REFLEXION

L’employabilité des jeunes : le grand défi

La stabilité politique et la sécurité sont des facteurs essentiels pour la croissance économique et le bon fonctionnement du marché du travail. Le marché du travail fait actuellement face à de sérieuses difficultés, notamment le faible taux global de création d’emplois, le fort taux de chômage des jeunes, l’inadéquation des compétences, un niveau élevé d’emploi informel et le manque de mobilité de la main‑d’œuvre, autant d’aspects qui sont encore exacerbés par l’instabilité économique croissante.



De toute évidence, les différents programmes seuls ne peuvent pas résoudre les difficultés systémiques liées au chômage des jeunes et ils ne devraient donc pas être considérés comme une solution aux problèmes structurels des marchés du travail tels que la stagnation de la demande de main d’œuvre et les faibles niveaux de productivité et de compétitivité.
En Algérie ou ailleurs, l’amélioration des résultats en matière d’emploi des jeunes nécessitera donc des réformes allant de la réglementation des entreprises et du travail pour améliorer la flexibilité du marché, à la diversification économique en passant par les politiques commerciales et industrielles. Il faudra également des politiques éducatives globales couvrant le cycle éducatif complet, de la petite enfance à la période de scolarité obligatoire, jusqu’au système d’enseignement et de formation professionnels. Dans ce contexte, les programmes existants peuvent être utilisés comme des mesures complémentaires pour réduire la segmentation du marché du travail et accroître l’employabilité des jeunes.
Ces dernières années, les différentes politiques de l’emploi ont consenti des investissements importants dans le développement de tels programmes très variés et se sont multipliés. Ils allègent sans aucun doute certaines pressions sur le marché du travail et répondent aux attentes des populations grâce à certains progrès accomplis, mais risquent d’être des solutions à court terme, compte tenu de la faible viabilité de certaines mesures – en raison des coûts élevés qu’elles impliquent et des capacités classiques limitées pour leur mise en œuvre. Toutefois, il y a des problèmes persistants et plus structurels qui affectent l’employabilité des jeunes et des solutions à plus long terme exigent des réformes plus profondes. Même si la mise en œuvre de stratégies de l’emploi devrait tolérer une certaine marge d’erreur notamment dans les programmes où ils sont relativement nouveaux, il convient de s’efforcer de remédier aux faiblesses existantes et d’améliorer l’efficacité de ces programmes.
Alors qu’il n’existe pas une solution holistique unique et qu’aucune politique ou aucun programme ne peut être transposé d’un pays à l’autre sans procéder à une adaptation, l’apprentissage mutuel peut permettre de concevoir de programmes plus efficaces et les responsables  politiques peuvent s’inspirer des expériences de bonnes pratiques. L’échange d’informations entre les différentes politiques actives de l’emploi qui commencent à accumuler de plus en plus d’expérience, devient particulièrement important. Dans ce contexte, une coopération accrue et une relance de coordination entre tous les secteurs sur l’emploi s’avèrent indispensables. En conséquence, les opportunités offertes par l’Union Européenne sont très précieuses et devraient être davantage développées.
Il convient toutefois de rappeler que les différences nationales ont un impact notable sur la conception et la mise en œuvre des programmes et que, de fait, toute réforme de politique de l’emploi doit être considérée dans le contexte du marché du travail et du cadre institutionnel de notre pays.
Des recommandations générales en vue d’améliorer l’employabilité des jeunes, qui peuvent être applicables dans toute réforme de politique de gestion du marché de travail. Trois principales orientations politiques peuvent traiter les principaux problèmes abordés ci-dessus.
1.    Stagnation de la demande : nécessité de consacrer davantage d’investissements et de soutien à l’entrepreneuriat et au travail indépendant. Améliorer l’environnement des entreprises pour promouvoir le rôle du secteur privé dans le domaine du développement et de la croissance, réduire les interventions de l’État visant à limiter les activités privées, simplifier les procédures pour le lancement de nouvelles entreprises. Une attention particulière devrait être portée à la création d’un environnement propice à la croissance des PME.
 Améliorer les programmes complets en faveur de l’entrepreneuriat et du travail indépendant. Il conviendrait d’augmenter la taille et la portée de ces programmes en leur allouant une part plus importante des ressources globales affectées, et d’améliorer leurs modalités de mise en œuvre. Pour obtenir des résultats plus durables, les programmes de soutien devraient s’adresser aux groupes avec le plus grand potentiel de réussite entrepreneuriale tels que les jeunes hautement qualifiés.
 Développer des programmes en faveur de l’entrepreneuriat qui dispensent un soutien complet et proposent un large éventail de mesures telles que la formation aux compétences entrepreneuriales, l’accès au financement et l’accompagnement de longue durée pour les nouveaux entrepreneurs.
Faciliter l’apprentissage entrepreneurial relativement tôt en l’intégrant dans les programmes scolaires. Les meilleurs élèves devraient notamment être encouragés à devenir entrepreneurs par choix plutôt que par nécessité.
