REFLEXION

HASSI MAMECHE : Un CFPA pas comme les autres

Tayeb Boudjemaâ. Un personnage sorti directement des romans de Zola. Boudjemaâ est aussi le pseudonyme de Mouloud Maâmeri et la moustache drue, jaunie par le tabac nous rappelle ces hommes des djebels de Thala de l’Opium et le bâton. Son accent de rude montagnard de l’extrême ouest algérien le trahit. Dès le premier abord, on sent en l’homme la haine de l’horaire officiel. La cinquantaine passée, Boudjemaâ dort peu. Son métier lui prend tout son temps. Le verbe facile, sa pensée profonde se résume à quelque chose de séculaire chez l’Algérien opiniâtre et insoumis. « Quand on a donné sa parole à l’Algérie d’accomplir telle ou telle tâche on s’y imprègne à fond. Il y va de sa dignité et de son honneur. Il y a va aussi du respect que l’on doit à ceux qui ont fait de nous des hommes. Des hommes encore libres. » Voilà ce qu’il en est de l’accueillant directeur du centre de formation professionnelle et d’apprentissage de Hassi Mamech. Insoumis à la paresse et la facilité.



HASSI MAMECHE : Un CFPA pas comme les autres
      L’intarissable directeur au verbe facile, au milieu de la luxuriante verdure de son centre, court plusieurs lièvres à la fois. Qui décharge les briques, qui peint, qui balaie, qui plante, qui nettoie… Pour le reste, c’est un personnel dévoué qui administre et enseigne.

     Le CFPA de Hassi Mameche est situé à l’entrée nord de la ville. Le calme qui y règne fait que même les stagiaires s’y adaptent et s’y intègrent jusqu’à en donner l’air d’une maison de retraite. On apprend dans la bonne humeur, l’âme légère et l’esprit allègre. Si les ateliers, les salles de cours, les blocs administratifs, les locaux communs s’étendent sur un peu plus de 4300 mètres carrés, la verdure elle, occupe près de 7500 avec la voirie. C’est dire l’étendue du royaume de Mlle Farah Faïrouz qui fait fonction de professeur d’horticulture. Elle est même gâtée avec une bâche d’eau de 50 mètres cubes, propriété du centre.

     Les ateliers occupent une part importante avec près de 3000 mètres carrés. L’administration et les salles de cours s’étendent également sur des étages.

La capacité d’accueil du centre est de 300 stagiaires. C’est dans un « Tout Confort », ne manquent d’ailleurs que les trois étoiles à l’entrée, que 60 apprentis peuvent se délasser en régime d’internat. La demi-pension est une règle et l’on s’y attèle à assurer les repas chauds dans des cuisines dignes des grands palaces.

     De grands moyens sont mis en œuvre avec un personnel qualifié afin de dispenser un enseignement de qualité digne des grandes écoles:
 - Couture prêt-à-porter;
 - Menuiserie bâtiment ;
 - Informatique ;
- Installation et entretien des équipements de froid et climatisation ;
- Coiffure dames ;
- Secrétariat ;
- Gaz et sanitaire ;
- Pâtisserie, boulangerie et viennoiserie ;
- Horticulture.

     Bientôt, un atelier pour techniciens en gastronomie ouvrira ses portes et Si Boudjemaâ s’y est fixé un bon objectif vue la demande de ce genre de main d’œuvre. A cheval sur la propreté jusqu’à passer pour un maniaque, Si Boudjemaâ, ne laisse aucune place au hasard. Tout est étudié méticuleusement. A la loupe. Son coup d’œil sur les cuisines passe d’abord par les douches et les toilettes du personnel. Même l’arrosage des espaces verts est vérifié. Pas une allumette par terre. Et puis…
 - Non, Monsieur ! Les CFPA ne sont aucunement des asiles pour les renvoyés de l’éducation nationale, les marginaux et les ratés. C’est encore moins un refuge pour les incapables. Je n’aime pas entrer dans les polémiques.

