REFLEXION

Hammam-Bou-Hadjar : A la conquête d’un statut de ville touristique

Hammam-Bou-Hadjar recelant plusieurs potentialités naturelles thermales demeure toujours au cœur du développement touristique thermal.



Hammam-Bou-Hadjar : A la conquête d’un statut de ville touristique
Aperçu sur son historique
Distante de 22 kilomètres à l’Est du chef-lieu d’Ain-Temouchent,  à 45 km de celle de Sidi-Bel-Abbès et  à 65 km de celle d’Oran, la ville de Hammam-Bou-Hadjar, réputée pour la bienfaisance de ses eaux thermales, demeure un carrefour important pour les wilayas d’Oran, Sidi-Bel-Abbès, voire même celle de Tlemcen. Au plan historique, les romains qui ont  eu la chance de  la conquérir et ont réussi à découvrir les propriétés curatives  de ses eaux minérales et sulfureuses qui jaillissent de plusieurs sources  pour les appeler ensuite les dracones. Alors que la forte présence des  phéniciens avant les romains  n’ont pas pu réaliser autant, bien qu’ils aient été implantés avant les phéniciens qui préféraient s’atteler au domaine économique dans toute la région, plus particulièrement celle du littoral béni-saf et Oulhaça.   La présence des romains dans cette région de Hammam-Bou-Hadjar où ils ont implanté  un poste  pour sécuriser leurs convois de sécurité sur la route reliant cette ville à celle d’Ain-Témouchent appelé avant  Portus Magnus Albulaye, avant que les vandales qui ont occupé la région , et  qui  furent chassés ensuite par les Arabes qui  lui ont donné le nom de Hamma-Bou-Hadjar. Cette  dénomination signifie Bains Chauds (Hammam)  et les rochers calcaires et les pierres (Hadjar) pour ses sources, cependant  certains historiens n’épargnent pas la présence d’une tribu arabe portant le nom » » Hadjaroua «,  d’ailleurs  deux mausolées surplombaient la ville de Hammam-Bou-Hadjar à l’Est Sidi Abderahmane El Hadjri et à l’Ouest Sidi Bouhadjar.   
La culture du blé, de l’olivier et du vignoble a gagné l’agriculture de la région où ses habitants  ont pu   les développer, et après les turcs, les espagnols, ont connu tour à tour des batailles farouches d’une tribu de béni-Amer, avant que les colons français ne s’y installent  pour profiter du bon climat favorable à ces cultures  plus particulièrement la viticulture et la  céréaliculture.
Cette  commune de Hammam-Bou-Hadjar  fût créée en 1874, et a connu le passage et la cohabitation de plusieurs cultures berbères, phéniciennes, romaines, vandales, arabes, turques et européennes .
Cette ville  a été rehaussée par l’installation d’un homme saint  Sid Ahmed Bouhdjar qui a enseigné le coran et les préceptes de notre religion l’Islam, en conseillant la population à l’entraide, à la sociabilité, à faire la bienfaisance , à venir en aide aux pauvres, et a semé une culture de justice et a réussi à résoudre beaucoup de problèmes familiaux et tribaux , et réunir la population qui le respectaient de père en fils, et d’ailleurs, à titre d’hommage , la population de cette commune organisent la fête annuelle( ‘Waada) , notamment durant chaque mois d’octobre  au mausolée de ce théologien et saint , avec la participation des responsables locaux et les familles de cette ville voire même celles qui résident dans d’autres wilayas et originaires de la commune de Hammam-Bou-Hadjar.  Le nombre actuel d’habitants de la ville dépasse les 30 000 habitants dont la majorité s’activent dans l’agriculture, l’élevage, et quelques unités petites et moyenne industrie telles que la marbrerie de Keroulis (Aurès el Meida) , et des sites d’agrégats pouvant être  exploités, notamment dans les monts  d’Oued-Berkèche , et ceux de  Ain-Zdiel à proximité des monts de Tessala , qui abrité également un grand site boisé avec le grand oued. Séparant la daïra de Hammam-Bou-Hadjar (W.Ain-Témouchent ) à celle de Tessala (wilaya de Sidi Bel-Abbès) favorisant la réalisation d’un grand barrage.

