REFLEXION

L’élection présidentielle le dernier trimestre 2019, la solution à la crise politique

Il est à noter que les soutiens intéressés pour trouver une seconde virginité comme les partis dont certains responsables sont poursuivis en justice, d’autres trainent des « casseroles », sont contre-productifs pour l’ANP et les forces de sécurité car discrédités aux yeux de la majorité de la population. Par ailleurs, comme je l’ai souligné dans plusieurs contributions parues au niveau national/ international, une longue période de transition ne peut que conduire le pays à l’impasse économique et politique, d’où l’urgence de tenir l’élection présidentielle très rapidement, après avoir remplies les conditions de transparence, étant souhaitable son report vers le dernier trimestre 2019.



1.-Il devient impérieux  de trouver des solutions à la crise, afin d’éviter une nouvelle crise institutionnelle, isolant l’Algérie de l’arène internationale et accentuant au niveau interne  le divorce Etat-citoyens. Comme souligné par le message du vice ministre de la défense nationale chef d’Etat major de l’ANP,  attention à ces slogans des courants extrémistes populistes, qui risquent de conduire Al Hirak dans l’impasse et de lui nuire : « dégagez tous », la majorité des fonctionnaires, des cadres tant au niveau de la société civile que de l’ANP/forces de sécurité sont honnêtes, devant à tout prix éviter le vide des institutions ce qui conduirait à l’anarchie profitable aux conservateurs. Contrairement à certaines supputations, le vice ministre de la défense nationale chef d’Etat major de l’ANP, a affirmé l’urgence de la tenue de l’élection présidentielle mais  sans mentionner la date du 04 juillet 2019. Comme  je l’ai souligné dans plusieurs contributions, une longue période de transition que certains proposent, pour se placer sans passer par des  élections, car sur quelles bases se fera le choix ou souvent personne n’est d’accord avec personne sur les orientations politiques et économiques, le temps ne se rattrapant jamais en économie, conduira à la régression économique et sociale avec des réserves de change tendant vers zéro et le retour au FMI dans deux ans. Quel dirigeant  algérien, pouvoir ou opposition, pourra  alors parler d'indépendance économique, politique, voire sécuritaire? Il  existe un lien dialectique entre sécurité et développement,  conditionné par de profondes réformes. Afin de réaliser la symbiose brisée entre les partis pouvoir et opposition –citoyens s’impose la  production d’une culture politique participative, la réorganisation du système partisan, syndical et associatif qui ont de moins en moins d’impacts pour la mobilisation de la société et la promotion de la femme signe de la vitalité de toute société.
2.- Du 22 février au 18 mai  2019, les manifestations au lieu de diminuer s’amplifient, devant tirer les leçons rapidement, la rencontre initiée par l’actuel chef d’Etat du 22 avril 2019 invitant partis politiques, personnalités et sociétés civiles ayant eu un résultat très mitigé, du fait de la non représentativité des personnes et des partis à cette rencontre. Qu’en sera t-il  de la crédibilité  de ces candidats qui  déposeront  leurs dossiers au niveau du conseil constitutionnel pour l’élection du 04 juillet ne devant pas confondre lettre d’intention avec acceptation définitive  du dossier qui doit répondre à des critères précis ? La majorité de la population des 48 wilayas, ne fait plus confiance ni aux partis du pouvoir, ni ceux de l’opposition, rejette l’actuel chef d’Etat, l’actuel premier ministre et les composantes de l’actuel gouvernement où des ministres ont été hués lors de récents déplacements montrant la confiance brisée avec les actuelles institutions, étant dans une impasse politique, nuisible à l’image de l’Algérie tant au niveau national qu’international. Cela a été accentué récemment, par ces images diffusées  la journée du 16 mai 2019 qui ont provoqué un véritable choc de  rejet par l’opinion publique  de l’ancienne classe politique face à l’ampleur des faits de corruption et de délits d’initiés  reprochés aux hauts responsables  auditionnées qui demandaient  à la population de serrer la ceinture.