     Eh oui, des idées préconçues et le manque de communication ont fait que la formation professionnelle soit vue comme une échappatoire. Si l’institut Spécialisé de la Formation Professionnelle de Messaâd dans la wilaya de Djelfa a rehaussé le blason des établissements de la formation professionnelle à l’échelle nationale avec M. Kadroun Amor comme directeur, le CFPA de Hassi Mamech est en voie de concurrencer les plus prestigieux centres du pays. Non pas à coups de pinceaux et de bariolage, mais avec du conquis sur le terrain. Pas de place pour le cérémonial et les occasions. Ici, on réfléchit à long terme et l’on retrousse les manches. Et à Si Boudjemaâ de me faire visiter son centre. Oui son centre. Ses stagiaires, aussi. Et ses professeurs. Le directeur réfléchit « famille » là où d’autres réfléchissent « lieu de travail ». Cet ancien des travaux publics, à la tête du centre depuis six années, a fait chambouler la pensée, la méthode, la tradition et tout ce qui lui entrave son chemin. Dans les ateliers, ce sont des universitaires qui côtoient des collégiens. Ici, on aime ou on n’aime pas. Un garçon parmi les filles étudie la coiffure. Un autre jeune homme aussi parmi ses condisciples filles manie l’aiguille sur du tissu blanc. A vrai dire, on devrait placer le mot « art » quelque part dans CFPA ou réfléchir carrément à une nouvelle dénomination. La rentrée a bien eu lieu à la mi-octobre et les artistes en herbe qui, un jour, sait-on jamais, seront des défilés de mode à Rome ou New York ou bien fleuriste reconnu à Amsterdam, sont tout ouïe à la maîtresse et au maître.

      Au CFPA, le passage est obligatoire par M. Cherkia Mohamed. Calme et posé, ce psychologue de formation vous écoute surtout. Que vous lui coupiez la parole ou que vous lui posez mille questions, l’imperturbable psychothérapeute vous répond calmement, avec sourire et tout gentiment. Tout est à jour chez lui : registres, fiches, répertoires, tableau d’affichage… « Ce qui me tracasse, c’est voir des jeunes oisifs alors que tout y est chez nous pour en faire des citoyens utiles et responsables. Même ceux qui savent à peine lire et écrire y trouvent ce qui leur sied. En plus, ils reçoivent une bourse.» Le centre reçoit des étudiants qui veulent, en plus de leurs laborieuses études universitaires, apprendre ou approfondir leurs connaissances dans tel ou tel domaine. Et aussi des fonctionnaires et de simples citoyens dont des femmes au foyer à des horaires aménagés. « Que veut-on de plus, poursuit M. Charkia ? Vous vous inscrivez en apprentissage chez qui vous vous voudrez en atelier, en ce qui vous plait comme métier à peu de choses près et nous sommes là pour vous suivre et sanctionner votre stage par un diplôme. L’électricité industrielle, la mécanique automobile, l’électricité en bâtiment et plein d’autres métiers sont notre créneau en apprentissage.»

     M. le directeur m’accompagne à l’atelier de menuiserie bâtiments. Le professeur est un ébéniste. Il forme des professionnels qui un jour passeront chez vous poser leurs œuvres d’art. Portes, fenêtres, agencements de cuisine et placards sur mesures sont un jeu d’enfant pour M. Taïbi Mokhtar. Un ébéniste tel que lui a des mains en or avec lesquelles il crée et confectionne des meubles. Il va même jusqu’à la marqueterie au placage avec du bois précieux et la tabletterie. Sculptures, bronze et dorures sur les bureaux et commodes auraient fait sa joie, mais il a préféré former. Sa satisfaction est de voir son prochain gagner son pain à la sueur de son front et surtout dans le métier qu’il a choisi et qu’il aime. « Je ne dormirais pas tranquille si je n’arrivais pas à transmettre mon savoir-faire à ceux qui m’ont fait confiance et qui attendent beaucoup de moi. D’anciens stagiaires en menuiserie m’ont abordé pour me remercier et j’en suis fort aise. » Les élèves étaient entrain de récupérer du bois d’emballage pour en faire peut-être leur première fenêtre. Pas de place au gâchis. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, aurait dit Lavoisier que connait bien M. le directeur. »