Une ville thermale qui  nécessite un développement touristique thermal de taille
Bien que la ville de Hammam-Bou-Hadjar ,demeure considérée comme un carrefour donnant vers  le chef-lieu de la wilaya d’Ain-Temouchent, les chefs-lieux de daïras avoisinants Ain-El-Arba- El-Malah et El-Amria, devant surplomber la wilaya d’Oran et celle de Sidi-Bel-Abbès,  avec une proximité des  24plages du littoral, qui font l’objet d’une attention particulière aussi bien par les autorités locales de la daïra de Hammam-Bou-hadjar, wilaya d’Ain-Temouchent  et celles du Ministère de tutelle qui est le tourisme et l’artisanat. A l’échelon  administratif , la commune de Hammam-Bou-Hadjar s’est élevée au rang de daïra en 1974, pour administrer en premier temps 08 communes (Hammam-Bou-hadjar- Chentouf-Oued-Berkèche –Hassasna- Ain-El-Arba- Oued-Sebbah – tamzoura et Sidi-Boumédiène, et vers  1985, Ain-El-Arba s’élevait au rang de daïra pour occuper administrativement les communes Ain-El-Arba- Oued-Sebbah –Tamzoura et Sidi-Boumediene, allégeant de ce fait  le fardeau  administratif de sa voisine daïra de Hammam-Bou-Hadjar A vocation essentiellement agricole et  touristique, cette ville  dispose d’une station thermale implantée au chef-lieu de commune et de daïra  de Hammam-Bou-Hadjar , inaugurée le 05 juillet 1974 par le  feu Président de la République  Houari Boumediene ,   et s’étendant sur une superficie de  16 hectares , où il est programmé la réalisation des projets hôteliers et bungalows permettant une nette augmentation des capacités d’accueil au profit des curistes et des touristes nationaux et étrangers, et de les faire bénéficier de prestations de haute qualité.  
Actuellement elle ne compte qu’un hôtel de 54 chambres  et 54 bungalows, avec un restaurant, une piscine, une salle de spectacles, Au plan des soins curatifs, il  comprend  également un établissement de soins hydrologiques et ou /à sec (bains carbo-gazeux , douche aux jets, massages sous l’eau , à infrarouge, ultrasons ou électrothérapie   et un centre de balnéothérapie qui est le seul en Algérie à assurer des soins durant les week-end et les jours fériés, Ces eaux sont riches en souffre et bicarbonate qui sont fortement conseillés et indiqués en soins rhumatismaux  et gynécologiques.               
Selon les informations recueillies, la zone thermale a d’ores et déjà fait l’objet d’une étude d’une commission d’experts relevant du Ministère du Tourisme et de l’artisanat, qui  s’est enquis durant l’année 2001 par une commission nationale relevant  du Ministère du Tourisme et l’Artisanat  (Alger), sur  le terrain, les bienfaits thérapeutiques  des eaux alimentant les différentes installations de la station. Elle est réputée en soins  et de remise en forme  en raison de la richesse de ses eaux en propriétés médicinales avec une température  de 72 degrés, conseillées  pour le traitement  des douleurs  des affections rhumatismales, ORL, dermatologiques, et celles de l’appareil respiratoire.
Actuellement, la commission de wilaya a recensé 30 points de sources et de forage thermaux , situés dans la zone d’Extension Touristique s’étendant sur une superficie de 72 hectares qui va permettre de créer un bon nombre de postes d’emploi et un développement du tourisme balnéaire et curatif .  Elle dispose également des  bains chauds  de « Hamda » annexe de la station thermale, et le bain communal thermal de Sidi-Aid, distante de 03 kilomètres de la ville de Hammam-Bou- Hadjar qui connaissent journellement la visite d’un grand nombre de touristes et curistes venus de différents coins du Pays notamment ceux des wilayas  limitrophes., plus particulièrement durant les week-end.

Le petit vichy
Inauguré durant l’ère coloniale, le jardin public situé à la sortie nord-est de la ville de Hammam-Bou-Hadjar a connu plusieurs réaménagements depuis l’indépendance, notamment par ceux intervenus, il y a environ, un an, durant lequel  ce jardin public  rehaussé par le petit vichy qui a abrité des sources dégageant des eaux minérales chaudes à partir de la courte chaine montagneuse qui se déversent intelligemment, lentement et verticalement dans un grand  bassin de forme naturellement ovale   , créent   un climat attractif  au profit des familles qui lui rendent visite  journellement et qui viennent un peu partout des wilayas du Pays particulièrement durant les périodes des vacances scolaires .Leurs enfants trouvent tous les moyens pour se distraire car toutes les conditions de quiétude et de bon séjour ont été réunies par les responsables locaux de la commune de la daira, de la wilaya et ceux du tourisme .Cependant, l’assiette avoisinante de ce jardin public naturel et artificiel peut servir la réalisation d’un parc d’ attraction qui est bien attendu par la population locale.
 
Le secteur de la santé :
 Le secteur de la santé dispose d’un hôpital « Berrebie Abdelkader  » implanté dans une zone thermale, distante de 03 kilomètres environ de la ville de Hammam-Bou-Hadjar, d’une capacité de 60 lits  et fonctionnelle depuis 1996, dispose  de  six (06) pavillons répartis en chirurgie générale, médecine Interne, pédiatrie, gynécologie, rééducation fonctionnelle et hémodialyse, arrive parfois difficilement de couvrir la demande des  populations des daïras de Hammam Bou Hadjar et Ain-El-Arba. A cela s’ajoute, la nouvelle polyclinique au niveau du chef-lieu de commune et de la daira de Hammam-Bou-Hadjar  , inaugurée en juin 2011 , qui vient de renforcer  les infrastructures sanitaires au niveau de la commune et de la daira , qui a participé très positivement à la régression des interventions en urgences médicales d’Ain-Temouchent et celles des daïras avoisinantes, ainsi que de sept  (07)centres de santé dont 04 à Hammam-Bou-Hadjar, et les  trois (03) autres réparties à travers les trois (03) localités rurales Hadjairia,Ain-El-Beida et Aurès –El-Meida, relevant administrativement de la commune de Hammam-Bou-hadjar. De toute façon, ces infrastructures couvrent d’une manière satisfaisante les besoins de la population de la commune et de la daïra, cependant  le secteur sanitaire nécessite un renforcement en praticiens spécialistes particulièrement en gynécologie et en hémodialyse. Elle compte également un dispensaire anti tuberculose , et un service de prévention et de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, celles d’origine hydrique ou environnementale, qui organise souvent des campagnes de prévention et de sensibilisation contre ces maladies au profit des jeunes , et de la population en général, par des conférences et des interventions descriptives et explicites sur les causes de ces maladies, ses répercussions déplorables  sur la santé physique et mentale, voire sur l’économie et la santé publique en général, tout  en se basant sur le slogan « prévenir que guérir » .