3.-Face à cette situation et  aux tensions sociales persistantes, , il  est illusoire, voire utopique de prévoir l’élection présidentielle pour le 04 juillet 2019 où on assiste  à une désobéissance civile tant des présidents d’APC que des magistrats dans bon nombre de wilayas, avec le risque d’un boycott massif ne résolvant en aucune manière la crise qui est avant tout politique, au contraire avec le risque de l’amplifier.  L’élection présidentielle qui doit être impérativement reportée pour une très courte durée, pour éviter des affrontements inutiles que certains esprits malveillants recherchent pour leurs propres intérêts et non ceux de l’Algérie,  devra  se tenir avant la fin de l’année 2019. Cela sera conditionnée  par une direction politique présidentielle consensuelle, pouvant se faire dans le cadre constitutionnel : démission et nominations d’un nouveau président du conseil constitutionnel qui prendrait la place de l’actuel président de l’Etat qui lui même devrait démissionner, soit en activant le conseil de sécurité pour une direction  unique ou collégiale à mission temporaire ne devant pas  dépasser la fin de l’année 2019, structure  chargée de la révision du fichier électoral, une commission de surveillance des élections indépendante, loin  de toute tutelle administrative, ainsi qu’un gouvernement de compétences nationales, neutre chargé des affaires courantes, deux ministères devant faire l’objet d’une attention particulière, celui de l’Intérieur et de la Justice. Seul un président légitime élu, espérant un plus grand équilibre des pouvoirs, qui doit être contenu dans son programme, évitant la centralisation à outrance du passé, pourra réviser la constitution, dissoudre le parlement et le Sénat,  mener les réformes sur la base d'un programme économique, social et politique précis tenant compte  tant   de la transformation de la société algérienne que  du monde, devant assister entre 2020/2030 à de profondes mutations économiques, sociales, diplomatiques , sécuritaires et surtout culturelles avec l’avènement du digital  et de l’intelligence artificielle qui modèleront la gestion des institutions et nos comportements
4.-  La situation politique et économique actuelle en ce mois de la mi- mai 2019 est complexe avec une population qui dépasse 42 millions d’habitants et qu’il faille créer 300.000/350.000 emplois par an qui s ‘ajoutent au taux de chômage actuel afin d’éviter de vives tensions sociales. Aussi, de  grands défis attendent l’Algérie, un grand pays, à très fortes potentialités, dont toute déstabilisation aurait un impact sur toute la région méditerranéenne et africaine. Rendons hommage tant à notre jeunesse, pleine de vitalité  que l’ANP et nos forces de sécurité  par leur  civisme  où toutes les manifestations à travers les 48 wilayas  se sont déroulées, excepté quelques cas rares, dans la tranquillité et sérénité, soudant l’unité nationale, loin de la vision régionaliste  néfaste et qui ont fait l’admiration  du monde. Le  dialogue et la tolérance des idées contradictoires productives, le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir, sont les  outils par excellence de la bonne gouvernance afin de réaliser les transformations nécessaires afin d’éviter d’isoler l’Algérie de l’arène internationale. Il s’agit là de l’unique voie que doivent emprunter les Algériens afin de transcender leurs différences  et à trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire le destin exceptionnel que nos  glorieux aînés de la génération du 1er Novembre 1954 ont voulu pour eux.  
 En résumé, en cette conjoncture difficile que traverse l’Algérie,  nous avons besoin de responsables qui ont une haute moralité et non de soutiens intéressés en contrepartie de la dilapidation de la rente. Le défi futur de l’Algérie peut se résumer ainsi : soit une véritable stratégie d’adaptation à ce monde turbulent et instable, de profondes réformes afin de favoriser le développement durable ou une régression de l’Algérie tant dans le domaine économique, social, politique et militaire. Comme le rappelle justement l’économiste indien professeur à Harvard, prix Nobel d’Economie, Sen, A.K, Prix Nobel d’économie,  «pas de bonne économie sans vraie démocratie tenant  compte des anthropologies culturelles ». Soyons confiant en l’avenir de l’Algérie, car sans  sécurité » et retour à la confiance point de développement.

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mercredi 22 Mai 2019 - 19:01
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ACTUALITÉ
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