     Une petit tour chez Mme M'zad, une dame aux cheveux couleur ébène. Des cheveux bien coupés, bien sûr. La connaître, c’est vous faire regretter de ne pas avoir connu plus tôt de si braves gens qui se dévouent à la formation professionnelle. Comme tous ses collègues du métier, elle rayonne. Parmi ses filles, oui ce sont d’abord ses filles avant d’être ses stagiaires, siège un garçon. Il a aimé la coiffure, comme peut-être sa maman s’est initiée à réparer une interrupteur ou une prise électriques. Le monde a évolué. Et M. Boudjemaâ d’appuyer : « Il n’y a point de sots métiers, il y a de sottes gens.» Sauf que par métier l’on entendait le métier à tisser, donc l’outil. Et au jeune homme, il a été révélé que les ciseaux et le séchoir ne sont point vulgaires pour sa virilité. Les miroirs, les fauteuils de coiffure et les séchoirs seront son gagne-pain. Chez madame M'zad, il n’est pas seulement question de beaux cheveux bien coupés, mais aussi de shampoing adaptés, de brushing, massage et friction du cuir chevelu, de mise en plis, de défrisage, de coloration et décoloration ainsi que de coiffure vraiment sophistiquée. Et puis le contact humain. Déjà que le cousin est le mari de sa sœur. Du vite fait comme chez les coiffeurs hommes. La coiffure est un art et une science comme la musique, pardi ! Et trente-et-une filles et un garçon égaient l’immense atelier de coiffure. Madame M'zad : « Le fait de voir qu’une de mes anciennes stagiaires se retrouve à mes côtés entrain de former d’autres me donne une satisfaction morale incommensurable. Mais voir aussi une de mes anciennes stagiaires tenir un salon de coiffure renforce ma volonté pour aller plus loin. Et ça me fait encore plus chaud au cœur quand mon nom est cité par mes élèves qui ont quitté les bancs du centre. Si chaque fois qu’un client est satisfait par celles et ceux que j’ai formés, et que ceux-ci reflètent mes efforts, il en est tout autrement quand je constate que d’autres sont au chômage ou carrément au foyer à se rouler les pouces.»

     Qui sait que l’un des meilleurs tailleurs d’Algérie sinon le meilleur enseigne au CFPA de Hassi Mamech ? Qui sait que l’on se prépare à faire d’une stagiaire la conquérante du concours national du prêt-à-porter après qu’elle ait décroché une médaille d’or au niveau régional? Et si la haute couture algérienne déclinante ces dernières années redorait son blason avec les fleurons du CFPA de Hassi Mamech ? Les mémoires de fin parcours présentés par M. Saâdoun sont dignes de nos instituts et universités. Ici aussi un garçon apprend parmi les filles. Un choix et aussi, il doit certainement s’imprégner du métier pour tenir l’atelier familial. Là, ce sont des machines à coudre, de grosses machines professionnelles qui se prélassent le temps que les stagiaires n’y apprennent à les « faire parler ». Prise de mesures, patron, coupe, essayage et retouche sont les principales bases des études au centre. Selon, M. Boudjemaâ, le professeur Saâdoun qui a fait beaucoup de stages de perfectionnement, maîtrise parfaitement son métier. Que l’on sache que la maintenance des équipements de l’atelier de prêt-à-porter, ne pose pas problème tant que M. Saâdoun est là. Toutes les machines fonctionnent et battent à la mesure d’une horlogerie suisse. Ici, zéro problème. Avant de se fixer à Hassi Mamech, le maître-tailleur a bien roulé sa bosse. Depuis l’année dernière, le CFPA forme des tailleurs au sur-mesure donc un pas vers la haute couture. De l’amateur en prêt-à-porter à technicien supérieur et de là vers formateur ou carrément dans l’art de « l’habillage ». Le créneau est large ; reste le coup de pouce et l’encouragement. Les apprentis-tailleurs du CFPA de Hassi Mamech acquièrent le savoir-faire sur place et la conquête en décembre 2010 de médailles n’est pas à écarter. A ses élèves, il répète que tout sera dans la main après qu’ils aient acquis les connaissances nécessaires sauf qu’il y a risque de perdre cette main si l’on ne trouve pas où l’entretenir. C’est avec passion que M. Saâdoun nous parle de ces femmes au foyer qui ont rejoint ses ateliers pour bénéficier de 300 à 400 heures de cours de couture.

