REFLEXION

Le dernier voyage de Boumediene

Le 27 décembre 1978, le destin de l´Algérie bascule, une fois de plus. Le président Boumediene décède. Ce fut véritablement un choc bien que l´opinion fut préparée à cette douloureuse issue, mais la question qui se pose d'emblée : qui a tué le ‘’Zaim’’ ?



Après la mort de Boumediene, plusieurs révolutionnaires dans le monde sont morts dans le secret absolu, et même si Chavez et Arafat et avant eux Boumediene sont morts suite à un cancer selon la version médicale, la main du Mossad plane toujours sur la thèse d’un assassinat qui ne dit pas son nom !  Une liquidation de Boumediene et les autres ‘’Zaim’’ arabes d’où le mobile du crime n’est autre que d’éliminer les portes paroles des mouvements de résistance dans le monde afin d’étouffer toutes les voix qui plaident la liberté des peuples et la fin du colonialisme. Le défunt Boumediene qui soutenait activement les révolutions dans les pays du Tiers Monde et prônait une indépendance économique et la nationalisation des hydrocarbures, constituait sans aucun doute une atteinte aux intérêts d’Israël. L’ombre du Mossad et le flash ‘’tueur’’ d’un appareil photo israélien !

La main du Mossad
Boumediene aurait été victime d'un empoisonnement lors de son séjour en Syrie. Le Mossad l'aurait contaminé avec le flash d'un appareil photo. L'hebdomadaire britannique Sunday Express, citant une source française, affirme que les médecins ont détecté une hématurie, caractérisée par des traces de sang dans les urines. Malgré les soins, le mal persiste. Dès lors, on décide de l'évacuer sur Moscou. L’Iraq aussi, avait appuyé la thèse de l’assassinat. Selon l'ex-ministre des Affaires étrangères irakien Hamed Jabori, Boumediene a été empoisonné par les services irakiens avec du thallium.  Le jeudi 5 octobre1978, Boumediene s'envole donc vers Moscou. Le diagnostic avancé dès lors était « une hématurie avec tumeur maligne de la vessie ». Pour cela, il choisit de se faire traiter en URSS du 29 septembre au 14 novembre 1978. Les spécialistes russes, qui évoquent la maladie de Waldenström, une infection rare du sang découverte par un chercheur suédois qui lui a donné son nom. La dernière semaine du mois d'octobre, le secret est défloré : Boumediene est officiellement malade. A Bagdad, le ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, l'admet, quoique en termes diplomatiques : « Le président a éprouvé le besoin de prendre du repos, car il était complètement exténué », affirme-t-il. Le 14 novembre, on lit sur la une du quotidien El-Moudjahid : « Le président est de retour à Alger. »  Le samedi 18 novembre, Boumediene plonge dans le coma. Il sera hospitalisé à l'hôpital d'Alger Mustapha Bacha. Le vendredi 24 novembre, petite lueur d'espoir : le raïs émerge du coma. Il faut tout tenter pour le sauver. Quelqu'un suggère le nom de Jan Gosta Waldenström, médecin chef de l'hôpital de Malmö. Son diagnostic ne tardera pas : les chances de Boumediene sont infimes. Le 28 novembre, Boumediene sombre à nouveau dans le coma.  Mercredi 27 décembre 1978, Houari Boumediene décède à 3 h 55 du matin. Il avait 46 ans. Les Algériens sont sous le choc. Ils seront des milliers à assister à son enterrement le vendredi 29 décembre, au cimetière d'El Alia, près d'Alger. Habillé d'un manteau noir, Abdelaziz Bouteflika prononce l'oraison funèbre.

690 DA : solde de son compte CNEP après sa mort !
Quand il est mort, Boumediene avait 698 dinars algériens sur son compte en banque et aucune propriété ou compte en banque étrangère connu jusqu’à maintenant ! Il n’avait aucun patrimoine immobilier ..! Un document, fait état de l’avoir bancaire de l’ancien président de la république Houari Boumediene qui, en 1976 s’élevait à 690 dinars et ce, après onze années à la tête du pays. Selon ce document, Houari Boumediene était la deuxième personne à ouvrir un compte épargne à la Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP) et ce, en date du 6 mai 1966. Son numéro de compte était 000002/08 ouvert en y déposant la somme de 500 dinars. Le compte CNEP de feu Boumediene n’a connu aucun changement et la somme n’a pas changé si ce n’était les intérêts qui se sont élevés après onze années à 198.37 dinars, soit un total de 698.37 dinars, le solde laissé par l’ancien président de la république, feu Houari Boumediene après sa mort en 1978. A noter  que lors de la visite de son jeune frère venu le voir à Moscou, le 12 octobre 1978, Boumediene n'apprécie pas que le voyage de son frère soit financé par de l'argent public et demande aussitôt qu'il soit retenu sur le salaire du président.

Qui est Houari Boumediène ?
Qui était Houari Boumediène qui fascine tant les jeunes et moins jeunes ? Certains retiennent le fameux « Kararna ta´emime el mahroukate » : « Nous avons décidé la nationalisation des hydrocarbures ».  Par cette phrase, Boumediène annonçait à la face du monde que l´Algérie tenait en main son destin énergétique.  Est-ce ce leader qui, pour la première fois, à la tribune des Nations unies, militait pour un Nouvel ordre économique international plus juste, où les matières premières seraient payées à un prix juste ?  Mohamed Boukharouba, dont le nom de guerre est Houari Boumediene est né le 23 août 1932 dans la localité de Beni Addi à 15 km de Guelma.  Houari Boumediene a poursuivi des études en arabe à l’école coranique et en français à l’école primaire de sa ville. En 1949, il se rend à Constantine où il s’inscrit à la medersa d’El Kettania. Durant cette période, il entame sa vie de révolutionnaire en adhérant au Parti du Peuple Algérien.  Il se rendit ensuite, clandestinement à Tunis à l’université de la Zaitouna et enfin au Caire à El Azhar.  En 1955, il se retrouve dans la wilaya 5 (Oranie) à la tête de laquelle il est nommé en 1957, avant de prendre le commandement du P.C. d’Oujda, puis le commandement opérationnel de l’ouest et enfin la direction de l’Etat-Major de l’Armée de Libération Nationale. Vice-Président du Conseil et Ministre de la Défense dans le premier gouvernement de l’Algérie indépendante. Le 19 juin 1965, il destitue le Président Ben-Bella et devient Président du Conseil de la Révolution. En 1968, il est élu président en exercice de l’Organisation de l’Union Africaine. Le 24 Février 1971, Il nationalise les hydrocarbures et les moyens de transport. Le 10 décembre 1976, il est élu Président de la République. Il décède le 27 décembre 1978.

 

Ismain
Mardi 26 Décembre 2017 - 18:55
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