Le secteur de la jeunesse et des sports :
La ville des thermes de Hammam-Bou-Hadjar , bien qu’elle ait été réputée dans la plupart des disciplines sportives en se marquant par des résultats probants et encourageants  ayant honoré la ville des thermes  et le pays ,  en particulier le football marqué par le renforcement des équipes nationales et les grands clubs d’élite de la nationale, durant les années 80 et 90 , par notamment les Bensaouala Tedj, Messabih Ali, Mezouar Fayçal Arafat, dispose actuellement d’un stade de football « 18 février »  à Hammam-Bou-Hadjar- ville, d’une capacité actuelle ne dépassant pas 5000 places , datant de l’ère coloniale, nonobstant des opérations d’aménagement et extension intervenues ces dernières années. Cette situation nécessite l’intervention des services locaux et centraux du  Ministère de tutelle pour la programmation d’un nouveau stade de football plus spacieux répondant aux attentions du mouvement sportif en particulier celui juvénile. Car le stade actuel abrite des rencontres organisées par les équipes locales  telles que l’USHBH évoluant en championnat Régional 1 Ouest, L’Espérance Sportive de Hammam-Bou-Hadjar et celle du  Club Sportif Amateur de Hadjairia (CASH)    jouant toutes les deux en division d’honneur qui disputent leurs rencontres à domicile au stade de football du 18 février sans exclure les séances d’entrainement et les rencontres de football  des catégories « jeunes ».  Il est à noter que les autres disciplines sportives basket Ball, Handball, boxe, cyclisme, pétanque, jeux d’échec sont animées par des sections et clubs représentant la ville de  Hammam-Bou-Hadjar, avoisinant les 2000 athlètes masculins et féminins.

L’emploi des jeunes :  
Les  efforts consentis par l’Etat tendant à maitriser le chômage au sein du milieu des jeunes  et les insérer dans la vie professionnelle et socio-économique par la politique de l’application du  nouveau dispositif d’emploi, CNAC-ANSEJ- ANGEM, pré-emploi, la création des micro-entreprises ont eu des résultats probants d’une manière générale à travers la ville de Hammam-Bou-Hadjar, néanmoins, certains jeunes par manque d’expérience dans la gérance de leurs petites entreprises , trouvent certaines difficultés pour arriver à l’objectif qu’ils escomptent notamment dans l’ écoulement de leurs produits sur le marché. A cela s’ajoute les difficultés que rencontrent les jeunes exploitant le transport des voyageurs aussi bien rural qu’urbain , de long et moyen trajet, qui se plaignent parfois de la mauvaise rentabilité journalière, sans exclure les frais des charges des pièces de rechange , les carburants, les pneumatiques ainsi que  les frais personnels de restauration et les charges familiales de scolarité, de santé et de nourriture.  Le chômage ne peut se marquer d’une manière objective  et définitive à travers la commune de Hammam-Bou-Hadjar qui est à vocation essentiellement agricole, où fut  très  régressé durant la période des domaines  agricoles autogérés, résorbé par l’embauche d’un nombre important des jeunes  issus des Instituts agricoles , des lycéens , des collégiens  et des universitaires durant les périodes de vacances qui sont recrutés comme ouvriers saisonniers allégeant tant plus les charges de leurs parents de condition sociale modeste.    Actuellement, le chômage pourrait être évalué d’une manière  approximative de 11 à 13%  à travers cette commune qui regroupe des agglomérations urbaines  et rurales, touchant plus particulièrement les jeunes toutes catégories confondues qui préfèrent un travail dans leur majorité un travail ou un métier « non laborieux», comme  dans l’informatique, l’administratif, l’éducation nationale, la santé ect…..c'est-à-dire dans la fonction publique  assurant un salaire mensuel durable et une retraite, et non pas dans l’agriculture ou dans le secteur BTPH, car, selon certains d’entre  eux, ils ont trouvé des difficultés chez certains entrepreneurs privés lesquels ne respectent pas la réglementation du travail en vigueur en matière des droits des travailleurs qu’ils embauchent, et se font orienter vers des entreprises et établissements publics et étatiques où leurs droits sont plus respectés par rapport à celles du privé.

   

B.Abdelgheffar
Mercredi 18 Janvier 2012 - 21:31
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