REFLEXION

Le débat est ouvert



Le rapport de la France officielle au passé ne se décline pas de la même manière, selon qu’il s’agit de Vichy, de l’Algérie ou du génocide arménien, dernier chapitre en date à avoir cristallisé l’intérêt du législateur hexagonal. L’Etat français ait effectivement reconnu sa responsabilité sur tous les grands thèmes historiques, et notamment son rôle dans la guerre d’Algérie. Une manière de réfuter cette idée de repentance tous azimuts développée par le philosophe français Bruckner. La France ne peut se détourner de cette séquence, au motif que- relève Bruckner  la  vérité d’Etat commande toutes les lois mémorielles. « Nous ne pouvons pas faire l’économie de comprendre ce moment » a estimé l’historien Benjamin Stora. Cet exercice s’impose d’autant que le champ législatif français comprend  pas moins de quatre lois d’amnistie en rapport direct avec la guerre d’Algérie.  L’oubli, organisé par l’Etat français est de plus en plus mal supporté par les jeunes générations. Entre Bruckner, dont le livre a bénéficié d’une large exposition médiatique, et Stora, les différences de perception du passé ne s’arrêtent pas là. Ainsi en est-il de l’organisation de la mémoire collective française dans les cas précis de la collaboration « vichyste » et du fait colonial en Algérie. Pour le philosophe, il n’y a pas matière à comparaison entre ces deux séquences. Ce sont deux cas très différents. Il n’en fallait pas plus pour susciter une réaction pour le moins scandalisée de Stora. L’historien s’étonne que son discutant qualifie de latérale une page jalonnée de crises politiques, de tragédies et de souffrances humaines : exil d’un million de pieds-noirs, levée d’un million et demi de soldats, chute d’une République… etc. Stora cite, lui aussi, l’historien Raoul Girardet mais pour un propos différent.  Il professait aussi que la défaite française en 1962 avait ouvert une blessure considérable dans le nationalisme français. Que le parti colonial soit minoritaire dans la société n’obère pas que le nationalisme français se soit construit sur la notion d’empire, tout comme l’armée, d’ailleurs. C’est pourquoi la perte de l’Algérie, considérée comme le joyau de l’Empire, en 1962, a laissé des traces aussi profondes.

Réflexion
Mercredi 1 Février 2012 - 10:57
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Edito
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