REFLEXION

LES AUTORITES ESPAGNOLES SUR LE QUI-VIVE : La ‘’harga’’ reprend de plus belle

Un sérieux sentiment de désespoir règne actuellement chez la jeunesse algérienne, à cause de l’absence d‘une lueur d’espoir à l’horizon. Certains ont choisi l’aventure à leurs risques et périls en traversant la mer d'Alboran pour atteindre les côtes espagnoles. Ce sont les candidats à l’émigration clandestine appelés communément les ‘’harraga’’. Cette situation a alerté les autorités espagnoles qui ont mis en alerte leurs gardes-côtes quant à une arrivée massive de migrants algériens.



85%, c’est le taux d’échec de l’émigration irrégulière par voie maritime qui a repris après 6 mois d’accalmie due au mouvement populaire du 22 février. Les autorités espagnoles qui, nous dit-on ont recouru à une étude pour trouver les raisons de la reprise de ce parcours migratoire, sont arrivées à la conclusion que malgré le taux d’échec élevé, les jeunes sont toujours prêts à tenter cette aventure dangereuse. Constatant que le parcours migratoire par voie maritime a repris son rôle passé, les autorités espagnoles ont, en effet, fait une étude sur les «Nouvelles dynamiques migratoires». Cette étude s’est interrogée sur la reprise de la migration irrégulière par voie maritime, les mécanismes utilisés, les personnes concernées. Lors de la restitution de ces recherches, le coordonnateur de ce projet a fait savoir que l’étude a montré que 85% des candidats ayant opté pour cette voie ont échoué. Cet échec est dû du fait que les embarcations sont obligées de faire demi-tour ou elles échouent au niveau des côtes algériennes. Seuls 15% des candidats à l’émigration sont parvenus à atteindre les côtes espagnoles. Malgré ce taux d’échec élevé, 48% des migrants envisagent de repartir. Là aussi, la raison est la même, ils ne voient pas d’autres alternatives pour réussir. En outre, l’étude réalisée montre également qu’à leur retour, ces migrants ayant tenté cette aventure sont dans une situation économique difficile aussi bien pour eux que pour leurs familles. L’étude rappelle que l’initiative de tenter cette aventure peut être individuelle mais aussi collective dans le cas où c’est la famille qui finance le voyage. Par ailleurs, il faut noter que 55% des candidats à l’émigration ont déjà tenté une fois l’aventure, et 31% au moins deux fois. S’agissant du profil des candidats, l’étude souligne que ce sont pour la plupart des jeunes avec un niveau d’études moyen. Les raisons qui les poussent à tenter ce voyage incertain n’ont pas changé. C’est toujours lié aux difficultés économiques et à la pression sociale. Les mécanismes aussi sont les mêmes : soit en groupe, les candidats s’organisent et prennent leur propre embarcation, ou bien il y a un passeur ou propriétaire de la pirogue qu’ils vont payer pour effectuer le voyage. Revenant sur le contexte, cette étude explique qu’à partir «de 2011, la route de la méditerranée à partir des côtes algériennes s’est progressivement imposée comme une alternative pour les candidats à la migration irrégulière suscitant beaucoup d’attention de la part du gouvernement espagnol et ses partenaires européens». Toutefois, souligne le document, «entre 2017et 2018, l’Espagne, avec 45% de toutes les arrivées en 2018, est devenue la première destination en termes d’arrivées irrégulières devant l’Italie». Cette situation fait dire qu’il «semblerait que les conditions dangereuses du voyage et le renforcement des contrôles au niveau du pays de départ et de destination, aient amené à une recomposition des parcours migratoires et que la voie maritime reprenne son rôle passé». Cette étude réalisée donc dans ce contexte permet «de comprendre et d’expliquer cette nouvelle tendance et ses implications sur la sécurité de l’Espagne». Elle fournit également «aux différents acteurs intervenant dans la migration des informations pertinentes sur l’évolution des parcours migratoires, des profils des migrants et des besoins afin de mieux adapter les actions».

Charef Slamani
Dimanche 29 Septembre 2019 - 17:44
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