intervient dans deux créneaux, selon le type d’activité choisi par le postulant. Les jeunes ont un savoir faire mais ne disposent pas de finances pour réaliser leur projet. Nous avons donc le crédit dit PNR (crédit non rémunéré destiné à l’achat du petit matériel ou de la matière première.
Ce dispositif a également pour objectif la promotion de la femme rurale, contrairement aux autres dispositifs. Nous disposons, à cet effet d’un crédit qui n’exige de le la femme ni diplôme, ni attestation de travail. Une femme au foyer peut décider d’activer chez elle et solliciter un crédit dont le montant s’élève à 3 millions de centimes, sans intérêt, remboursable sur 15 mois. Selon les dernières directives du président de la République, ce crédit sera revu à la hausse et atteindra 10 millions de centimes. La condition d’âge n’est nullement exigée dans le cadre des micros crédits accordés par l’ANGEM. Les jeunes titulaires d’un diplôme sont plus avantagés que les autres. Néanmoins, il serait souhaitable que les jeunes postulants, non diplômés, aient au moins reçu une formation solide dans un CFPA. Ceux qui sont titulaires d’un diplôme ont l’avantage d’obtenir un crédit avec un apport personnel de seulement 3 %. Dans le cas contraire l’apport personnel sera de 5 % . Même pour ceux qui ne possèdent ni diplôme, ni attestation, il existe toujours une possibilité de par la convention passée avec la CNAC et la CAM (Chambre de l’artisanat et des métiers). Ces deux dispositifs interviennent dans le cas où un jeune possède un métier. A cet effet, il est soumis à un test en vue d’obtenir une attestation qui aura la valeur d’un diplôme.
Deux formes de crédits :
1- Le PNR (Crédit Non Rémunéré) : ce crédit est destiné à l’achat de la matière première ou du petit matériel. Compte tenu de la hausse constante des prix de la matière première et du petit matériel, nous avons demandé à ce que le montant de ce crédit soit revu à la hausse. Car il est plus que certain qu’avec 3 millions de centimes il est presque impossible de lancer une quelconque activité. Notre demande a été acceptée et le PNR va être incessamment augmenté pour atteindre 10 millions de centimes ; ce qui semble logique. La durée de remboursement reste la même. Une fois remboursé, ce crédit est susceptible d’être renouvelé autant de fois que le désire le postulant, au fur et à mesure que l’activité continue de se développer. Si la personne se destine vers un projet plus important, il n’y a aucun problème, comme il n’y a pas de limite dans l’acquisition de crédits.
2- Le PNR/AMP : ce second crédit est accordé jusqu’à hauteur de 40 millions de centimes et concerne les micros entreprises. Les cinq banques de l’Etat (BNA – BEA – BDL – CPA – BADR) conventionnées avec l’ANGEM interviennent dans le financement du projet jusqu’à hauteur de 70 % du montant sollicité par le postulant. Quant à l’ANGEM, elle intervient avec 27 %. Si le postulant détient un diplôme, son apport personnel ne sera que de 3 %. Si celui-ci ne possède pas de diplôme, son apport sera de 5 % et celui de l’ANGEM de 25 %. Dans les deux cas de figure, la banque accorde 70 % du crédit sollicité. Cependant, il faut savoir que le crédit de l’ANGEM est bonifié, c’est-à-dire sans intérêt. Ce qui veut dire que le bénéficiaire d’un crédit n’aura à rembourser que le montant du crédit dont il aura bénéficié. Quant aux intérêts de la banque ils sont supportés par l’Etat jusqu’à hauteur de 90 %.
L’ANGEM intervient, entre autres, dans cinq autres secteurs à savoir : l’agriculture, l’artisanat, le BTP, l’industrie et les services, entrant dans le cadre des 40 millions de centimes. Entre la période du 30.06.2010 au 31.01.2010 : sur 4531 PNR accordés, parmi les bénéficiaires d’un crédit, 212 sont revenus pour en solliciter un second, après avoir remboursé le premier. 208 autres ont bénéficié de deux crédits consécutifs. A travers cette mesure, notre objectif est que les postulants arrivent un jour à créer, à partir d’un petit projet pourquoi pas un grand ?
Voici quelques données statistiques concernant le PNR /PROJET pour la période allant du 01.06. 2005 au 28.02. 2011, concernant les cinq secteurs à savoir : agriculture : 296 – artisanats : 95 – BTP : 113 – industrie : 66 - services : 78, soit un total de 661 projets. Ces projets ont permis la création des emplois suivants : agriculture : 444 – artisanat : 143 – BTP : 170 – industrie : 99 – services : 117, soit un total de 972 emplois.
