REFLEXION

HAMCHERIF FATIMA NON VOYANTE EN PREPARATION D’UN MASTER EN PHILO : "Le handicap n’est pas une infirmité"

Alors que la science et la médecine ne cessent d’évoluer et encore à une cadence phénoménale, le nombre des handicapés ne cesse lui aussi pour sa part de s’élever, dont 10.689 personnes (tous handicaps confondus) dans la wilaya de Mostaganem. Une dichotomie qui pousse les pouvoirs publics à diversifier et multiplier ses actions, pédagogiques, sociales et économiques à l’égard de cette frange sociale, néanmoins sans arriver pour autant à satisfaire bon nombre d’entre eux, peut être à l’exception de ceux qui ont compris que le handicap n’est pas forcément une infirmité.



Cette petite équation de vie pour mener son train de quotidien en paix avec soi et vis-à-vis de son Créateur, n’est pas la maxime d’un beau parleur jongleur à la langue de bois, mais bel et bien la sagesse conjuguée au discernement  d’une jeune personne non voyante bien de chez nous, à nommer Hamcherif Fatima, non voyante, née atteinte d'une amaurose congénitale en héritage de son père, et qui pourtant ne s’est pas suffi à pleurer son sort, sa cécité. Bien au contraire, la charmante Fatima rencontré en aparté hier lors de la célébration de la journée nationale des handicapés ayant eu lieu à l’école des sourds-muets  à Hadjadj (Bosquet), a appris à développer ses autres sens pour compenser la carence de ses yeux, puis pour devancer ses copains et copines de classe, à tel enseigne qu’elle excelle aujourd’hui dans sa préparation de master en philosophie. Lui ouvrant des guillemets, elle raconte, non sans avec un enthousiasme bien modeste du reste : « Lorsque les profs nous font de la dictée, je suis la seule à ne pas lui demander de répéter ». Ce qui démontre d’une part les colossaux moyens accordés par l’Etat à cette frange lorsque les « non valides » puissent atteindre l’université pour poursuivre des études supérieures, et d’autre part et surtout, la volonté de fer qui est le seul moyen à faire sortir un individu corporellement désavantagé de son raisonnement de victime, ou d’infirme. Le cas de Fatima qui, gorgé de beaucoup de foi, ne se voit aucunement handicapé, ni d’ailleurs un exemple hors du commun, elle qui ne juge aucunement sa réussite comme un défi, lançant par le biais un mot à ses semblables et leurs parents : « Vous pouvez bien réussir ; faut-il juste que vous appreniez à mieux manier vos sens et tout le reste que vous a accordé Allah. Et ce ne sont pas les exemples qui  manquent quand on se réfère à ces grandes icones parmi notre Nation et culture tel Et-Termidi, Taha Hussein, etc. Et puisque c’est Allah qui nous a créés, il est libre de nous créer tel qu’il le décide et j’en suis satisfaite. Sois en témoin mon Dieu ». Et à l’égard de la société : « Lorsque je croise des gens qui s’étonnent par exemple qu’une non-voyante sait lire, je ne peux que leur demander : ayez un peu de culture svp. Nous ne sommes pas des fous, bien qu’il en faut même des aliénés pour en faire un monde et à qui nous devons respect ».

Ilies Benbdeslam
Mardi 14 Mars 2017 - 19:41
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MOSTAGANEM
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