REFLEXION

Les cinq pays qui risquent de se diviser au Moyen-Orient

L’écrivain du New York Times, Robin Wright, l’un des journaux américains les plus respectés, prétend que cinq pays du Moyen-Orient seront divisés en 14 états en raison de conflits ethniques et religieux.



Robin Wright, un écrivain expérimenté du journal New York Times, a publié un article indiquant que cinq états différents pourraient être divisés en quatorze parties en raison du développement des rivalités ethniques et sectaires au Moyen-Orient. Wrigh suggère que la guerre en Syrie est un tournant et que cela va entraîner indéniablement la division Syrie, Irak, Arabie Saoudite, Libye et Yémen. L’auteur déclare que la Syrie sera divisée en trois régions différentes formées par les alévis, les kurdes et les sunnites, et que l’Irak sera fragmenté en raison des effets de la guerre.

Les Kurdes vont s’unir
Indiquant que les sunnites en Irak pourraient rejoindre une nation sunnite en Syrie et créer un nouveau pays appelé sunnistan, Wright rapporte que le même syndicat pourrait également se produire pour les chiites vivant dans deux pays. Il est révélé que les Kurdes des deux pays s’uniront pour former un nouvel Etat. La rébellion arabe joue un rôle important dans ces divisions, et l’écrivain souligne également que la fragmentation et l’unification auront lieu dans des formes chaotiques. La Libye, où les conflits entre les tribus sont vécues, sera divisée en deux ou trois états. Le Yémen, qui a fusionné il y a 23 ans, sera divisé de nouveau entre le nord et le sud. Quant à L’Arabie Saoudite, l’auteur prétend qu’elle pourrait être divisée en cinq états. Le pays, où la rivalité entre les tribus est vécue, où les différences socio-économiques sont énormes et où la ségrégation chiite-sunnite crée des tensions, connaîtra la plus grande fragmentation, selon le même auteur.

La partition de l’Arabie saoudite n’est qu’une question de temps
Le projet de fragmentation a toujours été remis en question. De nombreuses voix doutaient sur l’origine et la fiabilité de l’idée de diviser la région sur des bases nationales, religieuses et sectaires. Les versions et les écrits à cet égard sont nombreux, la version la plus célèbre est celle du penseur sioniste britannique Bernard Lewis dans ce qu'il appelle «le nouveau Moyen-Orient». Dans la carte inspirée par le schéma divisionniste de Bernard Lewis, l'Arabie saoudite apparait, divisée en trois états: le premier à l'Est pour les arabes chiites, le second en Occident appelé l’«État islamique Saint», le troisième au centre appelé l'«État saoudien indépendant», ainsi que l’annexion d’une partie des territoires du nord (Tabuk) à la Jordanie, et les zones de Jizan, Najran et Asir dans le sud qui feront de nouveau partie du Yémen.
Le 1er juin 2006, Ralph Peters, un officier américain à la retraite, a publié dans le Journal des forces armées «Armed Forces Journal», un article intitulé «les limites du sang» (Blood Limits).
Cet article contient un schéma similaire à celui de Louis, comprenant certains détails et explications plus évidents. L'officier américain considère que les Saoudiens souffriront de la perte d'une grande partie de leurs terres, tout comme le Pakistan. Il ajoute que les Saoudiens contrôlent les deux lieux saints à Makkah et Madinah et traitent les sanctuaires de manière féodale, ce qui a causé de grands problèmes aux musulmans du monde en raison de l’idéologie Wahhabite qu'ils imposent à tous les musulmans.
«Peters» présente l'idée de l'indépendance d’Al-Hijaz de l'autorité des Saoudiens pour être dirigée par un conseil représentant les diverses écoles islamiques dans le monde entier semblable à un «Vatican islamique». En ce qui concerne la région de l'est riche en pétrole, Peters souligne qu’elle doit être gouvernée par sa population indigène chiite, les frontières de la Jordanie s’étendront pour inclure une partie du nord saoudien alors qu’une partie du sud rejoindra le Yémen.

Le changement des points forts en points faibles
Il est vrai que la plupart des plans de division de notre région développés par les Occidentaux n'explique pas en détails le parcours exact à adopter, mais leur raisonnement peut être déduit. Tout d'abord, il est normal que tous les pays possédant une force interne de dissuasion soient difficiles à diviser, une force interne acquise par la volonté populaire et nationale selon laquelle se forme une force militaire capable de contrecarrer toutes tentatives de division. Dans le cas de l'Arabie Saoudite, il n'y a ni élections, ni système démocratique, et le pouvoir est entre les mains d’un seul homme aux pouvoirs absolus qui nomme son héritier, en l'absence de toute autorité qui surveille le règne du gouverneur. On peut dire que le régime saoudien repose sur trois facteurs qui ont longtemps consolidé sa gouvernance et contribué à sa continuité: l’histoire de l’entourage du régime, la cohésion de la famille royale et la protection américaine.

La cohésion de la famille royale
Les fils d'Abdul Aziz ont toujours fait leur possible pour montrer des signes d'harmonie et d'unité entre eux même au bon milieu des crises. Au cours de la crise entre le roi Saoud et son frère Faisal au début des années 1960, ils ont voulu à tout prix dépeindre à leur peuple que leur consensus envers Faisal a réglé leur différend et a conduit au retrait de Saoud.
Plus tard, avec l'escalade du conflit entre Abdullah et le clan al-Sudairi, il était primordial qu’aucune information concernant leurs problèmes ne soit diffusée dans les médias, mais certains diplomates américains ont révélé certains détails du conflit, en particulier la course entre les émirs pour la nomination du fils de l’un d’eux successeur au trône.
Salman et son fils, ont peut-être eu de la chance que les princes Sultan et Nayef sont décédés avant le roi Abdallah, en particulier suite à l’hésitation d’Abdullah au sujet de la succession de son fils Mitaeb. Bien que Salman ait essayé de manigancer un scénario pour nommer son fils héritier au trône, mais les événements qui ont suivi l'exclusion de Moukrine en Avril 2015 et l’isolement Mohammed bin Nayef en Juin 2017 confirment sans aucun doute que l'homme essayait d'absorber les réactions familiales qui sont jusqu’à présents inconnus.
La famille royale en Arabie Saoudite a changé durant les décennies passées. De temps en temps des informations se déroulent concernant l'arrestation d'un prince, la mise d'un autre sous surveillance ou l'isolement du ministre de la Garde nationale Mitaeb bin Abdullah de son poste et la fusion de son ministère avec le ministère de la Défense. Il est clair que ses mesures punitives ne sont pas liées à la désobéissance des princes, mais ces procédures sont plutôt des opérations proactives en raison du manque de confiance qui règne et les possibilités de complots contre le prince héritier au trône. Ainsi, le roi saoudien a préparé le terrain pour les conflits futurs entre les princes de la famille régnante et l'émergence d'alliances secrètes pouvant conduire à des coups d’état dans plusieurs régions ou au moins créer des troubles conduisant à la déclaration de l'état d'urgence au sein de la famille royale, notamment suite à l’affaiblissement de la force centrale à Riyad, à la dégradation économique et aux mesures restrictives adoptées.

 

Réflexion
Lundi 18 Juin 2018 - 18:05
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