     L’atelier d’Installation et entretien des équipements de froid et climatisation a des moyens pédagogiques tels que le stagiaire se retrouve devant des équipements qu’il croyait bien connaître et qu’il retrouve tout nus, morcelés et démontés. Le « frigidaire », ce fameux réfrigérateur et le climatiseur, ce conditionneur d’air, sont étalés, affichés, décortiqués, banalisés, réduits à de simples ustensiles. Le professeur Touaïbia Mohamed est comme ses collègues du CFPA, nous ne cesserons de le répéter, un dévoué à la formation professionnelle. De ses 23 stagiaires, il fera ceux qui pénétreront vos cuisines pour contrôler votre température et y remédier en cas de défaillance de votre système de refroidissement. Le professeur Touaïbia nous raconte : « Premièrement, je ne suis pas frigoriste de formation. Je ne sais par quel concours de circonstances, des copains m’on fait « rentrer le froid dans la tête » et je me suis retrouver à enseigner cette science que j’ai aimée et que je transmets volontiers à qui le veut. C’est un métier passionnant et la preuve est que je m’y trouve bien, malgré mes origines d’électrotechnicien. Le comble c’est que j’y ai même suivi une formation en froid et climatisation. Au CFPA de Hassi Mamech, je suis à ma sixième promotion de frigoristes après trois à Sidi Ali. » Ce que M. Touaïbai ignore, c’est que ses élèves, tout nouveaux qu’ils sont, ressentent déjà chez lui cet amour du métier et de la spécialité, et sont prêts à le « copier. »

      Le sanitaire et le gaz ont intéressé 24 élèves cette année. Les stagiaires n’ont qu’une année pour aller voler de leurs propres ailes. Malheureusement, ils étaient hors de l’atelier et je crois bien qu’ils auraient aimé vous faire aimer partager leur passion.

     Par pâtisserie on entend l’art de confectionner préparations culinaires généralement sucrées et l’on omet chez nous ses dérivés telles les professions de boulanger, confiseur, chocolatier ou glacier. Très varié, ce métier de bouche ne peut être enseigné que par quelqu’un de la trempe de M. Eulmi. D’ailleurs la plaque indique, blanc sur noir, en arabe et en français « Atelier de Pâtisserie, boulangerie et viennoiserie ». Donc, ce professeur émérite n’a pas que du pain sur la planche, mais aussi trente-huit stagiaires à faire intéresser au métier. Pris dans sa pâte feuilletée, le professeur est absorbé par le cours et ne daigne même pas nous accorder une photo. Il a fallu l’interrompre. Nous avons réussi quand même  à en avoir une… floue, vu qu’il s’agitait tellement avec sa pâte qu’il pliait et étalait avec art, amour et passion. Son atelier est bien équipé. Rien ne manque. Four, pétrin, batteurs de différentes capacités, établis en bois et en granit, diviseuse, façonneuse, laminoir, refroidisseur, four à sole, chambre de pousse… « Le four, dit-il, n’est pas ultramoderne, il n’est que moderne. » Il est gâté, celui-là ! Il est à fond dans sa farine le professeur, cousin du réalisateur de télévision Saïd Eulmi. Il faut le souligner, car surement dans la famille « on fait bien ou on abandonne ».

     Deux sections, l’une résidentielle et l’autre en cours du soir s’attèlent à maîtriser l’art du secrétariat. Devenir un jour la femme ou l’homme de confiance d’un chef est tout un art. Une année et demie pour quitter les lieux avec un CAP. M. Mokhtar Hasni est le plus envié de tous les professeurs. Vous l’aurez deviné, il enseigne l’informatique que beaucoup confondent avec « utiliser un ordinateur ». Comme si l’astronomie se limitait au télescope. M. Hasni jongle avec le fortran, le pascal, le basic d’antan, java, cobol et delphi, mais surtout établit des algorithmes, logiciels et autres programmes et c’est là le capital-connaissance en cette science. Donc l’informatique c’est bien loin du mp3 et « télécharger » de nos jeunes. Le professeur a à sa disposition 22 microordinateurs dans deux salles de cours au profit de deux sections, l’une résidentielle et la seconde en cours du soir. Il forme des techniciens en deux années d’études.
 « Vous ne pouvez pas savoir, nous dit-il,  ce que je suis heureux quand je rentre dans une banque, un bureau de poste, à l’état-civil d’une mairie ou dans toute autre administration et que je suis servi par mes anciens élèves. »

