REFLEXION

Les pays émergents doivent se moderniser au lieu de s’occidentaliser

"Au terme de "réforme", ce n'est plus l'idée d'amélioration qui est associée, mais n'importe quelle transformation, pour peu qu'elle épouse les contours de la "modernisation capitaliste." Henri Maler

La société, l’Etat, l’autorité … actuellement dans certains pays dits « émergeants » font partie d’un système dans lequel le politique, l’économique, et la religion sont représentés en tant que glissières d’omniscience. Un système n’est jamais statique, le poids de son mode de production qui le compose, le contexte international dont il fait partie, la transformation interne des moyens qui font produire la richesse du pays, ce système est facilité synchroniquement par les institutions sociales, culturelles et politiques.



Cette  principale raison   fondait par toute  société orchestrée et orientée plus  vers     la modernisation ou bien vers l’occidentalisation ou alors elle consiste à adhérer à la fois  à la modernisation et à l’occidentalisation sinon elle persiste à la stagnation et sera soumise à une autre force de changement révolutionnaire.
L’occidentalisation est un  dispositif  qui amène des individus ou des agents économiques à entériner des caractéristiques culturelles (les relations humaines, les techniques de consommation, la langue, la gastronomie, le sport…) , organisationnelles et même idéologiques issues de l’occident via  une imitation  parfois passionnée. Ce phénomène conduit à une assimilation culturelle qui est perçu comme une modernité mais aussi comme une perversion  c’est-à-dire une société soumise  et accompagnée par une acculturation due à un « impérialisme » culturel.
 Par contre la modernisation fait référence à la transition d'une société « pré-moderne », « sous-développée » ou « traditionnelle » vers une société dite « moderne ». La modernisation  est liée à l’industrialisation c’est-à-dire  de tout ce qui se rapporte  au  processus de transformation des sociétés vers le bien être. Au cours de l'Histoire, la révolution industrielle au XIXe siècle permit aux sociétés occidentales de se moderniser.
Le terme est toujours  en vigueur et employé pour faire référence notamment, aux politiques économiques menées par la  les pays dits « émergeants » et plus généralement aux efforts des pays du  tiers monde, afin de réaliser une transition vers une société dite  moderne. La modernisation est ainsi un des objectifs premiers des pays du tiers-monde, au même titre que le développement.
Le progrès technique est au cœur de l'économie et que les innovations apparaissant toujours par vagues, chacune d'elles entraînent d'autres innovations, auxquelles les mentalités ne sont pas préparées sur le moment de leur création.
Actuellement, la modernisation et l’occidentalisation   se consolident réciproquement et méritent d’aller de pair selon  une  certaine conception  qui  pour réussir il fallait  emprunter la seule et unique voie possible. Les principes moraux, les valeurs religieuses et les structures sociales  de ces pays dit « émergeants »  concernant particulièrement les pays arabes, ces derniers  sont hostiles aux valeurs et aux pratiques de l’industrialisme voir le cas de l’Algérie des années 70, la philosophie  de la révolution  industrielle algérienne entamée par le   modèle des industries « industrialisantes » sous le feu  H .Boumediene.
 Certains conventionnalistes disent que les « musulmans » parlant des arabes en particulier  ne peuvent se moderniser et par conséquent se développer si et seulement s’ils acceptent d’entériner le modèle occidental c’est-à-dire « s’occidentaliser ».
La Turquie pays musulman et non arabe par exemple avait  réussi tant bien que mal en se lançant dans un vaste effort de développement  sur la base des  vestiges de l’empire Ottoman tout  en combinant la modernisation avec l’occidentalisation,  de même qu’en rejetant le passé du contexte de la pratique sociale de l’islam, la culture classique étant  incompatible avec la modernisation et doit être abolie pour enfin  mettre en place une culture nouvelle, celle de l’occidentalisation( laïcité, séparation des pouvoirs- état de droit- pluralisme social-politique et culturel-…).
La science et la technologie nécessitent en quelque sorte un brassage   pour  mieux s’épanouir dans  le processus de pensée qui va de pair  aussi avec le modernisme. Ce métissage  représente le fondement même de tout développement;  par contre l’occidentalisation ne représente que la forme c’est-à-dire la dérivée de l’industrialisation d’où émane le mode de production base de la forme de la société en biens, services et culture  d’échange et de consommation.
 Le feu H. Boumediene en son temps voulait   accomplir la modernisation du  pays en mettant en place une conception intégrée, une stratégie de développement, un modèle et une nouvelle culture tout en incorporant la religion comme culture de partage équitable et de justice sociale (le socialisme n’est pas admis en islam selon la culture courante de l’époque). La conception de feu H. Boumediene espérait faire une compatibilité par étape  avec la science moderne et la pensée occidentale une sagesse de la culture musulmane acceptant les idées et les institutions modernes qu’elles soient scientifiques technologiques et politiques (constitutionalisme et gouvernement représentatif) pour le bien de toute la société.
Feu H. Boumediene s’est élancé dans un vaste effort pour la modernisation du pays  à travers   ses trois révolutions ( industrielle-agraire et culturelle) en symbiose avec la conception de la religion, des traditions, des coutumes et des institutions dominées par une fausse élite inconsciente et incompétente à la fois, cette fausse élite était  déterminée à faire barrage à une société moderne basée sur une pensée de l’éducation   créatrice.