Concernant le PNR/AMP pour la période allant du 01.01.2010 au 31.12.2010, nous avons : agriculture : 294 – artisanat : 525 – BTP : 106 – industrie : 46 – servies : 128, soit 1099 micro entreprises créées qui ont permis la création de 1649 emplois ainsi répartis : agriculture : 441 – artisanat : 788 – BTP : 159 – industrie : 69 - services : 192. Dans le cadre du projet MIXT nous avons : 13 micros entreprises créées qui ont créé 20 emplois. Parmi les activités entrant dans le secteur de l’agriculture, nous favorisons l’élevage bovin, l’apiculture et l’irrigation. Il s’agit d’activités simples, peu exigeantes et ne nécessitant pas un crédit conséquent. Ainsi, 242 crédits ont été financés par la BADR à savoir : agriculture 22, apiculture 9 et l’irrigation 35 (serres et petites canalisations). Pourquoi l’élevage de bovins ? Parce qu’il suffit d’un hangar pour lancer l’activité.
Rôle de l’accompagnateur : il est habilité à faire l’étude technico économique du projet proposé par le postulant. Il intervient, entre autres, et apporte son soutien pour faciliter, en quelque sorte, les démarches au niveau de la banque. Son soutien est aussi moral parce que le jeune a tendance à s’égarer quelquefois. Nous faisons en sorte de combattre les éventuelles combines pour que le projet aboutisse.
Après ce tour d’horizon succinct sur ce qu’est l’ANGEM, M. Chaïbedraâ se dit prêt à répondre aux questions des journalistes.
Réflexion : Vous avez dit que le jeune doit participer à hauteur de 3% s’il est diplômé et de 5 % s’il ne possède pas de diplôme. En ce qui concerne l’ANSEJ, le président de la République avait annoncé que l’apport personnel était réduit à 1 %. Cette directive touche t’elle l’ANGEM ?
M.Chaïbedraâ S. : La différence qui existe entre les deux dispositifs auxquels il est fait allusion, se rapporte au montant du crédit octroyé et les conditions d’âge. En ce qui concerne l’ANGEM l’âge va de 16 ans et peut aller au-delà de 6O ans. Quant à l’ANSEJ, l’âge va de 19 ans jusqu’à 40 ans. Nous, nous proposons des crédits pour de petits projets, ce qui n’est pas le cas de l’ANSEJ. Si un jeune a une idée d’un projet important et ambitieux il est préférable qu’il s’oriente vers l’ANSEJ. Pour ce qui est de l’apport d’1 %, nous pensons que ces nouvelles directives toucheront aussi l’ANGEM, parce que tout dispositif est appelé à évoluer. S’il n’évolue pas cela veut dire que quelque part quelque chose ne va pas. Il y a, en principe, une évolution positive de tous les dispositifs mis en place, en fonction de la pression qui s’exerce à la base. Les jeunes demandent un plus et leurs demandes sont justifiées.
Réf : Le rééchelonnement concerne t’il uniquement l’ANGEM ou s’adresse t’il aussi aux banques, en cas de difficultés de remboursement dans les délais prévus ?
M. C.S. : Le rééchelonnement peut aussi être fait avec la banque si la demande est justifiée sur le plan économique, c’st-à-dire si le promoteur apporte des justifications valables et appréciables, prouvant qu’il est réellement dans l’impossibilité de rembourser sa dette. Il doit argumenter sa demande. Nous chercherons d’abord les raisons qui sont à l’origine de la difficulté. Nous faisons tout ce qu’il est possible de faire pour résoudre ce problème. Le but essentiel de notre démarche vise la continuité de l’activité et la réussite du projet. Tout projet réussi est susceptible de créer des emplois.
Réf : Combien de temps faut-il pour qu’un dossier soit ficelé ?
M.C.S. : 30 jours au maximum. Le 22 de chaque mois tous les dossiers déposés au niveau de l’ANGEM avant cette date sont traités.
Réf : Un mot sur la sensibilisation et l’information des jeunes.
M.C.S. : Nous intervenons dans le cadre des portes ouvertes organisées à cet effet. Par ailleurs, nous assurons la formations des jeunes ayant postulé pour un projet, dans les domaines du marketing, le calcul du bénéfice afin d’amener ces derniers à gérer au mieux leurs entreprises. Ce type de formation est appelé ‘GERM’’ : gérer mieux son entreprise. Nous prenons en charge 20 jeunes promoteurs par mois pendant une semaine. Les frais de formation sont à la charge de l’agence.

Bentahar M
Mercredi 23 Mars 2011 - 23:01
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Forum de Réflexion
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1.Posté par youcef le 24/04/2012 19:10
salut tout le monde a mon avis je pense que le crédit de 10milion de centime et peut poure quelque projet comme biensur le projet d'elvage de bovin