REFLEXION

LE PR ABDERRAHMANE MEBTOUL AU SUJET DE LA HAUSSE DES PRIX DURANT DU RAMADHAN : Mesdames et Messieurs les Ministres, allons faire le marché ensemble…

Dans une contribution plus agréable à lire sous forme de ‘’questions réponses ‘’ relatives au prix durant ce mois sacré du Ramadhan, le Pr des universités Abderrahmane Mebtoul et Expert économique explique les causes de la hausse des prix , ses conséquences et les solutions.



Est-ce que vous faite le marché ?
Pr- Abderrahmane Mebtoul :
Je fais le marché une fois par semaine pour m’enquérir des prix. Certains de nos responsables enfermés dans des bureaux devraient en faire de même et sans protocole afin d’être proche à la fois du simple citoyen et de la réalité.
Quelle est votre réaction quant à la hausse de prix ?
AM-Contrairement à certaines déclarations euphoriques, la majorité des prix ont fortement augmenté durant  ces premiers jours de ramadhan : les fruits, tomate, poivron, haricot, salade,   et même la pomme de terre. Quant aux viandes   le prix du poulet a grimpé soudainement  de plus de 50/60 dinars le kg donnant 300/350 dinars le kg,  ainsi que celle de la viande de mouton variant entre 1500/1800 dinars le kg  selon les marchés  ’et la nature de la viande, le foi dépassant largement  les 2000 dinars le kg. Pour le poisson frais n’en parlons pas.  Il n’est pas à la disposition des petites bourses, dépassant pour certaines espèces les 1000/1500 dinars le kg. Reconnaissons également une frénésie de la demande  ce qui  accroit   les tensions inflationnistes. Quant aux produits importés, avec le dérapage du dinar  étant passé officiellement de 115 dinars un euro à près de 140 dinars un euro, près de 210 dinars sur le marché parallèle, pour les biens non subventionnés, l’accroissement des prix varie de 30% à 50% en une année. Pour les produits interdits à l’importation, biens durables et non durables,  on les trouve  sur le marché parallèle avec une augmentation  variant de 50% à 100% du fait de la faiblesse de la production interne, le prix s’alignant sur le cours de 210 dinars un euro.  
La réalité du marché ?
AM-Il faut reconnaitre une amélioration de la production agricole, certes variable  selon le taux de pluviométrie, d’année en année. Il faut éviter des comparaisons hasardeuses,  comme ce slogan dépassé « l’Algérie grenier de l’Europe ». L’Algérie est un pays semi aride et je me félicite des investissements colossaux dans l’hydraulique réalisé par  les pouvoirs publics, surtout entre 2000/2017. Car  selon  les rapports de  l’ONU, une sécheresse devrait frapper l’Afrique du Nord entre 2020/2025 avec des incidences négatives  sur la production agricole et avec des déplacements de population . Par ailleurs il faut tenir compte de la pression démographique.   La population  était d’environ 11,69 millions  en 1962 et au  01 janvier 42,40 millions allant vers 50 millions horizon 2030, le modèle de consommation ayant  profondément changé de structure  entre 1962/2018, ce qui accroit la  demande : emplois- alimentations, logements, services divers ect…  
Que pensez-vous par rapport aux aliments versés dans les poubelles ?
C’est un énorme gâchis supportés par le trésor public  alors que bon nombre de ménages souffrent de malnutrition. Je pense surtout au pain subventionné par l’Etat et là se pose toute la problématique de la politique des subventions  Mais attention de ne pas se tromper de cibles. Avec la détérioration du pouvoir d’achat, nos enquêtes montrent que bon nombre de ménages algériens se nourrissent essentiellement de pain et de lait.
Qui est condamnable, le consommateur ou le commerçant ?
Ni l’un, ni l’autre. L’Algérie souffre de  la faiblesse de la régulation de l’économie nationale et de vison stratégique car nous sommes à l’aube de la quatrième révolution économique mondiale,  ce qui   renvoie au mode de gouvernance fondé sur le dialogue permanant entre toutes les forces politiques, sociales et économiques.  Le processus inflationniste résulte de bon nombre de facteurs interdépendants internes (politique monétaire, fiscale dont les taxes, le  niveau de la production et productivité, importance de la sphère informelle qui contrôle les réseaux  de distribution) et de facteurs externes pour les produits importés (taux de change, niveau des prix au niveau des marchés internationaux). Le grand défi de l’Algérie est de réaliser la transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures s’adaptant aux nouvelles mutations mondiales. Cela implique  de profondes réformes structurelles donnant le primat à l’entreprise publique et privée sans aucune distinction supposant l’amélioration du climat  des affaires et surtout au fondement du développement du XXIème siècle l’économie de la connaissance.
Vos plats préférés ?
Je ne suis pas un gourmand, et j’évite durant ce mois sacré les sucreries ;  je n’ai plus 20 ans . A l’Ouest où je réside, existe des spécialités et je fais confiance à ma femme qui est une excellente cuisinière pour un repas équilibré.  Les enfants tous mariés n’habitent plus dans la maison familiale. Et comme nous sommes que deux, ma femme m’interdit d’entrer dans la cuisine. Oui je suis gâté, ce qui ne m’empêche pas de penser aux familles nécessiteuses..
Quelle conclusion ?
Je souhaite à toute la population algérienne et au monde musulman Ramadhan Karim. Devant éviter toute démagogie, ni sinistrose, ni autosatisfaction, une Nation ne peut distribuer que ce qu’elle a préalablement produite pour éviter une dérive économique et sociale.  L’Algérie, qui a d’importantes potentialités surtout humaine, acteur déterminant de la stabilité de la région méditerranéenne et africaine, je souhaite pour mon pays  un développement harmonieux pour tous nos  enfants, conciliant  l’efficacité économique  et une profonde justice sociale, dans le cadre de l’interdépendance mondiale,  devant apprendre à respecter nos différences (vivre ensemble en paix, l’Islam étant une  religion de tolérance ), car nous n’avons pas d’autre patrie de rechange.  

 

Abderrahmane Mebtoul
Mercredi 23 Mai 2018 - 18:27
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ACTUALITÉ
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