REFLEXION

La leçon des élections locales du 23 novembre 2017



1.-Rappel des élections locales du 23 novembre 2012
Sur 1.451 communes, la majorité absolue a été obtenue dans 391 d'entre-elles, lors des élections locales du 29 novembre 2012. Selon les résultats politiques annoncés par le ministre de l'Intérieur et des collectivités locales, le Front de libération nationale (FLN) avait  obtenu la majorité absolue dans 159 APC sur un total des 1451 communes, le   nombre de sièges APC obtenus par le FLN étant  de 7191 sur un total de 24.891, soit un taux de 28,89%, suivi du Rassemblement national démocratique (RND) avec 132 APC. Les listes indépendantes avaient obtenu  la majorité dans 17 communes, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD13, ), 12 au Mouvement populaire algérien (MPA) et 11 au Front des forces socialistes (FFS)., l'Alliance de l'Algérie Verte (AAV - Islamistes) 10 communes, suivie du Front national algérien (FNA) avec 9 APC et 6 pour le parti Fadjr El Djadid. A propos des résultats des élections APW, sur les 2004 sièges jeu, le FLN  avait   obtenu 685,suivi par le RND avec 487 sièges,  le MPA (103), le  FFS (91), HMS (76), les  Indépendants (76), PT (72), le FNA  64 sièges, l'AAV avec 54, et 34 pour le Front El Moustakbal. A noter que le taux de participation pour les élections APC était de 44,27% et de 42,84% pour les APW. Qu’en est-il du taux de participation réel de ces élections locales en prenant en compte les bulletins nuls dont les résultats donnent une moyenne APC/APW de 1.100.000 donnant un taux moyen de 5% par rapport aux inscrits ?
 
2.- Les élections législatives du 04 mai 2017
 Le Conseil Constitutionnel pour les  résultats  de l’élection des membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) au terme des législatives du 04 mai 2017 , donne un  taux de participation de 35,37%, avec 8.225.223 votants sur 23.251.503 électeurs inscrits, alors que les suffrages exprimés s'élèvent à 6.468.180, tandis que les bulletins nuls sont de 1.757.043 contre un  taux de participation global aux élections législatives annoncé précédemment par le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales était de 37,09%. Ces résultats proclamés par le Conseil constitutionnel font ressortir que le parti du Rassemblement national démocratique (RND) gagne trois nouveaux sièges, portant ainsi sa représentativité à l'APN à 100 sièges, alors que le Front de libération nationale (FLN) reste majoritaire, en gardant le même nombre de sièges (164), suivi du de l’Alliance HMS avec 33 sièges. Le parti Tajamoua amel el djazair (TAJ), conserve ses 19 sièges, ainsi que l'Alliance Nahda-Adala-Bina avec 15 sièges, le front El Moustakbal (FM) et le Front des forces socialistes (FFS) avec 14 sièges, le Mouvement populaire algérien (MPA) avec 13 sièges, le Parti des Travailleurs (PT) avec 11 sièges et le Rassemblement pour le Culture et la démocratie (RCD) avec 9 sièges.  L'Alliance nationale républicaine (ANR) voit ses nombres réduits à 6 sièges alors qu'ils étaient annoncés auparavant à 8 sièges. Les bulletins nuls qui se sont établis à 2.098.324, représentent  24,60% rapportés sur le nombre de votants. Par rapport aux inscrits, nous avons le taux de  9,02%  donc 28,07% qui ont voté pour les partis ou indépendants, donnant  71,93% des inscrits qui ne font pas confiance à la classe politique contre 64,70% en 2012.
 
3.-Les élections locales du 23 novembre 2017
 Selon les données provisoires annoncées par le Ministère de l’Intérieur le corps électoral compte 22, 883 772 millions d’inscrits et le   taux de participation a atteint  44,96 % pour les élections des assemblées de wilayas (APW) et  46, 83% pour les assemblées communales (APC), donnant  une légère progression par rapport au taux de participation enregistré lors des élections locales de 2012 (40,92% pour les APW et 44,26% pour les APC). Les suffrages exprimés sont de l’ordre de 10,14 millions pour les APW et 10,5 millions votants pour les APC. Le nombre de bulletins nuls est de 1,8 millions dans l’élection des membres des APC et 1,08 million pour les APW, bien  qu’important, une baisse relative par rapport aux nombre de votants en comparaison aux élections précédentes.   Le FLN a  obtenu  603 communes (30,56 %) suivi du RND avec 451 communes (26,21 %),  du  Front Elmoustakbel  71 communes, le FFS 64, le MPA 62,  le MSP 49,  le RCD 37, les listes indépendantes  35 APC, TAJ 31,  le FNA 27 et  le Parti des travailleurs PT  17 APC. Pur les APW , le FLN a obtenu  711 sièges (35,48%) le  RND avec 527 sièges  (26,30),  le MSP 152 sièges
 