     La visite telle un bon repas a été clôturé par le dessert. Mlle Farah Faïrouz. Professeur d’horticulture, la jeune demoiselle sans fard ni maquillage est une agronome formée à l’Institut de Technologie Agricole (ITA). Le prestigieux ITA, classé jadis au 4ème rang mondial, est réputé pour la qualité de son enseignement et ses professeurs de renom. Donc après un bon repas, un bon dessert. Et notre dessert fut Mlle Faïrouz au milieu de ses belles roses rouges. La rose rouge touche les cœurs les plus insensibles et c’est aussi une grande marque de respect. Que du respect à M. Le directeur qui fait des pieds et des mains pour donner plus de vie et de consistance à cette spécialité qui englobe elle-même plusieurs rubriques et entre autres des compositions dont la jeune demoiselle nous a montré trois échantillons faits avec des moyens recueillis devant la porte de son atelier dont du gazon, quelques pierres en quartz, quelques feuilles de fucus, une grappe de faux poivres, quelques coquillages et le tour est joué. Une joie pour l’œil, une gaieté pour l’âme. Ses stagiaires étudient aussi bien à cultiver toutes sortes de fleurs que la décoration des jardins et espaces verts. Elle a de la chance la demoiselle d’enseigner à ceux-là qui se croient marginalisés par quelqu’infirmité. Son horaire est chargé avec des cours compensés aux inadaptés qui, un jour sauront bien lui rendre l’amour qu’elle leur porte.

      La médiathèque flambant neuf, équipée de façon à dépayser les apprentis, est conçue comme cybercafé et seuls les rayonnages des livres en font penser à une bibliothèque. M. Boudjemaâ en a fait une affaire personnelle et tient à ce que les élèves apprennent vraiment à lire. Le silence quasi-religieux dans cet endroit qui tient même de mini-salle de cinéma fait rêver plus d’un.

     Une pause-café à la cafétéria avec un Si Boudjemaâ nourri au sein de la Révolution et dont le père a plus que tout autre accompli son devoir du sacrifice suprême pour ce beau pays vous laisse sur votre faim quand il commence à vous raconter ses trente-deux années au service du pays et de sa jeunesse. Même le café servi avec cœur par le préposé à la cafétéria a meilleur goût et en rajoute à la bonne humeur qui règne sur les lieux. Le café pour vous dire ne vient pas de chez l’épicier du coin, mais bien de loin. C’est vous dire le sacrifice du gérant et en même temps serveur à la cafétéria. Hormis les jeunes stagiaires, les femmes au foyer se taillent aussi une bonne part de l’horaire général imparti aux professeurs. Ainsi en cours de couture prêt-à-porter et de pâtisserie voient les listes s’allonger au jour le jour avec un horaire adapté en dehors des tâches ménagères.

     Comme à Harvard et Oxford, le petit centre a ses adeptes et c’est ainsi qu’une jeune demoiselle rencontrée au niveau de la salle d’accueil nous fait savoir qu’elle est venue mettre à jour ses connaissances en coiffure et en même temps essayer de trouver une place en classe informatique. Et… elle a déjà son salon de coiffure qui a pignon sur rue à Stidia. Il faut le faire. Une volonté de fer en plus d’aimer ce centre, ses professeurs, ses administrateurs, la connaissance et le savoir donne à réfléchir à bon nombre d’entre nous. La timide jeune fille n’a pas osé lever les yeux devant M. Boudjemaâ pour nous répondre tant le respect est grand et c’est bon signe pour ceux qui croient que rien ne va chez nos jeunes.

     Le mot de la fin, M. le directeur. « Soyons modestes. Je n’ai fait que mon devoir. Je suis payé aussi. Le sourire, le bon moral des stagiaires et la bonne entente entre les professeurs sont ma joie. En plus, je ne fais qu’appliquer les directives de notre ministère de tutelle qui veut absolument rehausser l’image de ces centres qui forment la base professionnelle qualifiée de demain. Qu’il ne vous échappe pas que c’est grâce à l’immense apport de ces professeurs, agents d’administration et personnels de tous bords que notre CFPA maintient sa vitesse de croisière.»

     Comme l’appétit vient en mangeant, la réussite de Monsieur Boudjemaâ le fait rêver d’un immense centre plein de jeunes et de professeurs compétents tels ceux qu’il côtoie aujourd’hui, où toutes les spécialités seraient enseignées. Mais Si Boudjemaâ a plus besoin de voir son centre maintenir le bon cap après lui, car des bijoux tels l’ITA de Mostaganem ou l’Institut Maritime de Bousmaïl ont disparu quand des hommes de sa trempe furent mis en veilleuse.

Benatia
Lundi 8 Novembre 2010 - 00:01
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