REFLEXION

M.MOUED ABED, PRESIDENT DE LA CHAMBRE DU COMMERCE D'ORAN A REFLEXION : ‘’L’investissement régional, un moteur de développement local’’

Mouâd Abed, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la wilaya d’Oran Chef d’Entreprise de communication et de publicité, propriétaire d’un cabinet d’affaire conseil et assistance en investissement. Titulaire d’un D.E.A option droit des affaires, président de la chambre du commerce de la wilaya d’Oran depuis 2014 , candidat à l’U.G.C.A.A Union générale des commerçants et Artisans Algériens , il est en même temps coordinateur de la wilaya d’Oran va se présenter pour les prochaines élections du 26 mai 2018 élection des chambres C.C.I chambre du commerce et de l’industrie souligne dans cet entretien, la nécessité du développement local qui reste, selon lui, « un important levier pour la relance économique de l’Algérie, à condition de bien connaitre les potentialités des régions et de mettre en place une cartographie des pôles excellence régionaux.



Réflexion : Depuis votre élection à la tête de la chambre de commerce de la wilaya d’Oran, quel est votre constat concernant les problèmes de l’investissement régional en Algérie ?
Mouâd Abed: Depuis notre élection à la présidence de la Chambre de commerce  de la  wilaya d’Oran  il nous a été donné de constater que l’investissement régional qui est considéré comme un moteur de développement local,  est en nette progression  du fait que nous sommes  arrivés à  réaliser 20 projets tous secteurs  à Oran  dans le cadre du patrimoine  51/49 notamment dans l’hôtellerie et le tourisme ,l’agroalimentaire, le  textile malgré toutes les mutations qu’a connu l’arsenal juridique national (nouveau code de l’investissement, la nouvelle loi sur les PME, les différentes lois de finances…).Malgré la volonté des pouvoirs publics au niveau central pour simplifier les procédures et les démarches, l’investisseur ou bien l’entrepreneur dans les différentes régions du pays reste confronter à une multitude de contraintes telles que l’accès au foncier industriel, le financement, la complexité dans la délivrance des autorisations d’exploitation. A titre d’exemple, si on voit les statistiques relatives aux projets d’investissement à la wilaya d’Oran, sur les 100 dossiers étudiés depuis 2014, dont une bonne partie a été acceptée pour qu’à la fin de la course on se retrouve avec 20 projets en exploitation.  Ce qui n’est  pratiquement pas le même cas de figure dans toutes les régions, et ce, grâce  au programme qu’on a présenté avec notamment  le  Schéma directoire de l’investissement  et la carte  économique de la wilaya d’Oran .On a participé à plusieurs Forums, salons et  rencontres à l’étranger à l’image de la France, l’Allemagne, l’Italie,  la Hongrie, la Turquie et le Portugal , toutes ces participations avaient pour objectif la relance économique des pays cités ,on les a invités  à rencontrer leur homologue Algérien. On a réglé presque  tous les litiges contentieux des différents dossiers  qui  étaient en souffrance. J’ai défendu l’épineux  dossier du Patrimoine de la chambre du commerce et  inscrit à  l’ordre du Patrimoine national  en compagnie de l’hôtel de ville d’Oran, un  vrai marathon.

Quel est l’effet du changement des ministres de commerce  et du tourisme dans une courte période sur la gestion de ces secteurs?
On espère qu’il y est un effet positif. Ce sont deux secteurs clés de notre économie chargés de la relance industrielle et de la régulation du marché. Pour ce qui est de l’impact de ces changements sur le développement local, je dirais qu’il est en nette progression dans notre  région de  l’Ouest. Les régions sont plus sensibles aux changements à la tête des collectivités locales plus qu’elles ne le sont au niveau des ministères.

Quels sont les obstacles qui empêchent les industriels algériens à aller vers l’exportation de façon plus soutenue?
L’export est un grand chantier qu’on doit gérer avec beaucoup de rigueur et de professionnalisme. C’est toute une dimension dans l’arène économique qui doit être mise en place. En commençant par le cadre juridique pour mieux encadrer notre commerce extérieur. Ensuite vient, l’entreprise qui doit inscrire l’export dans son plan stratégique et s’organiser en conséquence. L’entreprise doit maitriser toute la chaine du métier de l’export pour pouvoir disposer d’une offre exportable (compétitive et durable). Parallèlement à cela, c’est la logistique à l’export qui doit se développer selon les besoins du terrain afin de faciliter au maximum à nos entreprises leurs activités d’exportation et ainsi leur permettre d’avoir une meilleure maitrise des couts et des délais. Donc pour résumer un bon cadre juridique (Réglementation des changes, système bancaire et douanier modernes), une meilleure maitrise du métier de l’export et enfin une très bonne logistique. Il y a aussi le rôle des associations professionnelles telles que l’U.G.C.A.A et l’ACE et bien d’autres qui ont un grand rôle à jouer dans le conseil et l’accompagnement des entreprises voulant s’internationaliser. J’ai  réussi à réaliser pas mal  de points et je suis sur l’exécution de 70% du programme. A signaler aussi, le rôle important du réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI) en collaboration avec la Chambre Algérienne du Commerce et d’Industrie (CACI), qui se sont lancées dans un vaste programme de formation sur les métiers de l’export afin de permettre aux entreprises locales de former et recycler leurs personnels en la matière.

