REFLEXION

KAMEL DAOUD : A qui liras-tu ton ‘’Zabor’’ ?!

Nul n’est prophète chez lui : Cette expression qui date du XVIIe siècle, est toujours d’actualité chez nous, et s'adapte particulièrement bien au grand romancier Kamel Daoud, qui est mondialement connu. Kamel Daoud, il est modeste dans ses ambitions et se considère toujours comme un simple fils d’une famille modeste et conservatrice à Mesra dans la wilaya de Mostaganem alors qu'il a côtoyé les grands présidents et les chefs de gouvernements de l’Occident et a été sollicité par les grands médias, il se trouve méprisé et attaqué dans son pays jusqu'à l’accuser de GIA. Un affrontement marqué par la haine, le mépris, la jalousie et les coups bas qui rappellent aussi l’incompétence de ses adversaires.



Depuis le temps de sa fameuse chronique « le cœur n’y est plus » assujettie à des interrogations et une vive polémique au sein de la rédaction du Quotidien d’Oran et bien d’autres à l’époque du balbutiement de la presse indépendante, avant de voir son auteur, le journaliste et chroniqueur Kamel Daoud se hisser au fil des lignes au rang d’écrivain universel, l’homme s’est plutôt avéré plus vif que le fleuve de Oued-Chéliff, plus vivant que « La maison des morts », avec un cœur de lion, se permettant comme dans « 100 ans de solitude » de mettre les mots idoines là où le silence blesse. Ce qui a couté et coute encore à l’auteur peut-être parce qu’incompris de par tant de personnes pour l’ironie du comble ne craignant ni dieu ni diable, une polémique, une hystérie, à la limite de l’accusation d’être la raison de tout le malheur du pays, de la religion, pour la simple raison d’oser penser autrement, comme tout grand écrivain, tout artiste.
Alors qu’en dehors de son pays, sous les autres cieux, le renommé Daoud demeure inlassablement l’objectif des feux de la rampe, pour sa qualité de penseur, d’ambassadeur de liberté et de paix, d’ennemi du néant. Encore une controverse mettant en relief l’ambiante inculture locale devant une notoriété mondiale, pour confirmer ce qui est écrit depuis la nuit des temps : nul n’est prophète chez-lui !  
Ce renom de Kamel Daoud n’a pas porté l’homme à choisir l’exil. Ni au moment où les hommes de culture mettaient les voiles. Ni au temps des fetwas des islamistes voulant sa tête. Et encore moins à son actuelle heure de gloire. Les incessantes grandes offres de par tant de célèbres organes de presse écrite et audiovisuelle, n’ont point amadoué le créateur et pionnier de « Raina Raikom ». Egal à lui-même et sa pluralité de voir les choses comme elles le sont et non pas comme il lui sied de les voir, comme par exemple au sujet de l’islam qui devrait être un choix intime, pas une obligation, que l’Algérie est plurielle, amazigh, arabe, chrétienne, juive, qu’Allah est le dieu de tous et pas juste les musulmans…, cet homme à qui le monde entier s’offre, demeure tout un citoyen de monde, mais au fond de ses entrailles, son monde à lui demeure sa patrie.
Chez Valls en compagnie du patron du « Monde »
Les ensorcelantes capitales de l’occident ne réussiront point à voler le fils de la petite Mesra au sud de Mostaganem, lui qui continue à vivre entre la terre de ses ancêtres et sa ville adoptive, Oran. Même l’amitié qui le lie à l’ex-premier ministre Manuel Valls qui l’a soutenu noir sur blanc après être vivement critiqué pour ses propos tenus dans une tribune intitulée « Cologne, lieu de fantasme », publiée dans Le Monde, La Reppublica, et le New-York Times, et dans laquelle il évoquait, entre autres, le sexe comme étant « la plus grande misère dans le ‘monde d’Allah », ne lui a pas chaviré son égo d’homme révolté. De même lorsque le patron du Monde lui annonça être à la Une de son édition du lendemain, à l’occasion d’une rencontre organisée par Valls dans son bureau à son honneur pour lui présenter la crème des éditeurs de France. Kamel Daoud qui s’est peut-être vu l’égo chatouillé par tant d’honneur et de mondanité s’est toutefois abstenu de laisser paraitre quelconque fierté hormis celle de citer sa ville Mesra dans Le Monde, en tant que personnalité qui n’a jamais cherché à rouler pour l’argent mais à laisser un nom.
Le sms de Macron
Un nom issu du monde paysan mais qui reste aujourd’hui traduit en plusieurs langues et dont le dernier « Zabor ou les psaumes » qui lui a valu un sms d’encouragement des propres mains du président Macron, pour la petite confidence, à l’issue de sa lecture. Ce titre d’un roman-conte, est plein d'enseignements, d'audace. Avec une belle ode à l'écriture, aux mots, aux livres et aux questionnements salvateurs, Kamel Daoud nous présente le personnage principal de ce texte captivant, Orphelin de mère qui s’appelle Zabor. Il assiste, tout seul, à la mort de son grand-père Hadj Hbib. Il n'a alors que quatorze ans. Il trouve toutefois le réflexe de lire au père de son géniteur Hadj Brahim un extrait de roman écrit en langue française. Zabor ne vit pas avec son père, Hadj Brahim qui s'est remarié. Hadjer, une tante célibataire l'accueille chez elle, dans une demeure un peu à l'écart d'Aboukir, ce village qui ressemble à tant d'autres dans ce pays fier de son indépendance depuis quelques années.
« Peut-on sauver le monde par un livre ? »
“Zabor ou Les psaumes”, fable autant que confession de 336 pages, est le roman de formation d’une âme torturée qui se livre sur sa découverte des puissances telluriques de la langue, de l’écriture et du corps, s’inventant une manière libre, radicale de défier la mort par l’imaginaire. Dans ce jeu subtil de mise en abîme permanent, Kamel Daoud nous promène et nous égare dans son panthéon littéraire où figurent aussi bien les livres sacrés – source d’une quête infinie – que “Les Mille et une nuits” ou “L’Ile au trésor”. En écrivain-démiurge, il déploie avec grâce et lyrisme une poétique singulière, reposant in fine la plus ancienne des questions : « Peut-on sauver le monde par un livre ? ».
 

Par Riad
Mercredi 8 Novembre 2017 - 19:44
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