Par contre la population active  des années 60-70 en majorité analphabète   voulait plutôt ressembler dans la forme à l’occident  tout en rejetant le modernisme par le  développement de la base matérielle. Cet état de  fait, de pensée et d’être avait  laissé place à une  volonté désespérée d’isoler la société du monde moderne pour laisser place à la domination de l’occidentalisation en tant que société de consommation par imitation. La rente pétrolière outil par excellence  de développement  a été détournée pour l’ouverture du marché extérieur et de là, il avait  permis de renforcer ce processus de l’occidentalisation par une consommation  démesurée et abusives de biens et de services et de culture  importés à outrance  de l’occident  c’est tout un nouvel  esprit , une nouvelle  pensée suivie par  un modèle du prêt à consommer, une politique de Bazard  et une stratégie mise en place pour s’occidentaliser  formellement.
 En conséquence, Cela a permis une sorte d’anomie de l’état et de la société par une destruction de la culture sociale de conduite.
La modernisation  nécessite de remplacer la culture initiale par une autre nouvelle qu’importe si elle est importée d’une autre civilisation , sinon combinée et adaptée à la  modernisation avec la préservation des valeurs et pratiques et institutions nouvelles . De l’ancienne culture propre à la société concernée nous avons comme exemple :
* la Chine  où elle avait  préservé l’éducation chinoise pour tout ce qui se rapporte aux principes fondamentaux de la société chinoise ; et adapté l’éducation occidentale pour la pratique seulement.
* Le japon a fait de même, il avait sauvegardé l’esprit japonais tout en mettant en œuvre les techniques occidentales.
  Ces deux pays  ont entamé une modernisation  technique tout en instituant  la conception de l’occidentalisation culturelle pour la modernisation seulement.
 Par contre le cas de :
*  l’Egypte au temps de Mohamed Ali en 1870, ce dernier avait essayé la modernisation technique sans l’occidentalisation  culturelle, tout l’effort porté dans cette entreprise s’était effondré ce  cas de figure  ressemble exactement  sur ce qui s’est passé en Algérie au temps de Feu H. Boumediene.
 Par contre au temps du président   feu Chadli , il  avait  permis d’en finir avec la modernisation via « l’industrialisation » pour opter vers une ouverture à « l’occidentalisation » via la consommation et la fin des investissements de développement. C’est toute une culture d’occidentalisation qui avait été mise en route niant le développement matériel
 La modernisation et l’occidentalisation sont désirables dont l’occidentalisation est indispensable pour la réussite de la première  et les deux en même temps sont possibles et préférables.
 L’occidentalisation culturelle sans la modernisation technique  permet  parfois  à la société non occidentale  d’absorber intelligemment  les éléments importants de la culture occidentale  et la booste  pour faire des progrès dans la modernisation.
Les sociétés  arabes particulièrement  se disent, se « moderniser » par effet de la conception de  l’occidentalisation car elles sont capables via la rente pétrolière, d’importer les gadgets de la  technologie moderne  afin de les mettre en œuvre pour la consommation seulement (marché)  tout en soutenant  leur culture existante en surmontant positivement toutes les contradictions sociétales. Cela veut dire que les sociétés arabes doivent abandonnées et la modernisation et l’occidentalisation ou bien les adapter les deux à la fois. Certains pays comme l’Iran et le Taiwan sont devenus des sociétés modernes sans vraiment s’occidentaliser.
La modernisation rencontre beaucoup de contraintes dans les sociétés musulmanes surtout arabes car la religion d’islam et la modernité  ne trouvent pas d’issues surtout dans le domaine économique tel l’intérêt, , la législation en matière d’héritage et surtout  la participation des femmes au travail et bien d’autres tabous . Mais rien n’indique de manière convaincante que l’islam représente un frein ou une contrainte pour se développer par la voie qui mène sur un système moderne dont la société découvre  sa prospérité.
La religion islamique n’a jamais interdit la science, ni la technologie ni le travail  productif  de même que la modernisation ne demande  pas elle aussi  une idéologie politique particulière. Il est de même pour la « charia » qui ne se prononce guère sur le changement positif qui accompagne la modernisation telle l’évolution de l’agriculture à l’industrie, de la mobilité sociale,  la stabilité sociale ni sur l’éducation, les communications, les transports et les soins médicaux…..etc.
Par conséquent la modernisation ne veut nullement dire  occidentalisation, et les sociétés  non occidentales peuvent se moderniser sans aucune contrainte encore moins d’abandonner leur propre culture sans pour autant   adopter les valeurs et les institutions occidentales. La modernisation renforce généralement les cultures existantes  et réduit la puissance de l’occidentalisation on peut devenir moderne et moins occidental.
 L’occident est passé par les étapes suivantes le christianisme, le pluralisme( démocratie  politique) ,l’individualisme( liberté individuelle , culturelle ,droit de l’ homme),l’autorité de la loi( égalité devant la loi, respect de la constitution et de la propriété privée). Ces étapes ont permis  dans le temps d’inventer la modernité,  de connaitre une croissance   et une expansion culturelle  à l’échelle planétaire et  enfin de s’imposer comme modèle aux autres sociétés.
La modernisation inclut l’industrialisation, le développement de l’éducation, la richesse, la mobilité sociale l’urbanisation et une division complexe et très diversifiée du travail, ceci influe sur le comportement, les valeurs, le savoir, le savoir faire et le savoir être et la culture dans la société moderne.
•« Le Choc des civilisations » de Samuel P.Huntington Edition  Odile Jacob poche histoire

 

BENALLAL MOHAMED
Dimanche 26 Mars 2017 - 20:10
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ACTUALITÉ
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