La production nationale s’étouffe malgré les mesures prises par le gouvernement afin de diminuer la facture de l’importation,  selon vous, est ce que ces mesures vont combler le manque ?
A mon avis, il faut déjà commencer par identifier la production nationale, par filière, par région et surtout par capacité de production (Formelle et informelle).  A partir de là, on peut parler de la mise en place d’un système de régulation qui comprend une limitation des importations, afin d’encourager les producteurs nationaux à étendre leurs capacités et en même temps diminuer la note de la facture d’importation. Tout ceci reste conjoncturel, vu que notre économie est appelée à plus d’ouverture vers l’international. Nos entreprises doivent en profiter de cette phase pour mieux se préparer à intégrer la chaine de valeurs mondiale.

Quelles sont vos propositions pour booster le développement local ?
 Aujourd’hui, les pouvoirs publics au niveau central sont plus que jamais décidés à faire du développement local un des leviers sur lesquels s’appuiera la relance de notre économie. Néanmoins, cette volonté a du mal à prendre forme sur le terrain, ce qui impose une démarche plutôt pragmatique et opérationnelle s’articulant sur les axes suivants :
1 – La Mise en place d’une cartographie économique du pays pour identifier les potentialités des régions et donner de la visibilité à tous les acteurs (investisseurs locaux et étrangers, administration, pouvoirs publics …). Ceci nous permettra la mise en place des pôles de compétitivités par région selon leurs vocations chose que j’ai réussi à la présenter aux investisseurs notamment le Schéma directoire de l’investissement de la wilaya d’Oran avec la cartographie   économique d’Oran.
2- Moderniser l’administration au niveau des collectivités par l’introduction des TIC et des nouvelles techniques de gestion des projets d’investissement.
3- Inciter le privé à la création et la gestion des zones industrielles.
4- Renforcer le rôle des CCI, associations professionnelles  et organisations patronales pour un meilleur accompagnement des entreprises.
5- Encourager la création des clusters par filière pour une meilleure synergie des entreprises.
6- Encourager la création d’entreprises dans des filières à haute valeur ajoutée.
7- Faciliter l’accès aux financements par la mise en place d’une banque dédiée au PME.
Ouvrir les portes à tous les opérateurs pour leurs doléances et aussi l’accompagnement à  tous les niveaux, mais aussi on a accéléré la formation  au niveau de la chambre   dans plusieurs  métiers et on a signé beaucoup de convention notamment avec l’Université de l’USTO, la ville de Bordeaux  dans le domaine  de l’hôtellerie. On a reçu pendant notre mandat plusieurs délégations et Ambassadeurs c’est une première en Algérie,  plus de 92 visites d’ambassadeurs à Oran. En effet, le directeur de la CCIO a fait état de 25 000 PME qui ont contribué à la création de 19 733 postes d’emplois au cours de l’année 2016 alors qu’elles étaient de 22 748 entreprises en 2013. Le bilan en question fait état de 65.41% des entreprises ainsi recensées activant dans les services, 22.95% pour le secteur du bâtiment et 12.45% pour le secteur de l’industrie. Les  chiffres ne collent pas aux normes internationales qui requièrent la création de 45 entreprises pour 1 000 habitants. La réalité nationale est de 10 entreprises pour 1 000 habitants et ce chiffre chute à 9 entreprises pour 1 000 habitants à Oran. Ceci dit,  que 2 725 dossiers de création de nouvelles entités économiques ont été introduits, au cours du premier trimestre de l’année en cours, dont 813 dossiers ont reçus l’accord de principe de lancement avec une projection de création d’environ 35 944 postes d’emplois directs.  Il faut dire que l’élection du Président de la CACI est la dernière étape d’un processus qui commence par les élections des représentants des chambres locales. Karim Cherif en compagnie de l’investisseur BYA  Electronique ont affichés depuis plusieurs mois leur intention de remplacer l’actuel  président. M. Mouâd Abed a été dans un premier temps élu président de la chambre de commerce et d’industrie d’Oran  et  membre de l’APC chargé du transport  et de  la circulation à Oran  , sa ville d’origine. Pour rappel,  Karim Cherif est président de la fédération nationale des restaurateurs et de l’hôtellerie, spécialisé dans le tourisme a été fondé en 1980 par  son père Cherif Mohamed, Il a commencé ses activités dans les constructions   et l’investissement du tourisme  et de  la promotion immobilière.  Aujourd’hui, il est l’un des leaders nationaux dans son secteur d’activité.

Votre dernier  mot  M .Mouâd Abed
 Je lance un vibrant appel à tous les opérateurs économiques de la wilaya d’Oran de se mobiliser et de se rapprocher de nous pour nous aider à développer plus les objectifs et les orientations  qu’on a prise pour  le bien de notre région qu’est la  relance économique.

 

Medjadji H
Mercredi 11 Avril 2018 - 17:28
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