2.    Pénuries de compétences et inadéquations : nécessité d’un plus grand nombre de dispositifs visant à faciliter la transition de l’école au monde du travail chez les jeunes.
Renforcer les systèmes d’information sur le marché du travail pour identifier les besoins actuels et futurs en qualifications et développer la transparence et la diffusion des données aux niveaux local et national. Des systèmes capables de délivrer des informations pertinentes et opportunes sur les marchés du travail peuvent contribuer au développement de programmes d’enseignement et de formation appropriés, capables de former les jeunes aux compétences nécessaires.
 Promouvoir une transition plus rapide de l’école à la vie active en fournissant des services de qualité ciblant les jeunes. Premièrement, en créant des systèmes d’orientation professionnelle appropriés à tous les niveaux et pour tous les types d’enseignement. Pour être efficace, l’orientation professionnelle doit commencer à un âge assez précoce, et s’insérer dans le cadre du cursus scolaire. Deuxièmement, à travers le développement de services d’intermédiation et de placement plus efficaces qui renforcent les mécanismes de recrutement concurrentiel et fondé sur le mérite en tant qu’alternative à l’utilisation des réseaux informels.
Améliorer l’image de la formation professionnelle   en tant que voie de transition efficace entre le système éducatif et le marché du travail afin d’encourager plus de jeunes à opter pour des qualifications professionnelles et techniques. Cette approche exige : premièrement, le renforcement des politiques pour prévenir le décrochage scolaire et accroître le nombre de jeunes qui poursuivent leurs études jusqu’à atteindre des niveaux appropriés de formation axée sur le marché du travail. Deuxièmement, l’amélioration de la qualité de la formation professionnelle à travers la révision des programmes, la formation des formateurs, la création de passerelles entre enseignement général et enseignement professionnel et une meilleure collaboration avec les employeurs. Les programmes de formation doivent s’adapter davantage aux besoins du marché du travail à la fois au niveau national et au niveau local. Ils devraient être flexibles, diversifiés et personnalisés pour répondre aux différents besoins des groupes de jeunes les plus vulnérables. Troisièmement, le développement d’outils de classification des qualifications, l’instauration de procédures de validation des compétences et qualifications et l’évaluation de l’apprentissage non formel pourraient être utiles.
Assurer une implication plus efficace des partenaires sociaux dans la conception et la fourniture des formations, notamment la coopération active avec les employeurs.
3.    Efficacité et efficience des programmes : nécessité d’une gouvernance renforcée et d’un meilleur ciblage des politiques actives de l’emploi en vue de l’utilisation efficace des fonds publics.
Consolider les services publics de l’emploi en vue d’améliorer l’efficacité des prestations, en mettant prioritairement l’accent sur les fonctions de base telles que l’aide à la recherche d’emploi, les services d’intermédiation et de placement.
 Orienter les programmes vers les groupes les plus vulnérables. Cela exige : Premièrement, l’identification des facteurs de risque et des raisons à l’origine du nombre grandissant de personnes vulnérables. Les interventions devraient inclure des mesures de prévention, de réintégration ou de compensation. Deuxièmement, le développement de programmes soucieux des questions de genre en réponse à la discrimination des femmes sur le marché du travail. Les programmes devraient viser à réduire les obstacles à la participation des femmes au marché du travail et à les aider à y accéder. Troisièmement, l’élargissement de la couverture des programmes en vue d’inclure non seulement les jeunes en milieu urbain, mais également ceux en milieu rural. Quatrièmement, la prise en compte des besoins des groupes de jeunes vulnérables engagés dans le secteur informel et le développement de dispositifs pour la mise à niveau de leurs compétences professionnelles.
Développer les systèmes d’évaluation et de suivi basés sur les résultats afin d’améliorer l’efficacité des dits programmes. A cet effet, chaque programme devrait être assorti d’un système intégré d’évaluation et de suivi avec des indicateurs clairement définis permettant de rendre compte des résultats.
Ainsi, à la fin de la mise en œuvre des mesures de chaque programme, les décideurs et les exécuteurs pourraient connaître les résultats et l’impact du programme et ces données pourraient alimenter et profiter au prochain cycle de la stratégie.
 Renforcer la coopération avec les employeurs en développant des approches participatives. Les employeurs devraient être consultés lors de l’élaboration des mesures afin de s’assurer qu’elles répondent aux besoins du marché du travail. L’implication des employeurs est crucial pour le développement des programmes d’enseignement et de formation et pour l’organisation efficace d’apprentissages/de stages et des expériences de formation par le travail.

 

M.T.Hamiani
Samedi 22 Décembre 2018 - 17:17
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ACTUALITÉ
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