4. Les huit  leçons à tirer ?
  - Premièrement, le déroulement  du scrutin s’est déroulé d’une manière générale dans le calme, excepté quelques cas isolés. Il  faut reconnaitre une meilleure participation  tant par rapport aux élections locales passées  que des législatives du 04 mai 2017, les citoyens ayant certainement été plus attentifs aux personnalités locales qu’ils connaissent.
 -Deuxièmement, cela peut être une indication pour l’élection présidentielle d’avril 2019. Nous avons une bonne tenue du parti du FLN première force politique qui devance  le  RND avec un score honorable, 152 élus APC et  184 élus APW , une percée d’un jeune  parti le Front Elmoustakbel  et une régression  des partis dits islamiques.
-Troisièmement, pour la seconde  fois dans l’histoire du pays, les corps constitués et notamment l’ANP qui avaient  été pris pour cible, par certains partis  affirmant à tord ou à raison à la presse et à la télévision, information reprise par les médias internationaux, qu’ ils auraient contribué au bourrage des urnes ont voté en dehors des casernes afin  de préserver cette institution stratégique des remous politiques, tout en reconnaissant à ses membres le droit de voter librement.
  -Quatrièmement, du fait du mode de scrutin, éliminant les petits partis, il serait souhaitable une dose de proportionnelle. Avec ce mode de scrutin depuis des décennies nous avons des résultats qui ne reflètent pas le poids réel, donnant la même composante politique depuis des années ce qui ne  traduit pas la réalité sociale.
  -Cinquièmement, nous avons assisté à une campagne électorale terne avec des promesses sans lendemain sachant que l’élu local n’a aucun pouvoir de décision. Cela traduit une démobilisation importante de la population, plus accentuée pour la jeunesse traduisant le manque de confiance entre l’Etat et le citoyen. Et le grand problème est comment rétablir cette confiance. D’où l’urgence de revoir les codes de wilayas afin d’impliquer et de responsabiliser les élus locaux par une  réelle décentralisation et  globalement le fonctionnement tant du système politique et économique que le fonctionnement du système partisan. En effet, un nombre considérable de formations politiques ont vu le jour, souvent sans véritable programme, ni perspectives sérieuses, se manifestant ponctuellement principalement à l’occasion de rendez-vous électoraux du fait des subventions de l’État.
  Sixièmement,  exiger un niveau intellectuel et surtout moral de ceux qui auront à légiférer et à gérer des communes. Pourquoi pas du fait du faible niveau, à l’avenir  exiger  un minimum de cursus universitaire et que tout condamné par la justice ne soit pas éligible.
-Septièmement,  il s ‘agit de réorganiser sur des fondements démocratiques la société civile en  mettant  en place des réseaux intermédiaires efficaces entre l’Etat et le citoyen renvoyant d’ailleurs à une réelle décentralisation sur le plan politique et à un changement de cap de la politique économique.
 -Huitièmement, si l’on soustrait au taux de participation officiel, l’important nombre de bulletins nuls, le taux de participation avoisine moins de 35%.Un taux à méditer par le pouvoir politique encore que cela n’est pas propre à l’Algérie, de  par le monde les citoyens tendant à de désintéresser  de la politique,  avec de fort taux d’abstention.
En résumé après ces élections, le citoyen et le pouvoir sont à nouveau confrontés à la dure réalité économique et sociale. Évitons l’euphorie tout en évitant le dénigrement gratuit. Un changement  dans la trajectoire  de la politique socio-économique  et un large front pour mobiliser la population algérienne sont  urgents face aux inévitables tensions budgétaires entre 2017/2020.

 

Abderrahmane MEBTOUL
Samedi 25 Novembre 2017 - 17:39
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