REFLEXION

La force tranquille du Hirak



Ce dimanche, l’Algérie a célébré la journée nationale des étudiants, instaurée pour honorer les Algériens, étudiants et lycéens, qui, à l’appel de l’Ugema (Union générale des étudiants musulmans algériens), lancé le 18 mai 1956, ont entamé une grève générale et ont rejoint par groupes entiers les maquis de l’ALN pour prendre part à l’effort de libération du pays du colonialisme français. Depuis le début du mouvement populaire du 22 février, contre le cinquième mandat et le système, ils étaient une des tranches de la société les plus représentées dans les marches qui ont suivi depuis et ont, grâce à leurs marches hebdomadaires du mardi, entretenu la flamme de la protesta. Les étudiants, par leur mobilisation totale depuis le début du mouvement, par leur organisation et leur conscience politique, ont étonné et continuent d’étonner, eux qu’on croyait dépolitisés et neutralisés par les difficultés de la vie universitaire algérienne. En effet, les étudiants algériens ont marqué leur journée nationale par de nouvelles actions de rue pour réclamer, comme ils l’ont fait lors de leurs précédentes manifestations, une véritable transition démocratique et un départ effectif et total des figures du système toujours en place malgré près de trois mois de mobilisation nationale. A l‘exemple des milliers d’étudiants et de lycéens qui ont rejoint la révolution et qui ont apporté au mouvement de libération nationale leur expertise dans divers domaines, leur érudition, si précieuse à l’époque, leur jeunesse et leur fougue. De l’avis de tous les historiens, leur apport a été décisif à la guerre de libération. Il l’est tout autant, si ce n’est plus, à la deuxième révolution algérienne à laquelle, comme l’ont fait les étudiants de 56, ils ont apporté leur sens de l’organisation, leur enthousiasme et leur détermination. Apathique et silencieuse depuis près de 20 ans, l’université algérienne a raté plusieurs rendez-vous et échéances à l’occasion desquelles les voix des étudiants et des enseignants universitaires auraient été les bienvenues. En contestant le cinquième mandat, la communauté universitaire, surtout les étudiants, a créé la surprise et déçu les espoirs de ceux qui ont compté sur une université politiquement morte. En prenant la tête du mouvement populaire contre le pouvoir, les étudiants algériens ont ressuscité une tradition de lutte politique des universités dont les origines remontent à la révolution de 54 et qui s’est manifestée lors de toutes les phases cruciales traversées par le pays.

Amina L
Dimanche 19 Mai 2019 - 18:31
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